CHAPITRE XXIX
La procédure et manière que ceulx de Geneue
ont vsé, mettant bas la Papaulté et
les Prehstres dans leur cité.
EuLx de Geneue auant qu'ilz payent vouUu mettre bas les messes, les ydolles et toute la Papaulté, dans leur cité et Seigneurie, et rccepuoir vue telle Reformation qu'ilz ont de présent, estans instruitz
nr-^r^-^'^'-^^T-'^^^ ^\a ^^ persuadés de la parolle ^wWS^rc(/^^^<^ (\q Dieu, que les Prcscheurs preschoynt tous les iours et incessamment, durant les assaux ei maulx que le duc de Sauoye ses gentilz hommes et l'Euesque et les Prehstres et leurs aullres ennemys leur faysoynt, n'ont rien voullu abhaltre ne entreprendre, que premièrement n'ayc esté passé par bon Conseil et mature délibération
136 Actes et Gestes merueilleux
et que preallablement et, dauant toutes choses n'aye esté disputé et veu publicquement qui auroit meilleur droict, ou leurs Prescheurs, ou leurs Prebstres, affin que personne n'eust excuse d'ignorance, ou occasion de murmurer contre eulx, ou que au temps aduenir, leur fust imputé qu'ilz eussent faict quelque chose pour despit ou lemerayrement, sans considération, et par légèreté; ont bien voullu promettre à celluy qui auroit le droit estre gardé, et la meilleure cause estre obseruée , et fayre sçauoir à vng chascun, par articles imprimés, leurs disputes, baillans licence et sauf conduict à tous ceulx qui voudroynt venir dans leur cité, durant les disputes, de pouuoir dire et disputer contre leurs Prescheurs tout ce qu'il leur playroit, comme plusieurs firent. Lesquelz Prescheurs se ouffroynt tousiours à la mort de maintenir et prouuer, par la S'^ Escripture, ce qu'ilz preschoynt estre véritable, c'est assauoir que la messe et toute la Papaulté estoit vne chose controuuée des hommes et que le monde séduit et abusé par leurs doctrines et inuentions humaynes , ainsi que est contenu aux articles. Laquelle chose fust signifiée à leur Euesque, lequel n'en tint point grand conte, ains, comme plus obstiné contre ses brebis, les mesprisa et les prenoit, ou faysoit prendre, par tout la ont il les pouuoit happer, tant en la Bourgongne, France que en Sauoye , les tyrannisant par les prisons; et ceulx qui ne pouuoit auoir ne apprendre leur faysoit piller leurs biens, leurs marchandises, bestail , et toutes aultres choses qu'ilz pouuoynt piller, voyre les possessions et héritages des bons citoyens, les vendoit
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de la Cité de Geneue.
ou bailloit en récompense à ceulx qui luy playsoit , l'aysant bon marclié de ce qui n'esloit pas sien. Et à la fin prindrent vne telle licence les ennerays, qui cstoynt entour Geneue, qu'ilz faysoynt comme l>rigans et larrons, pillans et hrigandans les aultres bons marchans eslrangiers qui alloynt et vcnoynt dans Geneue, mesme aulcuns marchans du pays de Valley furent pillés eulx et leurs marchandises de quoy monsieur de Simon et plusieurs aultres s'en sont mal trouués.