CHAPITRE XVIII
Le dernier refuge quon d trouué est de fayre la guerre ce quon a faicî.
— ^^'Ouï amsi que nous lisons en
"%rEuangille de noslre Seig^ [(lî^que Satan se voyant pressé 'd'icelluy, et qu'il luy falloit , abandonner et sourtir hors du jcorps du demonyacle, a faict tous ses effors à nuyre à la poure créature ; aussi les Prebstres et Chanoynes de Geneue, voyans leur ruyne approuscher, se sentans fort pressés de la parolle de Dieu qu'on preschoit dans Geneue, ont imaginé le tiers et le dernier refuge, pour destruyre la ville et les fidelles d'icelle, qu'est de leur fayre la guerre. Se sont milz à fayre préparations d'aultres nouuelles traysons, et de se adjoindre à l'Euesque et aux aultres cnnemys de Dieu et de la ville, mcttans en clYect les fruiclz qui suiuent la guerre. Sur quoy incontinent après, et en icelle année (1o34) le Duc de Sauoye, voullant entrer en
106 Actes et Gestes meruellleux
guerre conlre eulx, fisl grandes guerimonyes et remonstrances à la Seigneurie de Berne contre ceulx de Gcneue, leur proposant plusieurs articles, tint vne grande lournée, en sa ville de Thonon, cinq lieues près de Geneue, en laquelle conuocqua tous ses Prelalz , et Ambassadeurs de tous les Suysses, auxquelz, en gênerai, furent faictes de grandes guerimonyes, comme dict est, à rencontre de ceulx de Geneue , comme par plusieurs foys auoit desia faict en tant de lournées, qu'il auoit tenu quasi par tous les Cantons de Suysse; mais tout ne luy proffita que à sa confusion.