‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 18 sur 77 · LIVRE DES COLLOQUES · texte numérisé non relu

LIVRE DES COLLOQUES

avec un esprit contrit et désolé ; dautant que cet adversaire ne quite pas la place, et ne se rend point sinon par jûnes et oraisons. Or Dieu nous a prévenus en nos maus, Et ces deus. dernieres années mis au coeur des autres Eglises de notre langue en ce Royaume d’acourir hâtivement a notre secours, et aporter de l’eau en nos embrasemens. En la precedente année notre état n’etoit guere bon, car déjà les mécontentemens et desordres prenoyent racine : Et les Freres .du Colloque terminèrent nos diferens avec une grande équité et droiture, et comme la gloire de Dieu et l’édification de l’Eglise le requeroit. Les fondemens de ce jugement ont été legitimes, combien qu’ils soyent cachez a plusieurs : il n’est pas raisonnable que pour cela personne gronde. Les Peres ne sont pas toujours tenus de rendre raison de leur faits a leurs enfans ; Il sufit i qu’ils conoissent qu’iceus raportent tous leurs soins a leur bien ; que s’il y a quelques uns qui murmurent comme Coré Datam et Abiram, nous dénonçons que l’Eglise de Dieu n’a point telle i coutume. En la présente notre condition n’a pas été trouvée meilleure, plutôt pire, pour les aigreurs et distractions violentes par lesquelles nous savons quelles mauvaises influences sont épandues au large, et sans y penser mettent en pièces le cors de Christ : Dieu ayant voulu nous humilier avec l’experience de notre 'coruption et impuissance, a ce que grands et petits, hommes et femmes, jeunes et vieus, riches et pauvres, aprenions désormais de prendre soigneusement j garde a nous, et parachever notre salut avec crainte et tremblement. Pour ces causes donc nous vous déclarons, que par une singulière providence du Seigneur, et fort a propos, la [ Convocation a été faite en ce lieu ; et avons tous argument de nous réjouir de la presence et ' assistance d’icelle, en laquelle les autres Eglises ont donné un bel efet de la sainte et étroite i. union quelles ont avec nous : Et parce qu’il y en a plusieurs, lesquels jetans les.yeus sur nous qui avons la conduite du Troupeau du Seigneur, s’atendent d’avoir quelque témoignage du bien ! et profit que leur auroit produit cette Assemblée ; et qu’il n’est pas séant que nous cachions la I lumière, mais que les premiers fassions paroître la faveur de Dieu envers nous, pour mettre j en votre coeur matière de liesse, et en votre bouche sujet d’action de graces au Seigneur; Je j vous signifie maintenant, que toutes ofenses étant ôtées au cors du Consistoire, Les Anciens j sont de bon acord avec moy, qui suis votre Pasteur, et moy avec les Anciens ; et qu’iceus n’ont cherché et ne cherchent encore rien d’autre sinon que tous nos comportemens et en public et en particulier soyent reglez selon la parole de Dieu et Discipline Eclesiastique, pour rendre notre ; Ministère utile et profitable : A raison dequoy, comme de leur part ils ont protesté de m’élargir le coeur de leur amitié, et tâcher de décharger ma vocation de blâme, J e requiers aussi de mon côté, que tous fideles les ayent en bonne odeur, et les reconoissent pour Serviteurs du Seigneur ; afin que tous puissions travailler en l’oeuvre de Dieu pour votre salut avec alegresse. . Vous n’ignorez pas, qu’en ce saint et sacré college de Christ, les Disciples ont combatu de la primauté | entre eus avec scandales : et qu’en ce couple de grands et excellens personnages et Apôtres 1 assavoir Paul et Barnabas, il y a eu de l’irritation, avec laquelle ils se sont séparez, quand l’un a voulu l’autre retenir Jean Marc. Le Seigneur veut qu’il y ait une echarde en notre chair, un Ange de Satan pour nous bufeter, a ce que nous ne nous élevions outre mesure. Cependant pour ce qu’il nous fait cet honneur de tenir le premier degré en son Eglise, et que nous pouvons être aucunement acomparez a la Tête du cors, pour les fonctions extérieures qui apartienent au gouvernement Eclesiastique, Laquelle, quand elle est bonne, elle digéré facilement beaucoup d’humeurs et exhalaisons mauvaises, quand elle est malfaite, elle ne peut les repousser, et étant infirme gâte tout le reste du cors ; Bref que nous avons tant et tant d’ocasions de nous défier de nous mêmes, au lieu auquel nous sommes ; nous vous exhortons au nom de Dieu, que vous nous aidiez de vos prières, a ce que nous soyons ornez de dons et de vertus avec lesquelles nous soyons jalous de vous, et qui soyent propres a vous aproprier a un Mari, et vous presenter comme une Vierge chaste a Jesus Christ; cest a dire embellir 1 Eglise i sur laquelle l’Esprit de Dieu nous a constituez Evêques, et l’orner en toutes sortes, qu il ny ait ni tache ni ride qui viole l’honnêteté digne d’un peuple entier et sans coruption, purifié par la foy en la predication de l’Evangile.

