CHAPITRE XX
La demande du Duc de Sauoye à ceulx de
Geneue, pour bien de paix, et pour
eidter la guerre.
Ombien que le Duc de Sauoye heust conclus, auec ses Prelatz et Genlilz hommes , de fayre la guerre au nom de l'Euesque de Geneue , si est ce qui le tenoil secret, feignant n'en rien scauoir : et tenoit bonne mine, (comme est sa coustume,) es Ambassadeurs Euangelistcs de Suysse, ses amys pour lors et alliés; leur donnant entendre que ne demandoit que paix et amytié auec tous hommes ; affin qu'ils n'eussent nul suspicion sus luy, mais il auoit tousiours vne eue de resnard en teste d'asne. Lequel pour les endourmir, après auoyr longuement et par plusieurs iours consulté auec eulx , leur persuada d'auoyr leur aduys, et d'enuoyer au petit et grand Conseil de Geneue, pour l'amour de paix, et pour euiter la guerre, que ceulx de Geneue deussent donner congé à ces Prescheurs nouueaux, et les iecter hors de leur ville, auec certains aultres articles, comme de reedifier certayne chappelle que ses prédécesseurs et ancestres Ducz de Sauoye auoint faict édifier en l'Eglise de S' Françoys à Riuc, laquelle ilz ontruynce; et
de la Cité de Geneue.
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aussi que leur Euesque soyt reslilué en son premier estât, comme par le passé, et toutes choses seront pardonnées iusques à présent, moyennant qu'ilz ne fassent j)lus prescher, ains qu'ilz veuillent viure comme par le passé , en la Loy de nostre Saincte mère Eglise- A quoy furent tous consentans, et que ainsi fust enuoyé à Mess"^^ de Geneue. Ce que aussi les Bernoys, et les aultres Cantons qui tenoynt du cousté de l'Euangille conseilloynt à ceulx de Geneue, céder et passer ces articles, pour euitcr vne telle fureur, d'vng tel Prince, et de tout le pays.