LIVRE DES COLLOQUES
ou il y a diversité d’expositions, qui ne sont éloignées de l’argument du passage, ou contraires j aus Articles de lafoy, et autres sentences expresses de l’Ecriture ste, Il n’apartient a la modestie d’un Ministre d’en condanner aucune, qui aura juste fondement, et pourra édifier les consciences ; Que s’il en alegue et suit quelque autre qualifiée comme dessus, c’est aus particuliers de { l’accepter, et ne disputer point a l’encontre, Pour autant que la Parole de Dieu est riche, et corne l’experience nous manifeste les graces de l ’Esprit ne sont atachées aus tems et persones.
2. On tient qu’il n’y a passage aucun en l’Ecriture, ni regie anciene, pour la quelle les crimes qui sont conus a peu de personnes puissent etre rendus publics par les Consistoires, avec retranchements ou declarations de reconoissance, Et estime on que cela contrevient a la charité et bien de l’Eglise.
3. Par les remontrances et persuasions de la Compagnie, Monsr Basnage a promis de continuer jusques a la S* Jean son Ministère avec le Troupeau de Norwich, s’assujetissant toujours a la discipline ordre et reglement a luy et aus Anciens donnez és precedens Colloques,
Au bout du quel tems s’il veut retenir sa liberté, et ne se peut obliger avec plus grande asseurance a l’avenir, Il sera aussi en la liberté de l’Eglise de se pourvoir d’un Pasteur corne Dieu l’adressera, et qui puisse demeurer en la propriété d’icelle, pour éviter le peril que peut aporter l’incertitude : De peur que les uns et les autres ne soyent surpris, avec comunication amiable ils feront mutuelement entendre leur volonté trois mois auparavant. Ordre aussi a été pris, outre les avertissemens donnez de bouche aus Députez de la dite Eglise, qu’on doit écrire lettres par lesquelles elle sera exhortée de mi eus faire son devoir envers son Pasteur, pour suvenir aus nécessités et charges tant de sa personne que de sa famille, a ce qu’il soit induit de la servir avec plus de joye et alégresse.
4. Après avoir ouï la requête des Freres de Cantorbery a ceus de Londres, que Monsr Chevalier soit donné pour propre a leur Troupeau ; Aussi la déclaration que nous a fait le dit Frere du secours et amour que luy porte la dite Eglise, et de la volonté qu’il a de suivre l’avis de ses Freres de Londres ; Trouve l’Assemblée avec l’avis du Consistoire du dit Londres, qu’il n’est pas en la puissance d’iceluy Consistoire de quiter purement et absolument le Frere duquel il est question, parce qu’il apartient a tout le peuple, auquel il est obligé, et sans le consentement duquel on ne peut disposer de sa personne en cette maniéré : Bien aprouve elle le désir et afection qu’a le dit Consistoire de le laisser, autant que l’état de leurs Eglises le permetra ; Mais quand il aviendroit, ou bien par commun ordre il seroit conclu, de faire quelque changement de personnes de lieu en autre pour la nécessité des tems et autres raisons convenables, Ou bien que celle de Londres seroit destituée de Pasteur, Il sera en la puissance des dits Freres de Londres de la rapeler, et ceus de Cantorberi seront tenus de le restituer, Avec devoir que ceus la prometent défaire en ce cas qu’ils se joindront avec ceus cy selon leur moyen et puissance a ce que le Troupeau du Seigneur ne demeure dépourveu de Ministre. Semblablement, on a donné avertissement au Frere Ancien commis, que les gages que reçoit Monsr Chevalier ne sufisent point, tant pour la rigueur du tems que pour la charge de sa famille, et qu’on se doit autrement élargir envers luy, Pour lequel efet aussi on écrira lettres a l’Eglise au nom de la Compagnie.
5. Les Freres trouvent necessaire, qu’en nos Eglises pour l’édification d’icelles on suive la vielle version de la Bible ; non pas pour condanner la nouvelle, mais en atendant qu’icelle soit aprouvée du general des Eglises.
