COLLOQUE VL. RYE
Les Actes generans du Colloque des Eglises de la langue françoise, tenu a La Rye, le 15" et 16" jour de Septembre Anno 1587.
Auquel ont assisté ,
Pour V Eglise de Londres , Un Ministre et un Ancien,
Pour celle de Cantorbury, Un Ministre et un Ancien ,
Pour celle de la Rye, Les Ministres et un Ancien,
Pour celle de Hamptonne, Un Ministre et un Ancien,
Pour celle de Winchelsay, Un Ministre et un Ancien,
Celle de Norwich a défailli,
Apres T invocation du nom de Dieu, Monsr Cartaut fut choisi \ pour présider en V Action.
1. Pour éviter plusieurs frais et incommoditez des Eglises, la Compagnie a arêté que doresnavant le Colloque sera assemblé a Londres, d’an en an, environ le tems de la Saint Barth elemi, Sans le tirer a consequence a l’avenir, et sans préjudicier a la liberté des autres Eglises, qu’elles ne puissent requérir que pour quelques ocasions le lieu soit changé. Comme aussi l’avertissement du jour d’icelle Assemblée sera donné par icelles Eglises, l’une apres l’autre, et chacune a son tour. Pour l’année prochaine, telle charge est donnée a l’Eglise de Londres.
2. Touchant ceus qui vont en France, et puis retournent, Si on les doit tous indifferement apeler au Consistoire, pour raison des promesses et abjurations que l’on requiert d’eus, A été avisé que inquisition doit être faite au préalable par l’Ancien du quartier, du comportement de ceus qui seroyent nouvelement revenus, Et que ceus desquels on pourroit avoir quelques conjectures probables, qu’ils ayent commis quelque acte dérogeant a la vraye pieté, ou de fait, ou de parole, Iceus seront apelez. Et quant aus autres, des quels on ne pourra avoir telles conjectures, seront épargnez apres leur protestation. Cependant les Anciens veilleront soigneusement sur ceus qui font tels voyages.
3. L’ordre observé aus Eglises de la langue françoise de ce Royaume, pour recevoir des Marreines au batême des enfans, sera gardé. Et quant aus Eglises qui n’ont receu cet ordre jusques a maintenant, l’on avertira ceus qui le voudront introduire de s’en désister, Mais s’ils persistent a cela seront receus.
4. Ceus de la langue françoise qui n’entendent point la langue Angloise, seront avertis de ne se presenter au Batême d’un enfant anglois pour répondre de l’instruction de l’enfant, Et de ne prier aussi les Anglois, qui n’entendent la langue françoise, pour servir de Parreins a leurs enfans.
5. Charge est donnée a Monsr Cartaut, d’écrire aus Freres du Consistoire de Londres, pour les prier de vouloir accepter la conoissance de la cause de Mr Cardin Mignot, requérant en cette compagnie son rétablissement au Ministère, Et que l’avis d’icelle est, que cette afaire doit être vuidée par les dits Freres de Londres, apelans avec eus quelques Freres Ministres de Normandie, et spécialement de la Classe de Caulx. Le Frere Mire Ancien a la Rye, dressera mémoire pour informer les dits Freres de ce qu’il a conoissance luy avoir ete raporté a Rouen pour cette afaire, Et cependent les Freres Mr Castel et La Mothe avec leurs Anciens seront requis d’aler a Winchelsay, pour consoler le Frere Mignot, et luy faire entendre 1 avis de la Compagnie, et l’ouir de vive vois pour en faire raport
6. Désormais, es Assemblées des Colloques, Le Ministre qui aura preside en 1 Assemblée
precedente, fera la priere, ou au defaut d’iceluy Le Ministre du lieu, Apres laquelle se fera election d’un President et d’un Écrivain.
7. Sur la Proposition faite pour les comtes des deniers des afaires de l’Eglise, si le peuple y doit être apelé, La Compagnie est d’avis qu’il sufit que les Anciens et Diacres soyent convoquez aus dits Contes, et non le peuple, ensuivant ce qui est porté au 17e Article du Colloque de Canterbury.
8. L’on ne nommera point aus Délinquants apelez au Consistoire le nom des témoins par lesquels on a vérifié leur faute, sinon en chose de grande importance, et pour plus vivement les convaincre, dont le dit Consistoire jugera avec meure et grande deliberation.
9. Les Ministres de la- langue françoise de ce Royaume, qui ont été receus en charge devant les derniers troubles de France, ne pourront départir de leurs Eglises sans en avoir premièrement communiqué au Consistoire, et puis au Colloque, s’il se peut. Mais au cas que le Colloque ne s’assemblât si tôt, et que le Ministre ne fût assisté pour l’entretenement de luy et de sa famille par son Eglise, ou par autres voisines qu’il auroit a cette fin requises et sollicitées, En ce cas il demeurera en sa liberté.
10. Les Eglises esquelles les Ministres auront servi, auront soin de nourir et entretenir les Veuves et Orfelins des dits Ministres, s’ils en ont besoin, pour quoy faire Les Consistoires pourvoiront diligemment a ce qu’ils ne soyent mis au Catalogue des pauvres.
11. Les Consistoires seront requis de revoir et considérer diligemment les Articles de la Discipline, pour venir par eus préparez au Colloque prochain, pour en faire une entière resolution et la metre au net.
Articles generaus du Colloque tenu a Londres, des Eglises de la langue françoise, Les 6" et 7e de Septembre, 1588.
Auquel ont asisté, pour V Eglise de Londres, deus Ministres et un Ancien.
Pour Norwich, Un Ministre et un Ancien.
Pour Cantorbery, Un Ministre et un Ancien.
Pour Hamptonne, Un Ministre et un Ancien.
Pour La Rye, Un Ministre et un Ancien.
Pour Winchélsay, Un Ministre.
Et pour gouverner la dite Action, apres T invocation du nom de Dieu, Le Frere Monsr De Liques Ministre fut éleu pour présider, et Phïlipe De la Mothe Ministre pour écrire.
1. La remontrance qui auroit été faite au Frere Piere Ramier, de se trouver au Colloque, luy sera faite derechef par les Ministres de Londres, au nom de cette compagnie, A ce qu’a 1 avenir quand telles Assemblées seront il ait a s’y trouver.
2. Sur la Proposition faite par les Freres de Cantorbery, a été trouvé bon, qu’aus