‹ Les actes des colloques des églises françaises et des synodes des églises étrangères refugiées en Angleterre, 1581-1654Chapitre 31 sur 77 · LIVRE DES COLLOQUES · texte numérisé non relu

LIVRE DES COLLOQUES

autrement contre toutes remontrances desordonnez en leur vie, se mettent en avant pour presenter eus mêmes leurs enfans ; Les enfans seront bien receus, mais avec avertissement même en public au Pere, que pour se rendre capable de se bien aquiter de ce devoir, il doit le premier reformer sa vie, pour être en example a ses enfans de vraye foy et repentance.

22. La complainte de la Veuve du défunt Monsr Marie touchant son entreténement, ayant été représentée aus Freres assemblez en Colloque par la bouche de Monsr Marie Pasteur de l’Eglise de Londres son fils, avec grand nombre de raisons tendantes a faire paroir l’obligation des Freres de l’Eglise de Norwich envers la dite Veuve : Ouïes aussi les raisons proposées au contraire par les Freres Députez de Norwich ; La Compagnie a été d’avis, en jugeant les dites remontrances etre toutes considerables et de grand pois, et portant prejudice pour toutes les Eglises et la continuation du dit Ministère entre icelles, que les dites Raisons seroyent déduites par écrit par le dit Frere Mons1' Marie, et représentées en la Compagnie des Freres, Puis par eus elles seroyent envoyées aus Freres de l’Eglise de Norwich, avec prières très, instantes, répétées par les lettres qui leur en seront écrites de la part de toute cette Compagnie de les bien et meurement considérer et mettre en efet, pour le soulagent de la pauvre Veuve, de laquelle l’êtat est autrement déplorable et destitué de toute aide : Veu que notanfi pour les raisons susdites et autres très considerables, nous ne pouvons autrement juger sinon que la dite Eglise est obligée a ce devoir, atendu le fidele service que leur a été fait par le frere défunt Monsr Marie, et la juste vocation et aprobation de la dite Eglise touchant son Ministère, auquel il a continué jusques au dernier soupir de sa vie.

Et en general, pour éviter a l’avenir toutes doutes et dificultez sur faits semblables, Les Freres sont d’avis, suivant ce qui est aussi pratiqué selon la Discipline des Eglises de France, Que lors qu’un frere Pasteur viendra a deceder, ayant continué au service de quelque Eglise jusques a la mort (ores qu’il n’y eût point d’apropriation formelle et absolue) qu’en ce cas les Eglises ausquelles ils auront servi seront tenues de l’entreténement de leurs Veuves et familles.

23. L’Eglise de Londres aura la charge de convoquer la prochaine Assemblée du Colloque, au tems et lieu que par l’avis des autres Eglises elle l’entendra être necessaire.

R. Le Maçon De la Fontaine.

Timothée Blier.

Actes du Colloque des Freres des Eglises Françoises réfugiées en Angleterre, tenu a Londres, le 7e de Septembre Tan 1615, sous la Protection du trespuissant Roy de la grande Bretagne Jaques premier de ce nom, Auquel ont comparu,

Pour T Eglise de Landres, Les Freres Monsr Cappel Ministre, et le Sieur Pierre Beauvoir Ancien.

Pour V Eglise de Cantorbery , Monsr Le Chevalier Ministre, et le Sieur Guillaume Santhune Ancien.

Pour T Eglise de Hamptonne, Monsieur Blier Ministre, et le Sieur Jean Clungeon Ancien.

Auquel, après Vinvocation du nom de Dieu, Monsr Cappel a été deu pour modérer V Action, et le Sieur Pierre Beauvoir pour écrire.

1. L’Eglise de Londres nous ayant fait savoir, que le bon plaisir de sa Majesté est. qu’on prêche en nos Eglises la Passion du Seigneur le jour du Vendredi devant Pâque, et qu’on célébré la sainte Cene le dit jour de Pâque, nous avons trouvé bon de nous conformer en toutes nos Eglises a l’observation de l’un et de l’autre.

2. Quant aus desordres qui se commetent és Arêtements, l’avis des Freres est, que s’ils sont pauvres a l’aumône de l’Eglise qui les cometent, faisant des Arêtemens pour paroles injurieuses ou petites dettes, l’aumône leur sera retenue selon la discretion des Diacres ; Et quant aus autres Delinquans, ils seront admonêtez et censurez selon l’exigence du fait.

