‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 16 sur 77 · LIVRE DES COLLOQUES · texte numérisé non relu

LIVRE DES COLLOQUES

seront censurez severement, comme contemteurs du Sacrement et Seau de l’alianee de Dieu avec nous et nos enfans.

8. Les promesses que les Parreins répondans pour l’instruction des enfans ont acoûtumé de faire au Batême, ne seront autrement modérées, et ne sera rien innové au Formulaire du Batême usité en nos Eglises, Sinon qu’il soit autrement avisé par un Synode general.

9. A la demande, comment on se comportera envers ceus qui refusent dêtre Témoins ou Parreins des petits enfans ? A été répondu, que si aucun le refuse pour quelques considerations probables, et non pas a tous, ne sera aucunement censuré : Mais s’il le fait absolument, et que son example dégoûte les autres de cette anciene Coutume receue en l’Eglise, et qui est tant louable et utile, sera admonêté et censuré, selon la prudence du Consistoire.

10. Les Mariages par trop inégaus, comme d’un Vieillard hors d’âge de pouvoir engendrer avec une jeune fille ou Veuve : Et ceus qui se font entre personnes dont l’une est manifestement conuë maleficiée et impuissante, ou par nature ou par quelque autre accident, ne seront receus en nos Eglises : Pour ne mettre aucun de ceus qui sont capables du deu de mariage, en danger manifeste de tomber és lags du Diable.

11. Ou la coutume de faire Predication a la Sepulture des morts n’est point, on se donnera garde de la y établir : Et quant aus lieus ou cela se pratique, on metra peine de l’abolir avec la meilleure comodité qu’on pourra.

12. Sur la Proposition faite par les Freres de Norwich, touchant la veuve de feu Monsieur Marie leur Ministre décédé, La dite Eglise a été exhortée par l’authorité de l’Assemblée du Colloque de luy ordonner quelque honnête pension, en reconoissance des saints labeurs et travaus soutenus par feu son Mari au gouvernement de leur Eglise, et pour soulager la dite Veuve de la grande charge d’enfans qu’elle a. Icelle Veuve, par ordre de cette même Assemblée, a été exhortée de ne contemner l’ofice avantageus des Eglises de la langue françoise en Holande et Zelande, fait a l’un de ses fils ; qui est de l’entretenir en ses études, a condition qu’il soit obligé a leur service : Quant a l’autre, les Freres ont charge de parler chacun a leur Consistoire, pour voir si on pourra tirer quelque somme pour l’entretenir a Cambrige pour un An, jusques a tant qu’il ait trouvé meilleure condition de continuer ses études.

13. Les Freres de Norwich ont été admonêtez par cette Assemblée du Colloque, de mieus dresser désormais leurs Actes, pour aquerir plus de fiance et authorité a leurs Regîtres, de peur des inconveniens qui peuvent survenir; et coucher au long expressément les suspensions particulières ou publiques, avec les causes et preuves d icelles : Les reconoissances aussi faites en Consistoire ou en public, avec le tems auquel elles sont faites.

14. Le jûne public et solennel sera de bref célébré en nos Eglises, tant pour les calamitez présentes, que celles dont sommes menacez de plus en plus, tant en France qu’au Païs bas : La préscription toutefois du jour, et l’avertissement, en est remis aus Freres de Londres.

15. L’ Eglise de Londres aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée de Colloque, environ la Saint Barthelemi en un an ; et les Eglises les avertiront de la nécessité qu’elles en pourront avoir.

Quelques Actes particuliers, partie pour les Freres de Norwich, partie pour les Freres de Londres.