6. Thomas Bonnel Ancien de Norwich, s’est plaint pour un grief receu du Consistoire de la dite Eglise ; Apres avoir meurenfi pesé toutes les alegations réponses et répliqués des deus parts, avec la preuve d’un point particulier, et sur lequel une bonne partie du fait dont il est blâmé a son fondement ; Nous jugeons qu’il n’y avoit point de raison de le suspendre de la Cene, Prions le Ministre et Surveillans de lever le tort qui luy a été fait, en le recevant pour Frere, et le garentissant de difame envers ceus qui voudroyent metre quelque tache ou a luy ou a son ofice pour la suspension susdite ; Moyenant la promesse qu’il fait a la Compagnie, et confirme
en la presence des Députez de son Eglise, de vouloir continuer en son premier propos, qui est de se soumetre si sa partie le demande au jugement des gens de bien, pour le diferent des interets prétendus d’une part et d’autre. 141V102
7. On donnera avertissement public aus Eglises, que nul ne se doit atendre désormais a avoir témoignage pour partir d’un lieu en un autre, encore moins d’obtenir l’asistance des F reres Diacres, sinon qu’il expose premièrement ses raisons au Consistoire pour avoir aprobation de son dessein : Et en cas que quelcun échape quitant sa femme et enfans, Les Eglises en donneront avis les unes aus autres, et les particuliers vers lesquels ils se retireront seront admonêtez de ne leur faire aucune asistance ; Même tels coureurs et faineans seront déferez au Magistrat, afin d’être châtiez selon leurs démérites.
8. Les Eglises étant exhortées d’entretenir quelques Ecoliers pour servir au Ministère, quand Dieu les aura rendus propres, pour cet efet, Contribution generale se fera pour fournir aus frais de ceus qu’on pourroit aquerir et se voudroyent obliger au service de nos Eglises : Dautant qu’a cette ocasion Monsr Basnage a ofert son fils déjà avancé és bonnes lettres, aussi tôt qu’on aura aperceu le devoir que feront les Eglises, Le Consistoire de Londres a la charge de pourvoir au fait d’iceluy.
9. On écrira au prochain Synode de France, a celuy aussi de Holande et Zelande, pour rafrêchir la mémoire de l’union que nous avous avec eus en Doctrine et gouvernement de l’Eglise.
10. L’Eglise de Norwich aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée du Colloque, quand elle jugera par la Comunication avec les autres Eglises que l’utilité ou nécessité d’icelles le requerra.
Jean Castel Modérateur de l’Action. Samuel le Chevalier écrivain.
Les faits particuliers.
11. Pour les témoignages qui doivent être donnez a ceus qui partent des Eglises endettez, on suivra l’Article cinquième du Colloque de Hamptonne 1586.
12. Les lettres d’Anthoine Doneau ont été leuës, pleines d’injures atroces contre le Consistoire de Norwich et particuliers d’iceluy ; Et dautant qu’il est absent, et ne faut recevoir acusation contre l’Ancien que sous deus ou trois témoins, encore moins contre l’Eglise, Cependant le dit Anthoine ne produit aucune preuve de son dire, Les Freres, apres avoir fait sortir le Ministre et Anciens de Norwich, ont réprouvé les dites lettres difamatoires, avec charge qu’ils donnent au Consistoire de faire quelques devoirs envers luy pour l’amener a raison et reconoître ses fautes, savoir son ingratitude envers le Ministre, nonobstant ses moyens, et l’opiniâtreté en laquelle il persiste de s’oposer a l’election d’un Ancien sans fondement, et son mépris de tout ordre et remontrance, qui sont choses de très mauvais example : En cas qu’il n’obtempere a la seconde et troiséme admonition, liberté est donnée aus Freres de le suspendre publiquement, pour plus grande censure, et ôter le scandale qu’il donne.
13. Les Freres de Norwich ayant demandé conseil comment ils se doivent gouverner envers certaines personnes qui voudroyent opiniâtrement maintenir une acusation par eus faite contre un de leurs freres sans preuves ; Et nonobstant plusieurs devoirs faits par le Consistoire a leur persuader qu’ils se tienent cois, d’autant que nulle chose ne peut être établie que sur la parole de deus ou trois Témoins, et qu’a faute de Témoignage il faut qu’ils ayent la bouche fermée, remetant le jugement et manifestation de ce qu’ils se disent conoître a la providence de Dieu, dêmeurent toujours obstinez, et ne veulent s’assujetir au jugement de l’Eglise : La Compagnie est d’avis que telles gens après avoir été apelez deus ou trois fois au Consistoire, soyent