VE SECTION : LATINISMES DANS LE LIVRE DES ACTES
Il semblerait que les traces du latin dussent être fréquentes dans les Actes; déjà le grec vulgaire avait adopté des termes latins et certaines expressions # latines; le latin était connu en Palestine et surtout à Antioche, où nous voyons
les fidèles appelés d’un nom grec à désinence latine, Χριστιανοί; les événements æacontés se passent dans l’Empire romain, dans des régions où le latin était connu, — Ramsay et Moulton croient que Paul a prêché en latin à Lystres — où l'influence ‘atine s’exerçait directement ou indirectement, où il y avait des relations fréquentes entre les peuples de langue latine et ceux de langue grecque; et cependant les mots latins dans les Actes sont surtout des termes militaires ou officiels et quelques tournures qui rappellent la phrase latine.
Mots grecs dérivés du latin : πραιτώριον, Καῖσαρ, χολωνία, σεμιχίνθιον, σουδάριον, “εὐραχύλων, ᾿Αλεξανδρῖνον, peut-être διετία, biennium, τριετία, triennium et At6eprivor, ai »“παδέρναι, surtout les noms de personnes : Agrippa, Aquila, Claudius, Cornelius, -Gallio, Felix, Festus, Lysias, Marcus, Paulus, Pilatus, Priscilla, Titus; les noms de villes : Caesareas, Tiberias, Malta, Rhegium, Syracusa, Puteoli, Forum d'Appius, Tres Tabernae, Roma.
Quelques phrases grecques semblent une réminiscence du latin : τὸ ἱκανὸν AANATENS xvir, 9, satis accipere ; ὄψεσθε αὐτοί, xvirr, 15, vos ipsi videritis; ἀγοραῖοι "ἄγονται, x1x, 38, conventus forenses aguntur; où μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας, 1, 5, non post multos hos dies; ἐκ μέσου ἐξῆλθεν, xvir, 33, exire de medio; ἀρπάσαι ἐκ μέσου, xxIH, 10, rapere de medio; χαθότι ἔστησεν ἡμέραν, xVIr, 31, diem statuere ; τὸ νῦν ἔχον, xx1v, 25, ut nunc res se habent; τιθέναι τὰ γόνατα, vis, 60; 1x, 40; xx, 36; xxx, 5, -genua ponere. Les latinismes sont plus fréquents, quand les écrivains ou les orateurs sont latins. πρό, au sens temporel, serait un latinisme, s’il n'avait pas -été employé par Hérodote et dans les inscriptions. L'emploi répété, dix-huit fois, de χελεύω avec un infinitif passif : ἐχέλευδεν δεθῆναι ἀλύσεσι δυσί, χχι, 33, jussit eum alligari catenis duobus est peut être un souvenir de la construction latine, jubere -avec un infinitif passif; mais sept fois Luc emploie χελεύω avec un infinitif actif.
L'emploi du subjonctif à la place de l’optatif après un temps passé de l'indicatif, n’est probablement pas un latinisme, mais provient de la disparition de l’optatif ans le grec vulgaire au temps du N. T.
Le δ᾽ Selwyn, St. Luke the Prophet, 1901, a pu dire qu'une bonne partie des Actes avait été intentionnellement composée sur le modèle des Septante. Le
(1) Les données de ce chapitre ont été empruntées au travail de M. K. LOWTHER CLARKE
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