LA LANGUE ET LÉ STYLE DES ACTES DES APOTRES. CLXXV
au nombre de 588, se rapportent à une action antécédente à celle du verbe principal; 25 participes aoristes se rapportent à une action identique à celle du verbe principal. Les participes futurs, au nombre de 5, se rapportent à une action future. Les participes parfaits au nombre de 96, se rapportent à une action passée et à l’état qui en résulte. 5 participes parfaits des verbes οἶδα, συνοῖδα, ἴστημι, παρίστημι, sont employés dans les Actes comme des participes présents.
Le participe périphrastique, c’est-à-dire le participe avec un temps du verbe εἶναι et quelquefois ὑπάρχειν, est plus fréquent dans les Actes que dans quelque écrivain que ce soit : 29 dans 1.000 lignes; il se trouve souvent aussi dans l’évangile de Luc. Plummer y voit un hébraïsme, mais il n’en est rien, ce serait plutôt un aramaïsme ; l'hébreu a employé cette tournure, Gen. iv, 17, Juges τ, 17; Dan. 1, 16, etc.; mais c’est une construction grecque régulière, employée surtout pour marquer la continuité. Nous retrouvons, rarement, il est vrai, cette construction dans Homère, 4 fois seulement dans 1.000 vers, mais elle est assez fréquente chez Démosthène, 14 fois par 1.000 lignes, 8 fois chez Polybe, 15 fois chez Strabon, par 1.000 lignes. Il semblerait donc qu’elle serait fréquente dans la Koinè du 1°’ siècle, ce qui expliquerait sa présence répétée chez Luc, mais Josèphe et Plutarque, écrivains de la même époque, n’employaient presque pas le participe périphrastique.
Il y a 64 participes périphrastiques dans les Actes, 5 avec l'indicatif présent du verbe εἶναι, 33 avec l’imparfait; 5 du participe parfait avec le présent de εἶναι, 16 du participe parfait avec l'imparfait de εἶναι, 2 du participe présent avec ὑπάρχω, 2 du partcipe parfait avec ὑπάρχω; 1 du participe présent avec le futur de ξΞῖναι, ἔσῃ.
Des 64 participes périphrastiques des Actes, 84 se trouvent dans les douze premiers chapitres, 1 pour 26 2/3 lignes et 30 dans les seize derniers, 1 pour 43 4/5 lignes, ce qui semble indiquer que le grec des premiers chapitres ne serait pas de nature complètement identique avec celui des seize derniers. Le participe périphrastique est plus fréquent dans les parties influencées par des sources araméennes que dans celles qui sont d’origine purement grecque.
La forme la plus employée du participe périphrastique est celle du participe présent avec l’imparfait du verbe εἶναι, 33 fois ; cette forme est usitée dans le récit pour décrire vivement une progression de l’action dans le passé : 1, 10, καὶ ὡς ἀτενίζοντες ἦσαν εἰς τὸν οὐρανόν; Y 13, ἀνέθησαν οὗ ἦσαν καταμένοντες; Ÿ 14, ἦσαν προσχαρτεροῦντες...... τῇ προσευχῇ. Le participe présent avec le présent du verbe décrit vivement la progression de l’action dans le présent; comme exemple : xix, 36, δέον ἐστίν; τι, 29, ἐξόν, sous-entendu ἔστω, Cette tournure produit quelquefois de l’emphase : xxv, 10, ἐπὶ τοῦ βήματος Καίσαρος ἑστώς εἶμι, Le participe présent avec le futur du verbe décrit la progression de l’action dans le futur ; νι, 4, ἐσόμεθα προσχαρτεροῦντες, D. |
Le participe présent avec ἦν ou ἤμην est toujours CMOS sous deux formes dont nous avons un exemple dans xxr1, 19, 20 : Κύριε, αὐτοὶ ἐπίστανται ὅτι ἐγὼ ἤμην φυλαχίζων xal δέρων χατὰ τὰς συναγωγὰς τοὺς πιστεύοντας ἐπὶ σέ' χαὶ ὅτε ἐξεχύννετο τὸ αἷμα Στεφάνου τοῦ μαρτυρός σου, καὶ αὐτὸς ἤμην ἐφεστὼς καὶ συνευδοχῶν χαὶ φυλάσσων τὰ ἱμάτια τῶν ἀναιρούντων αὐτόν.
L'imparfait périphrastique peut être divisé en deux classes : 1° [] relate quelque chose de continu ou d’habituel, un état ou un usage qui dure long-
CEXXVI INTRODUCTION.
temps : 4. Avec mention du lieu; 1x, 28, καὶ ἦν μετ᾽ αὑτῶν εἰσπορευόμενος Kat ἐχπορευόμενος εἰς Ἱερουσαλήμ; cf. χιν, 7. 2. Avec mention de lieu, mais non de temps; xx11, 19, ἐγὼ ἤμην φυλαχίζων καὶ δέρων κατὰ τὰς συναγωγὰς τοὺς πιστεύοντας ἐπὶ cé. 3. Ceux qui expriment une condition ou un état qui. dure, qui est continue]; ix, 9, καὶ ἦν ἡμέρας τρεῖς μὴ βλέπων; cf. xi1, 20. 4. Ceux où 16 verbe exprime une certaine manière de continuation; 1, 44, οὗτοι πάντες ἦσαν προσχαρτεροῦντες ὁμοθυμαδὸν τῇ προσευχῇ; Οἵ. 11, 5, 42; vint, 43; xvi, 12, ἦμεν δὲ ἐν ταύτη τὴ πόλει διατρίδοντες ἡμέρας τινάς.