16. Sur la Proposition faite par les Freres de Norwich, cornent ils se doivent comporter envers un certain suspect d’adultere, dequoy n’y a autre témoignage que de la feme du dit, qui auroit dit a quelque femme qu’elle avoit été gâtée de son mari ; Item d’une autre qui depose avoir été sollicitée de son honneur par le dit ; Item de quelque Anglois, qui afirme l’avoir veu

sur le fait; A été répondu, que jaçoit que ces témoignages ne soyent du tout a mépriser, neantmoins le Consistoire se contentera de le remettre au jugement de Dieu, Et cependant publication soit faite a l’Eglise, qu’elle ne s’ofense de le voir admis a la Communion pour n’être sufisament convaincu : Le même personnage apelé au Consistoire condescendra a cette ordonnance.

17. Anthoine Herissard ouï en la Compagnie du Colloque, sur la plainte qu’il faisoit contre le Consistoire de Norwich, ne nous a donné a conoître rien d’autre que quelques témoins singuliers, deposans avoir ouï de la bouche d’une certaine fille qu’elle avoit été contrainte par force et menaces de confesser ce quelle avoit dit, Savoir est qu’elle auroit été subornée par le dit Herissard et sa feme a dérober de son Maître : Les Freres assemblez, considerans toutes choses concernantes ce fait, par plusieurs remontrances ont amené le dit Herissard a se reconcilier au dit Consistoire, en reconoissant s’être par trop oublié envers iceluy par irreverence et rebellion obstinée ; Confesser qu’il etoit marri d’y avoir procédé de la sorte ; Que s’il l’avoit encore afaire se garderoit de le faire, ains suivroit le bon conseil de son Consistoire : Item qu’il se reconcilieroit avec sa partie, Ce qui a été fait, Et le Consistoire exhorté de se contenter de ce que dessus, ayant egard a l’infirmité du dit personnage, qui a besoin de Consolation, Et les Freres de Londres ont été mis en liberté de l’admetre a la Comunion. Quant a la femme du dit, laquelle s’est oubliée davantage, Voire jusques a acuser haut et clair de mensonge son Pasteur, lors que la suspension fut publiée a l’issuë de l’Assemblée, A été avisé qu’icelle aussi seroit induite a faire ce que dessus par écrit, puis quelle ne pouvoit être présente en la dite Assemblée, Et que la repentance sera publiée en l’Eglise de Norwich pour lever le scandale public commis par elle, Ausquelles choses le dit Consistoire a aquiescé.

Les Articles du Colloque des Eglises de la langue françoise recueillies en ce Royaume , sous la protection cle la Serenissime Reyne Elizabeth, tenu a Norwich le 15" jour d’ Avril et aus suivans, Van de grace 1594. Duquel, apres V invocation du nom de Dieu, Monsr Castel fut éleu pour modérer V Action, et Monsr Etiéne Latelais pour écrire.

1. Sur les Raisons qu’auroyent eu les Anciens de l’Eglise de Norwich de procurer la Convocation du Colloque, et Monsr Basnage de la refuser, avec plusieurs autres griefs et plaintes proposées de toutes parts, Les Freres députez des autres Eglises leur ont demandé s’ils vouloyent se soumettre a leur jugement, et aquiescer a la Sentence qu’ils en donneroyent en la crainte de Dieu, pour ôter les causes du mal et établir un bon ordre en leur gouvernement: Or corne ainsi soit qu’ils l’ont tous acordé et Ministre et Surveillans avec protestation, nous avons prononcé de tous les faits et diferents en la maniéré qui s’ensuit.

2. Dautant que de toute anciéneté les Synodes et les Colloques ont été les Lieus et apuys de l’union et concorde des Eglises, contre les Schismes Heresies et autres inconveniens ; Et que le cors du Consistoire de Norwich est divisé, Le Ministre contre les Anciens, Les Anciens contre le Ministre, non pour la Doctrine (loué soit Dieu) ains pour quelque devoirs prétendus d’une part et d’autre avoir défailli, pour la droite administration de la Discipline, et sur lesquels ils ne se pouvoyent acorder ensemble, ni vuider leurs diferens : Apres avoir ouï paisiblement les demandes et réponses, et examiné en la crainte de Dieu les alegations et

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