5. Les Freres Diacres apelez au Colloque, ont été avertis de lauthorite que. les Freres leur ^ donnent par notre ordonnance precedente, a ce qu’ils procurent avec le Ministre et Anciens, qu’en chaque censure, qui se doit faire de trois en trois mois, Les Articles aretez au dernier

Colloque le premier May Mille cinq cens quatre vints treize, et couchez par écrit au Regît re du Consistoire de Norwich, soyent leus ; Et s’enquierent soigneusement s’il y en a qui contrevienent, pour leur donner soit au Ministre soit aus Anciens délinquants censures convenables a leur mépris ; afin qu’ils confirment l’etablissement de la pais au Consistoire. Plus ont été requis être contents des Anciens qui auroyent prié l’Eglise de Londres de convoquer le Colloque, sans leur en donner avis : Car comme on n’oseroit refuser a aucun particulier d’apeler a l’assemblée des Eglises de notre langue recueillies en ce Royaume ; Aussi on ne pouvoit ôter la pareille liberté aus Surveillans joints tous hormis un en même cause, et êtans tous en diferens avec leur Ministre, sans leur faire un tort manifeste.

6. On a convenu, que Mons1' Basnage continuera jusques a la S* Jean prochaine, de lire au peuple les ordonnances de ceus qui ont le gouvernement de la Police civile, selon les ocasions qu’ils auront de le requérir, de crainte que les scandales ne multiplient, et les crimes demeurent impunis par faute de ne metre en efet leurs jugemens. Ceus qui ont la charge de la police civile, déchargeront Monsr Basnage de cet ofice au même tems, et y pourvoiront par quelque autre ordre, nonobstant la coutume, afin de le délivrer du juste scruple qu’il en fait en sa conscience : Et les Freres avouent ce que tous confessent et reconoissent en simplicité de conscience, que c’est une chose mal convenable que la Chaire de l’Evangile soit convertie en un Echafaut pour faire des cris et publications civiles : que le Ministre de Christ soit oficier des Cohues et jugemens d’icelles ; et que ce qui apartient au gouvernement extérieur de cette vie présente, soit confondu avec ce qui est proprement de la conduite des consciences.

7. , Dautant que la charge des susdits Hommes, qui ont le Gouvernement de la police civile,

! est d obvier aus desordres et confusions que les particuliers voudroyent commetre, pour

troubler le repos de l’Eglise ; et que plusieurs choses sont avenues depuis n’aguere, qui : tendoyent a sedition, et ne leur etoyent pas inconues ; Ils ont été derechef priez de venir au | Colloque, et leur a on proposé le danger auquel peu s’en est falu la pluspart du peuple a mis 1 Eglise, avec ses menées et Assemblées clandestines ; afin qu’a l’avenir ils s’oposent a ces factions populaires, quelque couverture qu’on leur donne, et employ ent leur authorité a reprimer ceus qui seroyent les autheurs d’icelles ; Ce qu’ils ont promis de faire.

8. Les quatre qui furent choisis du peuple, pour proposer au Consistoire la demande qu’il faisoit, d’areter le Colloque et le contremander aus Eglises, afin que Ministre et Anciens se soumissent a luy, ou a ceus qu’il deputeroit, pour les diferens qui etoyent au Consistoire, ont été avertis de la faute qu’ils ont commise, d’avoir été les uns instruments de cette émeute populaire contre les Anciens, les autres prêté par trop aisément leur consentement pour se laisser emporter par icelle, sans faire aucune resistance ; et tous, d’avoir voulu donner empêchement a une chose louable et sainte, assavoir a la convocation du Colloque, estimé et aprouvé de tout tems être le lien et l’apuy de la pais et union des Eglises, contre les heresies schismes et autres inconveniens ; nonobstant qu’ils ayent promis solennelement de n’atenter rien contre 1 ordre de la Discipline Eclesiastique, et que quelques uns d’entre eus exercent a present charge publique en la police, les autres ayent servi d’ Anciens et Diacres en l’Eglise. Or come ils ont receu la remontrance de bonne part ; promis d’honorer leurs surveillans ; reconoitre que leur vocation vient de Dieu, et s’étudier a la conservation de l’ordre ; ont été renvoyez, et le Consistoire admonêté de ne les rechercher plus.

9. Sur la demande que Monsr Basnage a faite, que les Freres se voulussent employer a ce quil fust renvoyé en France, et que l’Eglise de Norwich ne demeurât destituée de Pasteur par son absence. Les Freres ont trouvé bon luy signifier, que Veu l’état auquel est encore la France;

eu la condition de sa personne; Yeu la disposition de l’Eglise, laquelle au tems de sa nécessité auroit montré et montroit encore toujours grands témoignages d’amour en son endroit ; Il n’est pas expedient qu il pense a son partem* ; Que ce seroit une chose dangereuse si nous procurions envers les Eglises de Normandie qu’il fût rapelé ; Que nous ne voyons aucunes raisons | Pour lesquelles il doive le faire luy même : Si Dieu a ordonné de le rétablir au païs, il doit

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