‹ Les Actes des ApôtresChapitre 81 sur 92 · SAINT PIERRE PROUVE L'IMPOSTURE DE SIMON · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE PROUVE L'IMPOSTURE DE SIMON

« Jeune homme , lève-toi; c'est moi qui te le dis; Notre- Seigneur Jésus-Christ te rend la \ie. »

Aussitôt le jeune homme se leva^ parla^ marcha, en présence de tous les assistants. Puis saint Pierre le rendit à sa mère. On demanda alors à Pierre de lui conserver la vie , puisqu'il la lui avait rendue. Pierre répondit :

« Que le Seigneur Jésus-Christ, dont je ne suis que le serviteur, le conserve! » — Puis se tournant vers la mère : « Sois sans inquiétude pour ton fils, ô mère! Ne crains pas; il a un gardien qui le conservera. »

Le peuple plein de joie et d'admiration voulut aller lapider Simon le Magicien. Mais Pierre leur dit : « Il est assez puni d'avoir été forcé de reconnaître devant tous, qu'il n'est qu'un imposteur et que son pouvoir lui vient du démon. Qu'il vive donc et qu'il voie croître, malgré sa colère et ses efforts, le règne du Christ ! »

Jeanne. C'est bien bon et bien généreux à saint Pierre!

Grand'mère. Un vrai Chrétien est toujours bon; il imite en cela Notre Seigneur, qui met la charité au premier rang de toutes les vertus.

Simon souffrit beaucoup dans son orgueil, quand il se vit vaincu par saint Pierre, dont la gloire le torturait. Il se retira pour évoquer de nouveau le démon, et lui demander une plus grande puissance qui pût écraser celle de saint Pierre.

Heinri. Comment! il venait de voir saint Pierre ressusciter un mort et il ne croyait pas?

Grand'^ière. Cher enfant, la foi ne vient pas par les yeux. Pour croire, nous Tavons déjà dit, il ne suffit pas d'être témoin de miracles, il faut en outre avoir un cœur bien dis-

posé, il faut aimer la vérité et avoir le courage de faire les sacrifices qu'impose la foi en Jésus-Christ. Simon le Magicien n'avait aucune de ces dispositions.

Il assembla donc encore une fois le peuple^ il se plaignit d'avoir été offensé parles Galiléens, c'était ainsi qu'il appelait par mépris les Chrétiens^ et il menaça de quitter la ville de Rome^ qu'il avait aimée et protégée jusque-là. Il fixa un jour où on le verrait s'envoler au Ciel;, dont l'entrée lui était toujours ouverte, d'où il leur enverrait des châtiments terribles.

Le jour qu'il devait accomplir ce grand prodige correspondait à notre dimanche. Saint Pierre^ voyant le mal que ce nouveau sortilège pouvait faire à plusieurs fidèles peu affermis encore dans leurs croyances, ordonna la veille un jeûne général accompagné de prières. Quelques auteurs pensent que ce fut l'origine du maigre du samedi de chaque semaine.

Au jour marqué, Simon alla au Capitole^ colline située au centre de Rome^ et sur laquelle s'élevait le temple de Jupiter- Tonnant, le plus puissant dieu de Rome. Une foule immense couvrait la montagne et les environs. Simon s'élança dans les airs et se mit à voler. Le peuple commençait à l'admirer et à dire : Voler ainsi vers le Ciel avec son corps, ce n'est pas d'un homme; c'est vraiment la puissance d'un Dieu. On ne dit pas que le Christ ait jamais rien fait de semblable.

Alors, Pierre s'écria du miheu de la foule :

« Seigneur Jésus, montrez votre force, et ne laissez pas tromper un peuple qui est à vous. Que le séducteur tombe. Seigneur, mais qu'il vive encore assez pour connaître qu'il n'a pu rien contre votre puissance ! »

Ainsi pria l'Apôtre avec larmes, puis il ajouta : « Je vous

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