‹ Les Actes des ApôtresChapitre 88 sur 358 · LA LANGUE ET LE STYLE DES ACTES DES APOTRES. CLXKXVII · texte numérisé non relu

LA LANGUE ET LE STYLE DES ACTES DES APOTRES. CLXKXVII

« On peut soupconner que Luc dans la description du voyage sur mer s’est montré un écrivain au courant de la langue d'Homère, lorsqu'il écrit ἐπέκειλαν τὴν ναῦν, xxvII, 41, au lieu de ἐπώχειλαν τὸ πλοῖον, de la langue commune. Quand il parle de Paul, apôtre des Grecs, il employait par la nature même du récit un autre genre de diction que lorsqu'il parlait de Pierre et de Jérusalem. Il reste cependant dans toutes les parties du livre une certaine emphase (grandeur de la diction) comme dans cette phrase : x1x, 9, ὡς δέ τινες ἐσχληρύνοντο χαὶ ἠπείθουν χαχολογοῦντες τὴν δδὸν ἐνώπιον τοῦ πλήθους — au lieu de laquelle il suffisait d'écrire, comme, XVII, 6, ἀντιτασσομένων δὲ αὐτῶν xal βλασφημοῦντων, OU comme auparavant dans celle-ci, χιν, 3, ἱκανὸν μὲν οὖν χρόνον διέτριψαν παρρησιαζόμενοι ἐπὶ τῷ Kupiw, τῷ μαρτυροῦντι τῷ λόγῳ τῆς χάριτος αὐτοῦ, διδόντι σημεία καὶ τέρατα γίνεσθαι διὰ τῶν χειρῶν αὐτῶν. Cette dernière expression, διὰ τῶν χειρῶν αὐτῶν pour à αὐτῶν, de même que plusieurs autres viennent de la langue hébraïque, qui exprime plus fortement l'énergie de chacun; il en est de même de ἀναστὰς ἐξῆλθεν au lieu du simple ἐξῆλθεν.

Luc possède un vocabulaire assez étendu, de sorte que dans les Actes on a de nombreux ἅπαξ εἰρημένα. Mais pour composer des phrases, d'ordinaire il emploie suivant l'usage de l'A. T. et comme le font les autres écrivains du N. T., les particules καί, δέ, τε, οὖν, γάρ; τότε ou οὗτος sont assez fréquemment employés pour indiquer la continuation du discours par un pronom relatif, de façon que ces propositions ne soient pas réellement subordonnées, comme, of χαὶ εἶπαν. Mais Luc se sert fréquemment des participes, même davantage dans les Actes que dans son évangile; la plupart sont reliés à la phrase; quelques-uns beaucoup plus rarement en sont indépendants (participes ou génitifs absolus). Ils tiennent en partie la place d’une proposition subordonnée, comme chez les écrivains profanes, en partie du verbe fini, uni par la particule καί, de sorte que le nombre excessif de ces mots est un peu diminué, mais l'accumulation de ces participes est parfois un peu désagréable. Exemple : Καὶ κατελθὼν εἰς Καισάρειαν, ἀναδὰς xat ἀσπασάμενος τὴν ἐχχλησίαν, χατέδη εἰς ᾿Αντιόχειαν (--Ξ- καὶ ἐπειδὴ κατῆλθεν εἰς Καισάρειαν, ἀνέθη χαὶ ἠσπάσατο τὴν ἐχχλησίαν, ἔπειτα κατέδη εἰς ᾿Αντιόχειαν) χαὶ ποίησας χρόνον τινὰ ἐξῆλθεν, διερχόμενος χατεξῆς τὴν Γαλατιχὴν χώραν καὶ Φρυγίαν, στηρίζων πάντας τοὺς μαθητάς (— χαὶ ἐπειδὴ χρόνον τινὰ ἐποίησεν, ἐξῆλθεν xat διήρχετο... καὶ ἐστήριζεν πάντας τοὺς μαθητάς), XVIII, 22 ss. En effet, il n’est pas nécessaire ou que le participe aoriste désigne la chose accomplie avant l’action du verbe fini ou que le participe présent désigne la chose qui est en même temps accomplie : cette tournure est classique et s’accorde en partie avec le rare usage du participe futur. Car quoique Luc emploie quelquefois celui-ci pour marquer la fin, le but de l’action (comme ἐληλύθει ποοσχυνήσων, VIII, 27) cependant il a coutume de préférer le participe présent : xx1, 16, συνῆλθον... ἄγοντες. |

«En général, la fréquence des participes imprime une couleur plus grecque au discours et la forme de la phrase pourrait paraître vraiment grecque si l’auteur avait su se servir plus souvent et mieux des particules μέν et δέ, et aussi de οὐ... ἀλλά. Il pouvait écrire : χατελθὼν εἰς Καισάρειαν, ἀνέδη μὲν χαὶ ἠσπάσατο τὴν ἐχχλησίαν, χατέδη δ᾽ εὐθὺς εἰς ᾿Αντιόχειαν, καὶ οὐδ᾽ ἐχεῖ πολὺν χρόνον διέτριψεν, ἀλλὰ πάλιν ἐξελθὼν διήρχετο... etc. On sait combien les Grecs aimaient cette tournure antithétique et l’on en trouve de beaux exemples dans les épîtres de Paul; mais Luc, même dans les Actes est loin de l’art grec. Dans tout le premier discours de Pierre il n’y ἃ qu'un seul ἀλλά, 11, 16, et aucun μέν; dans le second, il n'y a pas ἃ ἀλλά;

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