LIVRE DES COLLOQUES
retranchez en public pour donner example, s’ils ne veulent reconoître et se repentir de leur désobéissance et étourdissement d’esprit, contraire a tout ordre de justice.
14. Avis est donné aus Freres de Cantorbery, que Jehanne Gresset abandonnée de son Mari il y a onze ans, ne peut avoir liberté de se remarier, nonobstant les recherches et enquêtes par elle faites tant deçà que. delà la mer, Sinon qu’elle donne a conoître au Magistrat la desertion, et obtiene de îuy puissance de faire secondes noces : Cependant pour faciliter le tout avec plus grande asseurance, l’Eglise de Cantorbery doit écrire aus Freres de Diepe et autres, pour faire les demieres enquêtes du susdit personage.
15. On donnera conseil a la femme de Jean Baudin d’aller en Holande, pour prouver l’ adultéré incestueus de son Mari devant le Magistrat du lieu, auquel il est, et se servir du benefice des Lois du dit païs, pour raisons peremptoires.
16. Sur lapel interjeté par Pierre Chamberlan l’aîné, de la sentence contre luy donnée par le Consistoire de Londres, Le Colloque juge que le dit Pierre Chamberlan doit reconoître sa faute publiquement ; Ce qu’il a promis de faire, Mais pour quelques considerations les Freres prient que la reconoissance d’iceluy soit diferée jusques a un mois, contant de Dimanche prochain.
COLLOQUE XIV. HAMPTONNE, 1598.
Les Articles du Colloque tenu a South- Hamptonne, le 18, 19, et 20' de May 1598. Auquel ont asisté,
Monsr De la Fontaine Ministre, et Monsr Hardret Ancien, pour V Eglise de Londres,
Monsieur Mignot Ministre, et Monsr Paumier Ancien, pour T Eglise des Verreries,
Monsr Capel Ministre, et Jean W atelier Ancien, pour V Eglise de Norwich,
Monsr Chevalier Ministre, et Laurens Des Bouries Ancien, pour V Eglise de Cantorbery ,
et Monsr De la Motte Ministre, et Jean Herçant Ancien, pour T Eglise de Hamptonne.
Après T invocation du nom de Dieu, Monsr De la Fontaine a été éleu pour présider, et Monsr Chevalier pour écrire.
1. . Sur l’apel interjeté par les freres Claude Montonnier absent, et Jean Catelain, Anciens de 1 Eglise de Hamptonne, et Vincent Nérin Diacre en icelle, et Richard Robert particulier, envelopé en la faute des susdits, apelans de la sentence de suspension tant de leurs charges que de la Comunion, La Compagnie ayant meurement considéré les plaintes et defenses tant d’une part que d’autre, A aprouvé la sentence du Consistoire, et moyenant la reconoissance des susdits presens les a reconciliez avec leur Consistoire, et receus a la pais de l’Eglise, comme apert par la publication qui en a été faite devant la face de l’Eglise, selon la forme écrite a la fin des Actes presens.
2. . Pour éclaircir l’Article 8me (9me) du Colloque tenu a Cantorberi, en l’an 1584, a été avisé ce qui s’ensuit. Pour les grands scandales et ordinaires, qui se trouvent par les Eglises, contre
COLLOQUE XIV, HAMPTONNE, 1598.
la sainte Institution du Mariage, en ce que plusieurs hommes et femmes se séparent les uns des autres sans aucune authorite et cause sufisante, ains seulement pour servir a leurs débauches, et s’adonner a oisiveté, en méprisant le soin de ceus que Dieu leur a commis en charge, ou autrement par opiniâtreté, La Compagnie est d avis, que par toutes voyes de remontrances et censures on doit pourvoir a ce que telles separations ne soyent tolérés, jusques a user de suspensions publiques et avertissemens aus Eglises les unes aus autres, ou même au Magistrat entant que besoin sera : Laissant toutefois a la prudence des Consistoires, de bien et meurement examiner les raisons que peuvent avoir les parties, et de quel coté provienent les fautes de telles separations.
3. Lettres ont été leuës de la part des Freres de l’Eglise de Caen, concernantes le Sieur ülaude Montonnier et sa feme, lesquels ils ont admis a la Communion, nonobstant la suspension qu il y a contre eus, dont les raisons leur avoyent été sufisamment déclarées par le Consistoire de cette Eglise, A été avisé de leur écrire, et faire entendre l’inconvenient qu’on remarque en telle procedure, au prejudice de l’union conformité et aide mutuele en l’exercise de la Discipline : A quoy aussi sera ajouté une copie de ce qui a été icy arêté touchant les causes de suspension, et autres censures prononcées contre le témoignage signé par le dit frere Montonnier, et les depositions faites par sa femme et autres qui luy ont été conjoints.
4. Quant a Thomas Grand et Daniel Seulin, a été trouvé bon d’atendre l’issue et ^termination de nos Trehonorez les Seigneurs du Conseil, puis que leur cause n’est encore du ■out vuidée.
5. Sera écrit aus Freres de l’Eglise de la Rochelle, touchant le comportement de Guillaume Tierry lors qu’il a été par deçà, de son depart sans aucune décharge de sa vocation de Diacre, >t notament des lettres difamatoires contre le cors du Consistoire et membres particuliers biceluy, lesquelles seroyent venues jusques es mains du Magistrat de cette ville de ÏÏamptonne, pour se servir de cette avertissement selon leur prudence et selon que porte union qui doit être entre les Eglises.
6. Catherine, femme de Vincent Nerin, et Françoise Veuve de Jean Beule, ayant reconu ue par surprise et mégarde elle s’étoyent oubliées en certains depositions tendantes au grand Marne des Freres Ministres et quelques Anciens de l’Eglise de Hamptone, ont été reconciliées us dits Freres, et receues a la Comunion de la Cene, selon la declaration sous mentionnée.
7. Quant a Marie femme de Jean Catelain, et Sara femme de Daniel Seulin, lesquelles par eurs depositions fausses et autres blâmes se seroyent immiscées aus troubles survenus en cette église, sans avoir voulu aquiescer aus remontrances serieuses a elles faites par les Freres ssemblez au Colloque, Le Consistoire, par ordre de cette Compagnie, a charge de procéder
3n^e ?.lles Par toutes censures legitimes, corne apert par ce qui en a été publié devant la face e 1 Eglise.
8. Rachel femme de Guillaume Tierry, ayant aquiescé aus remontrances des Freres du olioque, pour reconoitre ses mauvais propos et actions scandaleuses, a été reconciliée avec les reres du Consistoire et admise a la Cene, avec charge de se contenir en son devoir corne apert ir la publication faite.
9. Le Frere Philipe De la Motte ayant requis la Compagnie de pourvoir cette Eglise î Pasteur, pour être révoqué par authorité du Synode de Holande et destiné a l’Eglise d’Aix
chapelle, a quoy aussi il a donné son consentement, Les Freres ont jugé ne luy devoir donner apêchement en cette vocation, encore qu’ils eussent bien désiré que les Freres du dit Synode ' Holande eussent eu plus d egard a cette Eglise, A laquelle pour donner plus de loisir de se rarvoir, Il a été requis et a acordé de donner encore tems de se pourvoir devant son depart . sques au premier jour de Septembre, Auquel tems la Compagnie juge être raisonnable de