‹ Les Actes des ApôtresChapitre 99 sur 358 · HISTOIRE LITTÉRAIRE DES ACTES DES APOTRES. CCIIT · texte numérisé non relu

HISTOIRE LITTÉRAIRE DES ACTES DES APOTRES. CCIIT

Dialogue avec Tryphon, xx et Act. x, 14; 26. χχχνι et Act. xxvi, 22:10. LxvIn, et Ac. 11, 30; #6. σχνπὶ et Act. x, 42 sont peu concluants. On ne peut prouver, dit Zeller, que Justin ait connu les Actes, mais on ne peut positivement le nier. Wendt cependant trouve les rapprochements entre Justin et les Actes plus nombreux et plus clairs que ceux qu'il a cités précédemment, entre Ignace,

Polycarpe, Barnabé, Hermas et les Actes. C'est aussi l'opinion de Loisy. « Même

façon, dit-il, de concevoir et d'exprimer la conduite des Juifs et des païens à l'égard du Christ, Ap. τ, 43; cf. Act. xur, 27, 28, 48; même accord sur l'ascension du Christ, la promesse de l'Esprit, la mission des apôtres, 4. 1, 50; cf. Act. 1, 8, 9; allusion au « dieu inconnu », d'Athènes, qui doit procéder des Actes, puisque les Athéniens n’honoraient pas en réalité le Dieu inconnu, mais des dieux inconnus, Ap. 11, 10; cf. Act. xvir, 29; autres rapports qui compteraient peu sans les précédents : reproche aux Juifs d’avoir « tué le Juste » et les prophètes, Ado. Tryph. 16, 4; cf. Act. vu, 52; prophétie touchant le Christ « passible », Ady. Tryph. 36, 1; cf. Act. χχνι, 22; citation commune de psaume, Ps. cxxxur, 11; dans Δαν. Tryph. 68 et Act. 1, 30. Ce témoignage montre assez sûrement que les Actes étaient connus à Rome vers 150. » Le discours de Paul à l’Aréopage, xvir, 22 ss. servait d'exemple aux Pères

apologistes. Tatian, Oratio ad Graecos,k; Athenagoras, Leg. 13; Ep. à Diognète, :

3, s'en sont inspirés. La parole d'Étienne mourant, Act. vir, 60 : Κύριε, μὴ στήσῃς ἀυτοῖς ταύτην τὴν ἁμαρτίαν, sera répétée textuellement dans la lettre des martyrs de Lyon, Eusèse, “7151. eccl. v, 2,5.

Reconnaissons cependant que les Actes ont été assez peu utilisés par les écrivains chrétiens que nous possédons; pourtant, ils étaient connus dès le commencement du τι siècle, puisque Tertullien incrimine Marcion de les avoir rejetés, « respuerit (1) »; on voit bien, dit-il, pourquoi il avait agi ainsi. On peut démontrer qu'ils étaient rejetés aussi par les Ebionites (2), les Sévériens (3), les Manichéens (4), ce qui démontre leur existence au temps de ces hérétiques. En tout cas, ils étaient bien connus dès la fin du rr° siècle, car ils sont abondamment cités pars irénée, τὴ, 23,4; ur, 12. 2... 10: 35 5:/40:-1951x, 25,17 .ἀπ| 12,7; ὋΣ 15, etc., par Tertullien, adv. Marc. v, 2, 3; de Praescr. 22; de Baptismo, 10; de Jejunio, 10, par Clément d'Alexandrie, Adumbr. in 1 Petri ep.; Strom. v, 12, par Origène, Epist. ad Afric. 9; contra Celsum, νι, 11, etc. Polycrate d’Ephèse (δ)

cite, en l’attribuant à de plus grands que lui, la parole des apôtres : Πειθαρχεῖν δεῖ ὁ

Θεῷ μαλλον ἢ ἀνθρώποις, V, 29. Les Actes étaient reconnus par les Valentiniens et d’autres Gnostiques (6). On en trouve des traces nombreusès dans les Homélies et les Récognitions clémentines, Aom. 11, 1; 11, 53; Recognitions,

1, 10; 13; 40; 60; 65; 71, etc. Enfin, ils se trouvent dans les plus anciennes

versions latine, syriaque, égyptienne, bohairique et sahidique. Saint Irénée, ado. Haer. 111, 14, avait dit de Luc : Omnibus his cum adesset Lucas, diligenter conscripsit ea, et 2. 111, 13, 3, Lucas de apostolis testificatio.

) Adv. Marcionem, v, 2.

) IRÉNÉE, Adw, Haer. 11, 15, 1; EviPHANE, Haer. 30, 16. ) Eusège, Hist. eccl. τὺ, 29. - ; ) AUGUSTIN, De util. cred. 7; Contra Fauslum, ΧΙΣ, 31.

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'CCIV - INTRODUCTION

Le canon de Muratori, fin du n° siècle, rend aux Actes le même témoignage; Acta autem omnium apostolorum sub uno libro scripta sunt. Le reste du passage concernant les Actes est en mauvais état et doit être corrompu. Voici ce qui paraît s’en dégager après correction : Lucas optimo Theophilo comprehendit, quia (quae) sub praesentia ejus singula gerebantur, sicuti et semota passione Petri evidenter declarat sed et profectione Pauli ab urbe ad Spaniam proficiscentis. Cf. E. Jacouisr, Le N. T. dans l’Église chrétienne, 1, p. 189-220.

Les Actes canoniques ont exercé une influence profonde sur les Actes apocryphes des apôtres, dont le but était de compléter les récits des Actes. Ceux-ci répondaient à ce besoin des premières générations chrétiennes d’avoir plus de détails que n’en donnaient les Actes canoniques sur les actions des apôtres et de connaître l’histoire des apôtres dont ne parlait pas l'écrit canonique. Sur plusieurs points les Actes apocryphes essayent de compléter ceux-ci; les Actes de Pierre rappellent les rapports de Pierre avec Simon le magicien. Les Actes de Paul et de Thècle marchent sur les traces de Paul dans ses voyages en Asie mineure et en Grèce. Mais la comparaison de ces Actes apocryphes avec les Actes authentiques fait ressortir nettement la valeur historique de ceux-ci. Chez les premiers dominent les récits dus à l'imagination des écrivains ou les légendes répandues dans les cercles chrétiens; chez les seconds, au contraire, nous avons des récits basés sur des sources historiques.

Il semblerait cependant que les Actes devaient être peu connus, au moins par la masse des fidèles, puisque, encore au v° siècle, saint Jean Chrysostome affirme que beaucoup ignorent l'existence de ce livre et quel en est l’auteur : cf. sur le témoignage de ce Père et sur celui de Photius, p. Lvrr.

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