‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 21 sur 77 · LIVRE DES COLLOQUES · texte numérisé non relu

LIVRE DES COLLOQUES

vitupéré, A fin que par cette reconoissance et satisfaction ainsi faite au Consistoire, ils peussent être admis a la pais de l’Eglise, Corne ainsi soit que par aucunes remontrances ni sollicitation ils n’ayent peu être induits a condanner et se retirer de leur rebellions et detractions, L Eglise est exhortée d’ayder les dites susnommez Freres par leur prières, et les Ministres et Anciens de cette Eglise de les soliciter a leur devoir: Que si nonobstant tous ces moyens ils se veulent endurcir en leur obstination maline, L’Assemblée des Députez des Eglises authorisent dez a present comme pour lors le Consistoire de cette Eglise de procéder a l’encontre d’eus, jusques a retranchement public de la Cene et autres censures Eclesiastiques.

11. A cause du grand mal et des grands frais qu’aportent les Coureurs, qui souvent inconsidérément se transportent d’une Eglise a l’autre, Les F reres sont d avis, en confirmant et amplifiant l’Article cinquième (7e) du Colloque tenu a Hamptonne concernant ce fait, iceluy soit soigneusement mis en pratique: Et pour cet efet, ceus qui sont en charge es Eglises retiendront par leur authorité tels departs et changemens temeraires, Et devant que leur donner témoignage s’enquerront des lieus ou ils prétendent se retirer notamment en ce Royaume, Si aparemment ils auront plus de moyen d’y gagner leur vie, afin que par bon avis ils soyent licensiez de se retirer : Et pour cet efet suvention sufisante leur sera faite pour parvenir au lieu ou ils prétendent aler, Et quant a ceus lesquels pour sufisantes causes se voudront retirer delà la mer, Les Freres des Eglises de Norwich et Cantorberi pourvoiront, a ce que tels sans plus long circuit au domage des Eglises prenent leur passage le plus prochain du lieu duquel ils départent.

12. Quant a la dificulté proposée par les Freres et Ministres de Cantorbery, touchant une jeune fille mariée, laquelle quatre mois et demi apres la solennité de son mariage seroit acouchée d’un enfant aparamment fourni et acompli de tous ses membres, de sorte que la suspicion seroit vehemente de quelque polution precedente, demandans les dits Freres comment on se doit comporter envers elle, La Compagnie est d’avis, considéré les protestations serieuses tant du Mari que de la femme, de n’avoir eu aucune cohabitation charnelle l’un avec l’autre, comme aussi il ne s’en trouve d’ailleurs aucunes preuves, Item que les jugemens des médecins touchant la perfection on imperfection des enfans ont toujours été fort douteus, qu’il ne s’en est fait aucune inspection sufisante, l’enfant n’ayant été veu sinon déjà mort, que le mal s’il y en avoit est aucunement couvert par l’honneur de mariage, et finalement que . par trop rigoureusement faire recherche de ce fait on pourroit imprimer en l’esprit du Mari quelque sinistre injuste opinion de la pudicité de sa femme, et par consequent engendrer dissolution ou quelque grand trouble au dit mariage, C’est pourquoy les Freres sont d’avis, sans passer plus avant, qu on se doit contenter des protestations susdites et du bon acord des parties.

13. Et sur l’apel interjeté de Pierre Candre et de Catherine sa femme, de la sentence de suspension publiquement prononcée par le Consistoire de Cantorbery, requérant n ’être contraint a satisfaction publique, mais pour le témoignage de leur repentance donné au Consistoire être admis a la Communion de l’Eglise, Atendu quil semble y avoir eu quelque precipitation en la dite suspension, pour n’avoir été les parties apelées au Consistoire depuis le fait prétendu, et que les parties disent maintenant n’être encore vérifiée, et pour autres considerations a ce les mouvans, A été avisé, que les dits Pierre et Catherine sa femme, donnant bon témoignage d’amendement de vie ils soyent admis a la pais de l’Eglise, laquelle sera avertie de leur dite repentance, sans qu’ils soyent contraints d’y être presens.

14. L’Article siziéme du Colloque tenu a Norwich, touchant les publications des, af aires politiques doresnavant a faire par autres que par les Pasteurs et Ministres, sera observé comme fondé en raisons solides et pertinentes, n’est qu’il soit question d’afaires mixtes et concernantes l’une et l’autre police ensemble résolus par deliberation commune des cors du Consistoire et des Politiques, et qu’on jugera apartenir a tout le cors de l’Eglise et non quelques particuliers seulement.

15. Les Freres Députez des Eglises raporteront chacun a leur Consistoire ce qui s’est, proposé touchant l’entreténement de deus jeunes Ecoliers, l’un fils de Monsr Nicolas Basnage l’autre de défunt feu Monsr Marie (tous deus Ministres a Norwich) et vouez par leur parens au s* Ministère s’il plaît a Dieu de les y apeler, et feront entendre leur resolution au Consistoire de l’Eglise de Londres.

16. Quant au fait de Mathieu Ploiart membre de l’Eglise de Norwich, qui est suspendu publiquement de la Cene pour quelques malversations par luy commises, On a été d’avis qu’il doit reconoître sa faute en presence, mais sans aucune specification du fait, et avec témoignage qu’il a satisfait a ses parties.

17. Pour le regard de certains propos tenus par Jaques Sarra au prejudice de l’honeur des Freres Ministres de cette Eglise, Dautant qu’en la presence tant des Députez des Eglises du Consistoire et des Diacres de ce lieu et des douze hommes convoquez, Il a desavoué les dits propos, et depuis requis la pais et amitié avec les dits Freres, A été avisé de se contenter de cette reconoissance, avec exhortation de s’étudier du tout et ses autres compagnons a ce qui est de la pais et utilité de l’Eglise.

18. A été avisé que les papiers et mémoires concernans les faits décidez en la présente Assemblée, seront consignez és mains des Freres Députez de l’Eglise de Londres, pour s’en servir en tems et en heure, en cas que besoin soit.

19. Item que la charge de la convocation du prochain Colloque sera donnée au Consistoire de l’Eglise de Hamp tonne, quand elle jugera par la communication avec les autres Eglises que l’utilité ou nécessité d’icelles le requerra.

R. Le Maçon Modérateur de l’Action.

Ph. De la Motte Scribe.

Les Articles du Colloque tenu a Londres, les 19, 20, 21, et 23e jours d’ Août, 1596.

Auquel ont assisté, les trois Freres Ministres et deus Anciens de la part de V Eglise de Londres,

Le Ministre et deus Anciens de celle de Norwich ,

Et le Ministre et un Ancien de celle de Cantorbery.

Apres l 'invocation du nom de Dieu , Monsr Jean Castel a été choisi pour president, et Monsr Samuel Le Chevalier pour écrire.

1. Les lettres des Freres de Hamptonne leues, par lesquelles ils s’excusent de leur absence, L’Assemblée a été d’avis de les admonêter de leur défaut.

Sur la Proposition faite par quelques particuliers de Norwich en écrit, Dautant que nous ne pouvons en absence conoitre le point de leur diferent, Nous jugeons en gros, Que l’afection de ces personnes, qui ont bon témoignage ne doit point être refroidie mais bien aprouvée, moyenant quelle soit reglee, et quil aparoisse qu’ils ne veulent pas être sages outre mesure. Quant est des Interpretations de Monsr Calvin et de Monsr De Beze, sur le premier chap, des Ephesiens verset 10e, nous les trouvous bonnes et saintes, suivant le sens de ces bons Peres : Toutefois la

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