LIVRE DES COLLOQUES
et mécontentement entre les Eglises qui doivent être très unies, A ce qu’a l’avenir tels desordres soyent empêchez, comme nous les évitons de notre part. Et Monsr De la Fontaine prendra la charge pour la France, et Monsr De la Motte pour les Païs bas.
5. Sur la Proposition faite par le Frere Monsr Chevalier, tendant a sa décharge ou soulagement en l’Eglise de Cantorbery ou il a servi, Apres avoir diligemment entendu et examiné les raisons tant de luy que du Frere Ancien de la dite Eglise, A été avisé de communiquer de ce fait au Consistoire de l’Eglise de Londres, pour puis aprez en résoudre plus amplement.
6. Aprez laquelle comunication a été avisé, qu’outre les lettres qu’écriront ceus du Consistoire, Le Frere Chevalier sera exhorté de suporter et s’acommoder tant qu’il pourra a la dite Eglise, et Elle semblablement de le soulager, notamment és charges qui proprem* ne convienent a son Ministère, Et de pourvoir au reste a l’entretenement honête de luy et de sa famille.
7. Les Eglises seront averties, lors qu’elles choisiront leurs Députez pour être envoyez aus Colloques, de faire prendre garde aus Articles décidez aus Assemblées precedentes, afin de ne faire rien proposer des choses lesquelles auparavant auront été décidées : Et pour faciliter ce conseil, Le Frere De Laune est requis de digerer les Articles des susdits Colloques en forme d’indice des matières principales qui y sont contenues.
8. Par avis commun a été trouvé bon et necessaire de saluer sa Majesté au nom de toutes les Eglises étrangères réfugiées en divers endroits de ce Royaume, par les Ministres et Anciens de present Députez en ce Colloque, joints avec les Freres de l’Eglise Flamende de Londres, et implorer sa faveur et bienveuillance envers les dites Eglises, pour les conserver a l’avenir sous sa Protection, en la même liberté et privileges dont elles ont joui jusques a present, tant pour le regard de leur profession et ordre en la Religion, que pour leurs marchandises et manufactures : Ce qui s’êtant exécuté, le lundy 23e de ce mois de May, Sa Majesté a receu fort benignement les dits Députez, avec promesses gracieuses de maintenir et conserver les dits étrangers en toute liberté, selon que et la proposition et la réponse de Sa Majesté sont plus amplement exprimées es écrits que les Freres en remportent chacun en son Eglise, outre ce que de bouche ils en pourront declarer eus mêmes.
Les Articles particuliers du dit Colloque.
9. Quant au fait proposé par les Freres de Cantorbery, touchant Philipe De Kerle, Les Freres sont d’avis que les témoignages par luy produits soyent comuniquez aus Freres de l’Eglise Flamande de Sandwich : Et en cas qu’ils se trouvent véritables, ses annonces étant publiées selon l’ordre sans qu’il s’y trouve aucun empêchenfi qu’on procédé au Mariage lequel il requiert.
10. Les Freres de l’Eglise de Londres sont priez, quand ils verront le tems propre pour confirmer les privilèges et Liberté des Eglises, de leur en donner avertissement : Lesquelles aussi en cas de quelque nouvel empêchement ou moleste qui leur seroit faite, en donneront avis aus dits Freres.
11. Sur la proposition faite par les Freres de l’Eglise de Norwich, touchant Pierre Truye, et Nicolas De Corte, atendu qu’ils se sont séparez de L’Eglise de Norwich par refus opiniâtre du devoir auquel ils étoyent obligez pour l’entreténement de l’Eglise, méprisans et l’exhortation du Consistoire et l’authorité de My Lord l’Evêque, en quoy ils ont persévéré jusques a present, L’Avis de la Compagnie est de procéder a l’encontre d’eus jusques a dénonciation de leurs fautes, pour lesquelles on ne les peut plus tenir membres de la dite Eglise : Comme aussi en general en pareil cas, les Freres sont d’avis, et pour le fait en soy, et pour la consequence, apres
tous autres devoirs particuliers faits, de les séparer de la Comunion, avec avertissement si besoin est qui en sera donné a Mess™ les Evêques en leurs Dioceses, et aus Eglises et Magistrats et Paroisses angloises qui les reçoivent.
12. Le fait du Frere Oste Mesman étant examiné, et par ses paroles et par ses écrits par luy produits, Les Freres ont avisé qu’il aura a reconoître qu’il a mal fait, et contre le devoir d’un Chrétien, de n’avoir en toutes sortes recherché les moyens de reconciliation, et suivi ceus qui luy ont été présentez, Comme aussi sur tout de s’être par ce moyen séparé si long tems de la Communion, declarant avoir vraye repentance de ses fautes passées, Et priant les Freres, lesquels en quelque sorte il pourroit avoir ofensé de parole ou autrement, d’admetre sa reconciliation, et toute l’Eglise de le reconoître pour Frere.
13. Aprez avoir ouï en deus Propositions le Frere Timothée Blier, avec grand contentement de tout ceus qui l’ont ouï, et bonne esperance pour l’avenir, Veu la declaration qu’il nous a
| faite de son bon vouloir a poursuivre ses études, et sa resolution au service des Eglises qui l’entretienent ; Apres avoir aussi entendu les raisons et la resolution des Freres de l’Eglise de Londres, resignant tout le droit au dit Frere aus trois Eglises de Cantorbery Norwich et Hamptonne, pour être employé par leur avis au lieu ou la nécessité le requerra davantage ;
; C’est pourquoy les trois Eglises se sont résolues a continuer son entreténement, jusques a ce que moyenant le grace de Dieu il soit rendu capable de servir a Dieu et a Son Eglise : Aprez quoy les dites trois Eglises de notre langue, conjointes avec celle de Londres, se sont résolues ensemble de continuer de tems en tems, autant que leur puissance s’étendra, l’entretenement d’un écolier ainsi dédié au service des dites Eglises, selon que par jugement commun elles le jugeront necessaire.
14. L’Eglise de South-Hampton aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée, lors quelle en conoîtra par communication avec les autres Eglises des raisons sufisantes.
LIVKE DES COLLOQUES.