3. Les femmes qui se séparent de leurs Maris, et les Maris de leurs femmes, seront suspendus publiquement, n’est que Suivant la parole de Dieu ils se veulent réunir les uns avec les autres, ayans été admonêtez de ce faire.

4. Il a été avisé de répondre a la lettre adressée au Colloque de la part de l’Eglise de Delf, écrite en faveur de Jacob Sénéchal, touchant le Testament de son défunt frere Abraham, pour faire entendre en quoy la dite Eglise s’est méprise, écoutant les complaintes d’une part a l’encontre de plusieurs Eglises, sans avoir entendu cornent s’est passé ce qui le concerne que de sa bouche.

5. L’Article 20e du Colloque precedent ayant été comuniqué aus Consistoires particuliers, on a trouvé trop de difficultez a le mettre en pratique.

6. Quant a l’Article pénultième de la Discipline, qui concerne les Ministres et Anciens qui doivent avoir vois aus Colloques, Est avisé qu’a l’avenir il est expedient pour rendre l’Assemblée plus complete et authentique, que tous les Ministres de l’Eglise ou sera convoqué le Colloque auront vois non seulement deliberative mais aussi definitive, excepté en cas que cela pourroit être prejudiciable a aucunes des Eglises.

7. Proposition ayant été faite, d’un ordre a observer constamment en la Convocation de nos Colloques pour le futur, On a trouvé necessaire de s’assembler en même tems que les Eglises

Flamandes, assavoir de trois ans en trois ans, afin qu’en faits d’importance on se puisse aider de l’avis les uns des autres, Surquoy on atendra réponse des dites Eglises Flamendes : Toutefois, en cas qu’il se présentât juste ocasion de convoquer un Colloque extraordinaire, la Convocation se pourra faire, Nos Eglises signifiant reciproquenfi les unes aus autres les causes principales de la dite convocation deus mois auparavant, pour aviser a l’aprobation comune de la dite convocation extraordinaire.

8. La Question ayant été proposée touchant la celebration d’un Jûne, a cause des troubles qui comencent a se remuer en la France, A été avisé que les choses étant encore incertaines on atendra quelles soyent plus certaines, afin qu’avertissement étant donné a toutes les Eglises en tems convenable, elles puissent se joindre ensemble a la celebration d’iceluy.

9. L’Eglise de Norwich ayant été sommée, comme chacune des autres Eglises, d’envoyer ses Députez au Colloque, et n’y ayant obtempéré ; on a trouvé bon de leur faire une remontrance et Censure fraternelle, nonobstant leurs lettres du 18e d’Août et du 4e de Septembre envoyées pour leur excuse ; Les raisons de leur absence y contenues étant jugées insufisantes.

10. La même Eglise ayant défailli de son devoir envers Madame Marie, pour n’avoir suivi l’ordre donné par le Colloque precedent porté en l’Article 22e, sera derechef sommée par lettres d’acomplir le contenu du dit Article, et de peser les raisons qui leur ont été écrites du passé, Yeu notament la complainte que la dite Madame Marie en a faite a la présente Assemblée, et le très grand mécontentement que toutes les autres Eglises en reçoivent.

11. En outre la dite Eglise de Norwich est exhortée de se conformer aus autres Eglises, en la reception des pauvres familles ou personnes qui se retireront vers eus avec bon témoignage d’Eglises.

12- L’Eglise de Cantorbery ayant demandé avis corne elle procédera a l’endroit de Jaqueline femme d’Anthoine Blondeau, laquelle n’a voulu suivre ce qui avoit été ordonné és deus precedens Colloques ; A été trouvé bon, veu qu’il y a si longtems que la faute a été commise, qu’on la laisse rechercher elle même la pais de l’Eglise.