. 2° Quelque chose de continu est rapporté à un moment déterminé marqué par l’un des deux verbes : simultanéité ou datation par une circonstance. 1. L’accomplissement de l'action est marqué par δέ; virr, 28, ἦν δὲ ὁποστρέφων καὶ καθήμενος ἐπὶ τοῦ ἅρματος αὐτοῦ καὶ ἀνεγίνωσχεν τὸν προφήτην Ἢσαίαν, εἶπεν δὲ τὸ Πνεῦμα τῷ Φιλίππῳ οἵ. χα, 20; par καὶ ἰδού : χιι, 6, τῇ νυχτὶ éxelvn ἦν ὃ Πέτρος κοιμώμενος... φύλακές τε... ἐτήρουν τὴν φυλακὴν χαὶ ἰδοὺ ἄγγελος Κυρίου ἐπέστη ; par καί : χι, 5, ἐγὼ ἤμην ἐν πόλει ᾿Ιόππη, προσευχόμενος καὶ εἶδον ἐν ἐχστάσει ὄραμα ; par ὡς devant l’imparfait périphrastique : τ, 40, καί ὡς ἀτενίζοντες ἦσαν εἷς τὸν οὐρανὸν πορευομένου αὐτοῦ, καὶ ἰδοὺ ἄνδρες δύο παρειστήχεισαν αὐτοῖς. 2. L’accomplissement de l’action est marqué dans les mots précédents : αὐ sans formule précise : vin, 1, Σαῦλος δὲ ἦν συνευδοχῶν τῇ [ἀναιρέσει αὐτοῦ ; cf. χνι, 9 . 6) avec formule marquée par δέ : x, 24, τῇ δὲ ἐπαύριον ἀναστὰς ἐξῆλθεν σὺν αὐτοῖς. ὃ δὲ Κορνήλιος ἦν προσδοχῶν αὐτούς: οἵ, χιΙ, 5; par γάρ : Χχι, 8, κχατήλθουμεν εἰς Τύρον, ἐκεῖσε γὰρ τὸ πλοῖον ἦν ἀποφορτιζόμενον τὸν γόμον; par l’adverbial οὗ : τ, 18, χαὶ ὅτε εἰσῆλθον, εἰς τὸ ὑπερῷον ἀνέδησαν οὗ ἦσαν καταμένοντες: par un pronom relatif : XVIII, 7, ἦλθεν εἰς οἰκίαν τινὸς ὀνόματι Τιτίου Ἰούστου σεδομένου τὸν Θεόν, οὗ À οἰκία ἦν συνομοροῦσα τῇ συναγωγῇ; par une particule relative, ὅτε placée devant le membre de phrase précédent : xx1r, 20, καὶ ὅτε ἐξεχύννετο τὸ αἶμα Στεφάνου τοῦ μάρτυρός σοῦ, χαὶ αὐτὸς ἤμην ἐφεστὼς χαὶ συνευδοχῶν χαὶ φυλάσσων τὰ ἱμάτια τῶν ἀναιρούντων αὐτόν (1).
Luc emploie volontiers le participe au commencement d’une phrase avec un verbe fini pour décrire la situation ou le geste d’un orateur ou d'un homme d'action : ἀναστὰς ὃ Πέτρος..͵ εἶπεν, 1, 15; ἀναστὰς, 19 fois dans les Actes. σταθεὶς δὲ ὃ Πέτρος ἐπῆρεν τὴν φωνήν, 1, 14: σταθείς, 7 fois; ἐπιστρέψας, 3 fois; καθίσας, 4 fois; λαδών, 6 fois; ce sont des participes d'introduction, n'ayant pas de significations spéciales, ainsi que πεσών, ἑστώς, etc., toutes expressions presque stéréotypées.
En deux cas, x11, 25; xxv, 13, Luc emploie un participe aoriste, actif ou moyen, après un verbe de mouvement, pour exprimer le but du verbe principal : βαρναδὰς χαὶ Σαῦλος ὑπέστρεψαν εἰς “Ἱερουσαλὴμ. πληρώσαντες τὴν διαχονίαν. Cf. Commentaire ἐπὶ loco.
Au lieu d’un substantif Luc emploie un participe, κατὰ τὸ εἴωθός, χντι, 2; τὸ yeyovos, IV, 21; τὰ λεγόμενα, Χαμ, 6 — quatre fois ; τὰ ὅπάρχοντα, τν, 32; τὸ συμόεδηχός, ΤΙ, 10, etc.
Blass-Debrunner signale comme un raffinement de style, l'accumulation de participes sans particules de liaison : κατελθὼν εἰς Καισάρειαν, ἀναδὰς xal doma-
σάμενος τοὺς μαθητάς, κατέδη εἰς ᾿Αντιόχειαν, XVITr, 22, 23; χιχ, 17, etc.
Les participes sont plus fréquents dans les Actes que dans les écrivains classiques, sauf Hérodote, où il est plus fréquent de 1 % seulement; il est aussi un peu plus fréquent que dans Strabon. Le grec des Actes est donc à peu près le
(1) Cf. E. W. Eumuis, How Luke was written, Cambridge, 1915, p. 130-141.
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