LIVRE DES COLLOQUES
preuves, Nous trouvons que les Surveillans ont eu juste ocasion de procurer la convocation du Colloque, Et que les Freres de Londres avec un grand zele et prudence l’ont dénoncé, pour être tenu en cette ville, Afin qu’on sache qu’il n’y a rien qui empêche que selon les ocasions on ne s’assemble diverses fois en un même lieu. Nous interprétons avec charité les Raisons pour lesquelles Monsr Basnage n’a pas voulu se joindre avec son Consistoire : Neantmoins nous eussions désiré qu’il eût condescendu au désir d’iceluy, puis qu’il avoit demandé son congé quelque conditionel qu’il fût, Sans plaindre les frais et labeurs des autres Eglises, Veu quelles ne les plaignent pas pour le désir de la pais et conservation du Saint Ministère. Si bien que nous ne pouvons aprouver la soumission qu’il a faite, nous n entendons pas aus Diacres pourveu qu’il y eût moyen de les acompagner de quelque nombre d Anciens, ams a quelques uns du Peuple ; Et ne peut ignorer que de tout tems les diferens Eclesiastiques (et celuycy est de cette espece) ne se peuvent vuider par ceus qui n’ont point de charge en l’Eglise ; Actes des Faits particuliers, Article 2, du Synode national de France, tenu a Lyon, l’an quinze cens soissante et trois ; Et toutes les ouvertures sont pernicieuses, ne tendant qu’a une Anarchie populaire, éloignée de la gravité et Tordre qui doit paraître au Gouvernement de l’Eglise, Or nous ne dissimulerons pas que trop juste matière de tristesses et doléances nous est donnée, a cause des desordres survenus depuis quelque diz mois, pour avoir méprisé le reglement quon avoit donné au dernier Colloque pour l’execution des charges du Ministre et Anciens au Consistoire, lesquels ont été répandus comme par contagion sur le general del Eglise: De sorte que nous Ministres de Christ, et Coadjuteurs en 1 oeuvre du Seigneur, Adjurons au nom de Dieu, et par l’authorité qu’il nous done, Ceus qui cette année ont eu la conduite du Troupeau, et Pasteur et Surveillans, d’aviser comment ils pourront devant le trône, du Dieu vivant décharger leurs Consciences d’ignorance legéreté et malice. Nous desirons que quelques uns des Anciens ayent meilleure opinion de Monsr Basnage, qui travaille pour leurs âmes ; le prévienent par honneur ; ne soyent point Contentieus et commandent a leurs afections, pour ne résister point au mal avec violence, ains le surmonter par douceur et clemence. Nous requérons que Monsr Basnage enseigne l’Evangile sans artifice humain par trop curieus, et éloigné de la Simplicité Apostolique ; Qu il ne soit point Soupçonnées , Que nulle parole de risée qui est sans edification et profit ne sorte point de sa bouche ; Quil ne soit point adonné a son sens ; Qu’il preside tellement au Consistoire qu il soit miroii de modestie , Qu’il ne domine point sur ceus lesquels l’Esprit de Dieu luy a ajoint .pour entretenir 1 Eglise, afin qu’il n’en fasse pas des Idoles-; Qu’il soit amateur des lions et entier en toutes ses actions , Bref, que tous conversent comme en la maison de Dieu ; Sans ressembler a ce serviteur lequel voyant son Maître tarder long tems est outrageus et dissolu envers ses . compagnons. Que si apres avoir fait tant de devoirs, les brebis du Seigneur vienent a se dissiper, par 1 orgueil, et outrecuidance de quelques uns, Nous promettons que nos Eglises ne se. lasseront point de bien faire, et employeront ce que Dieu leur donnera pour découvrir ceus qui gâtent tout : Mais dez maintenant nous apelons ciel et terre en témoignage, que nous sommes inocens du sang de ceus qui voudront se perdre, et enveloper les autres en leurs crimes. Et afin que nos deliberations sortent plus grand efet, Nous ordonnons que toutes choses demeureront du tout ensevelies , Et qu’en signe de reconciliation on donne les mains les uns aus autres.. . Que Monsr Basnage le premier, comme celuy qui doit servir de lumière, demande 1 amitié de ses Anciens, avec promesses de conformer ses Actions et paroles a la regie de charité ; Que les Anciens témoignent de l’embrasser de tout leur coeur, et luy vouloir porter la. reverence qui luy apartient ; Qu’en chaque censure et en la presence des Diacres lecture soit faite des Articles du devoir réciproque du Ministre et Anciens faits en la derniere convocation, et couchez par écrit aus Regîtres de leur consistoire ; Que les Anciens qui entreront de tems en tems soyent tenus avec le Pasteur de s’y assujettir, Et les Diacres tiénent soigneusement la main, en telles Assemblées, qui se font quatre fois l’année, a ce qu’ils découvrent si quelcun soit Ministre ou Ancien contrevient a l’observation d’iceus pour le reprimer; Que Monsr. Basnage declaie au sermon Dimanche prochain, auquel la Cene sera administrée en signe d union, que Ce Colloque a eu juste ocasion de s’assembler, afin que le peuple désisté de blâmer personne, que plûtôt il loue Dieu de l’amour que luy portent les autres Eglises de notre langue recueillies en ce Royaume ; Qu’il donne avertissement que ses Anciens sont d’acord avec luy, et luy avec les
Anciens, Lesquels n’ont demandé et ne demandent rien d’autre sinon que son Ministère soit utile et profitable ; Requérant qu’on ne les aye point en mauvaise odeur, mais qu’on les reconoisse Serviteurs de Dieu, afin qu’ils poursuivent leur vocation avec alegresse ; Finalement qu’il promette de ne controller point les actions de ces derniers Colloques ; de fermer la bouche a ceus qui en voudront médire ; de ne consentir point ains empêcher de tout son pouvoir toutes factions et menées populaires, conventicules, Assemblées secretes et clandestines, faites au désceu de ceus qui ont la conduite de l’Eglise, quelque couverture qu’on leur donne ; Et en aprobation de ce que dessus, Signent tous avec les Députez des autres Eglises deus examplaires de cette Sentence, dont l’un demeurera aus Actes du Consistoire de Norwich, l’autre sera gardé avec les autres papiers par les Freres de Londres.