13. Sur l’Apel interjeté d’Anthoine Le Keux, a raison de ce que le Consistoire de Cantorbery le vouloit ranger a reconnoissance publique d’absence pour ses malversations, Le dit Anthoine étant comparu devant les Freres assemblez, et enquis s’il se vouloit tenir a l’avis du Colloque, a répondu qu’il etoit content de ce faire, moyenant que premièrement on voulût aviser a quelques plaintes qu’il avoit a faire contre son Pasteur Monsieur Le Chevalier : Luy a été dit et réitéré, qu’il faloit premièrement vuider ce qui étoit de l’Apel, et juger si le Consistoire auroit eu fondement d’exiger de luy telle reconoissance de faute ; Aprez, s’il avoit quelque plainte contre son Pasteur seroit ouï; Ce qu’il a refusé autant de fois qu’il a comparu au Colloque ; A raison de quoy avis a été donne au Consistoire de Cantorbery (veu notament son comportement insolent devant l’Assemblée du Colloque) qu’il pourra procéder contre le dit Anthoine a suspension publique, en cas qu’il ne se range a la dite reconoissance d’absence, Ou que le dit consistoire ne juge convenable de procéder autrement contre luy.

14. L’Eglise de Hamptonne ayant fait entendre son insufisance au regard de l’entretenement du Ministère en icelle ; Le Colloque n’a peu trouver moyen d’y suvenir présentement : L’Eglise de Cantorbery s’étant excusée sur ses grandes charges et pauvreté, l’Eglise de Norwich s’étant absentée, Et l’Eglise de Londres ayant bien la volonté et resolution de contribuer quelque chose, mais sans aucune aparence de pouvoir seule suvenir au defaut ni même de continuer.

15. Sur la Proposition faite touchant la fraction du pain en la sainte Cene, 1 Avis est que la

dite fraction du pain étant une Action apartenent proprement au Ministre, qu’a l’avenir ii ne sera rompu ou coupé par aucun autre que par luy ; Et qu’il le pourra faire en tems convenable, pour ne rendre l’action plus longue : Et au reste qu’on innovera rien en la forme par cy devant observée en la distribution.

16. Corne ainsi soit qu’êtans assemblez ou nous ait proposé une plainte contre le Consistoire de l’Eglise de Londres, pour avoir prohibé les Mariages le jour du Dimanche ; Quoy que Approuvions la procedure des plaintifs, pource qu’ils ont eu recours au Colloque devant de setre adressez au consistoire ; Neantmoins quant au fait nous jugeons que la dite Eglise s’étant en cela conformée a l’Eglise Flamende, et ayant les raisons que nous avons entendues, que c’est le devoir de chaque personne particulière membre d’icelle Eglise de s’assujetir a ce qui est ainsi ordonné par le consistoire.

17. L’Eglise de Hamptonne aura la charge de convoquer le prochain Colloque, observant les conditions contenues en l’Article 7e de ce Colloque.

Aaron Cappel Ministre.

Pierre Beauvoir Ancien.

COLLOQUE , XXL NORWICH 1619.

Les Actes du Colloque des Eglises Françoises, réfugiées en Angleterre , tenu a Norwich, le 9, 10, et suivans, jusqu'au 2D di Avril, 1619, style d' Angleterre, sous la protection du Trespuissant Roy delà Grande Bretagne <&c, Jaques premier de ce nom ; Auquel ont comparu,

Pour V Eglise de Londres, les Freres Monsr Abraham Aurelius Ministre , et le Sieur Philipe Serrurier Ancien.

P our l'Eglise de Norwich, Monsr Pierre De Laune Ministre, et le Sr J ean Desmarets Ancien.

Pour l'Eglise de Cantorbery, Jean Bulteel Ministre , et le Sieur J ean de B ever Ancien.

Pour l’Eglise de South-hamptonne, Monsr Elie D'Arande Ministre, et le Sr Jean Hersent Ancien.

Premièrement aprez l'invocation du nom de Dieu , Monsr Elie D'Arande a été éleu pour modérer l'Action, et Jean Bulteel pour écrire les Actes.

1. . Sur la lecture des Articles du Colloque precedent, tenu a Londres le 7e de Septembre et es suivans, 1615, a ete résolu, Premierem1 touchant l’Article 5e, que la deliberation de ce qui y est contenu sera remise au Colloque prochain.

2. Sur 1 Article 7e, Proposition ayant été faite d’un ordre a observer constamm* en la Convocation de nos Colloques pour le futur, On a trouvé bon et necessaire pour tant mieus entretenir 1 union de nos Eglises, de s’assembler de deus ans en deus ans, et ce a Londres, n’est que la nécessite requiere que le Colloque se tiene ailleurs et plutôt, selon ce qui est contenu au dit article.

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