‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 51 sur 84 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

Comment fust contracté, par ceulx de Geneue,

auec Mons'^ de Verey, et le Magnifficque

Mes g r et pour auoir secours.

Ans Geneue estoil vng homme, et est encores de présent, nommé Laurens Mesgret dict Magnilficque, de France qui s'estoit retiré dans Geneue pour viure selon l'Euangille, ayant grande congnoissance et amytié en la cour du Roy Francoys de France, mesmemcnl à vng sien compagnon, Mons-^ de Verey, capitayne du Roy; Lequel estant informé des affayres de Geneue, s'en vint

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trouucr le MagnifFicque Mesgret, son compagnon, pour parlementer auec luy : huict iours après que les messes et ymages furent abbatues dans Geneue, accompagné du Baron de Flacieu, de Sauoye, lesquelz firent entreprinse de bailler soucours à ceulx de Geneue, par le moyen et consentement du Roy de France, qui desia au parauant auoit desliberé de prendre le pays de son Oncle, le duc de Sauoye, comme héritier et successeur de sa mère : et par cette occasion seroil ioueux de bailler gendarmerie à Mons"" De Verey, pour venir à Geneue, affîn que la Duché et pays de Sauoye luy fust milz entre les mains, par occasion , ou aultrement sans grande résistance, et a moins de fres, missions et despens. Laquelle chose fust consulté, par le magnifficque Mesgret, à Michiel Sept, dict Balthezard, et à Amy Bandiere, et certains aullres conseillers de Geneue. Lesquelz n'ausoynt rien conclure, ne parlementer de cecy, que en secret, pour les treues qu'ilz auoynt prins auec le Duc de Sauoye, combien qu'ilz trouuissent bon ce moyen, veu que le Duc de Sauoye et ses gendarmes ne lenoynt nulles treues ne promesses. Auoyr aussi considéré la response de leurs bons alliés de Berne, et le refus qu'ilz auoynt faict de leur bailler soucours selon les promesses et serment qu'ilz auoynt par ensemble; veu aussi que les Fribourgoys leur auoynt rompu l'aliance et combourgesie , mirent affayre scagement et secrètement en Conseil, mais principallement par deuant ceulx à qui l'on se pouuoit fier (car tout le conseil n'estoit fidelle à la cite, comme dempuys aulcuns ont esté desclarés comme

traytres). El furent secrellement commilz Michiel Ballhesard, Amy Bandiere, Richardet, et plusieurs aultres, de tracter et accourder auec ces deux Capitaynes, Verey et le Magnitficque, en telle sorte et magniere que les parties furent contentes. Et fut dict et conclus entre les parties que tout le pays au tour de Geneue appartenant au Duc de Sauoye, qu'ilz pourroynt conquester aux armes, les vngz et les aultres, fust parly et diuisé en troys, c'est assauoir l'vne partie à Geneue, la seconde à Verey, la tierce au Magnifficque Mesgret ; et que ce fust faict aux despens du Magnifficque, de Verey, ou du Roy de France, duquel se faysoynt fortz, sans rien desroguer ne couster à Geneue ; et si ne pouuoynt rien quoquester du dict bien de Sauoye ne demanJoynt rien à ceulx de Geneue sinon qu'ilz leur baillassent faueur et non les nuyre et rien. Et se imposèrent ces deux Capitaynes, Verey et le Magnificque, deux noms comme deux marchans, qui s'enlendoynt par leurs escrips sans que personne aultre les entendisse : le nom de Verey estoit Pierre Croquet l'aultre Loys Croquet, et ainsi s'eniioyent des lettres à l'vng à l'aultre.

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Actes et Gestes merueilleux

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