3. Les Freres par ocasion entendent, qu’un enfant auroit été renvoyé sans Batême, nonobstant que la forme d’administrer le Sacrement eût été leuë ; Et ce dautant que le Pere perseveroit de luy donner le nom de Chrêtiene, lequel les Ministre et Anciens ne vouloyent admettre, et pensent que cela ne doit passer sans avertissent : Car combien qu’il y eût dautres enfans qui furent marquez du lavement de regeneration en la même action, Toutefois ils disent, dautant que la consecration avoit été déjà faite, par lecture de l’ordonnance de Dieu et de la signification du
' Batême, par les prières publiques de l’Eglise, et promesses du Pere et Parreins, et que cet enfant étoit compris en toutes ces choses, avec expresse délibération et preparation de luy apliquer le seau de l’Aliance que le Seigneur fait avec les siens et leur semence ; Il n’a pas tenu au Ministre que la declaration de la promesse réciproque assavoir de Dieu pour recevoir cet enfant en son Eglise et de l’Eglise pour le luy donner et dedier n’ait été vuide et de nul efet : C’est a dire que Dieu n’ait été réputé muable et a un moment sujet a changement. A le vérité, le Ministre représentant la personne de Christ expose que la volonté de Dieu est de prendre cet enfant sous sa protection, luy être Sauveur et Rédempteur, et luy donner la marque certaine de son adoption : Cependant, au bout de cela, le même Pasteur viendra a l’en exclure, c’est a dire montrer que le Seigneur a changé de propos, Et qu’il n’est rien de tout ce que dessus ; Et ce qu’on a cuidé que le nom qu’on luy vouloit imposer etoit indigne, n’est pas juste cause pour refuser a l’enfant le Batême. On confesse que l’Eglise doit tenir la main que les noms qu’on donne aus eufans soyent séants et honnêtes, dignes de ceus qui sont en la maison de Dieu : Mais il n’est pas beau que le Serviteur, quelque grand qu’il soit, ajoûte ou corige quelque chose a l’ordonnance de son Maître, ou la retiéne de son authorité particulière pour autres raisons que celles qui nous sont prescrites en la parole de Dieu. Il suât dit l’Apôtre que nous soyons nez de Peres fideles, que nous soyons saintes dez le ventre de nos Meres : Et partant les hommes veulent être plus sages que l’Esprit, quand ils exigent d’autres conditions pour les enfans ; Et nous nous émerveillons que ce refus n’a point aporté plus de scandale a l’Eglise et trouble aus consciences de ceus a qui le fait apartient. A raison dequoy, nous prions les Freres d’être plus avisez, a ce que telles choses n’avienent plus ; Et dautant que les Parents ne sont pas aussi exemts de faute, desirons qu’on les remarque pour le mépris insuportable qu’ils ont fait du Sacrement de l’Aliance de Dieu, aimans mieus que leur enfant fût privé du Batême, et de l’efet des prières de l’Eglise, et eus de la consolation que Dieu donne aus siens quand il declare qu’il veut avoir le soin de leurs petits enfans, que d’ obtempérer au Consistoire en une chose indiferente, et lequel par mégarde au nom dont il est question pouvoit aprehender de faire quelque ouverture mal convenable.
Declaration faite , le Dimanche 21e d Avril, par Monsr Basnage, pour donner quelque contentement au Peuple, et témoigner de la reconciliation mutuele entre luy et ses Anciens.
4. Le Diable, qui est un énemi fin et caut, ne cherche qu’a jeter de la mauvaise semence au 1 champ du Seigneur, afin d’étoufer la bonne, tandis que le Maître fait semblant de n’y prendre I pas garde : Et pleût a Dieu que nous fussions allez au devant de luy, ou bien que nous eussions • soûtenu son assaut, non pas avec tintamarres et crieries pleines de menées et contentions, ains