CHAPITRE XLIX
Comment Mons' de Verey voulloit aller à Ge-
neue, pour la secourir, et fust repoulsé
luy et ses gens, la première fois.
^ Uand Mons^ de Verey heust paracheué son entreprinse, et faict quelquez amas de [>3 gendarmerie enuoya lettres comme de marchandise, au Magnifficque , soit à Loys i^ Croquet son compagnon, di- ^"^sant; Vos recepurés certainés charges de mullets de bonne et mettable marchandise , et seront là vng que on enlendoit bien sans dacar c'estoynt 5 0 0 hommes de pied qu'il auoit apresté auec le Cappitayne Mestral de Voyron en Daulphyné, pour les conduyre , qui au parauant l'Euesque et le Duc de Sauoye auoynt l'aict venir contre Geneue, en la trayson qu'on appelle la trayson de Michel Guillet, comme plus amplement a esté parlé. Mais iceulx ne peurent passer, car furent repoulsés en grande puyssance par Mons^'de Salleneufue, et les aultres gentilz hommes de Sauoye, tellement qu'il les en fallut retourner au Daulphiné pource qui n'y auoit aultre passaige que cestuy là pour aller à Geneue, sinon le pertuys de la Cluse et celluy de sus les montagnes de Getz ,
de ces iours : ce uantaige spécifier,
de la Cite de Geneue.
par S' Claude, qui sont passaiges eslroicts el difficilles ; et ne fauldroit que cinquante ou cent hommes pour en empescher cent mille ^ tant eslroictz et forlz passaiges sont ilz. Touleffoys Verey ne perdit pas couraige, combien que rudement eusse esté repoulsé, ains s'en retourna par le Daulphiné, et par la Bresse, au près de Lyon ; et assembla 10 0 hommes d'armes, auec ces 5 0 0 hommes de pied, la compagnie de lehan Paule, fils du Seig"" Rance, Italliens, et cappitaynesdu Roy de France, belle cauallerie, et vaillans personnaiges de guerre, aultant ou plus que fust pour Ihors en France : et sans fayre grand bruict, estoit attendant nouuelles de son compagnon Loys Crocquet, et de ceulx de Geneue, selon leur entreprinse.