‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 50 sur 84 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

Les communes allarmes.

AcoYT que les cnnemys perdi- ?rent beaucop de leurs gens |Sauoysiens es allarmes comimunes et quotidiennes ça et la parmy les champs si est ce •qu'ilz estoynt tousiourl plus enflambés dire et ne cessoynt

/de les assaillir et de tacher à

leur mal fayre, cherchans à tuer ceulx de Geneue et n'estoynt lasches à leur bailler de heure en heure des allarmes et scramouches. Touteffoys d'entre tous ces affayres et durant ceste guerre, aux assaulx, allarmes et scramouches tant de Peney que aultres n'ont iamais peu tuer que six hommes de ceulx de Geneue et si ne cessoynt iour ne nuict d'en fayre et principallement de la part plus foyble de S* Gerués. Aussi estoit le lieu plus dangereux et facille à prendre d'assault; Car les murailles et fourteresses nestoynt encores faictes en nulle part, et S* Gerués n 'estoit pour lors que enuyronné des hays de boys comme les iardins ou corlilz sont cloz pour garder les bestes d'entrer dedans, et n'y auoit nulle deffense faictes sinon certaynes poures canonnières vielles, de boys et de terre faictes dempuys quelquez temps, que le Duc de Sauoye fisl fayre a ses despens, par la crainte des allarmes aux-

de la Cité de Geneue.

quelles Geneue pour Ihors fauorisoyt. Ce scachans bien les ennemys toutes les nuictz ne falloynt de venir, aller bailler l'assault. Mais estoynt tellement repoulsés que quelcun tousiourl y demouroit ou recepuoit par leurs hays quelque cop d'acquebule. Mais ilz auoynt vne abstuce aussi eulx qu'ilz en pourtoynt tousiourt leurs mortz ; et ceulx de la ville le lendemain ne trouuoynt que du sang ou quelques arnoys et aulcunes foys les basions des tabourins. Et en s'en retournant souuenlesfoys ne sonnoynt aultre tabourin que lamentations disans; Relias! hellas! nos sommes mortz ! des aultres; le suis blessé! le suis blessé.

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