‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 59 sur 84 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

Le retour de la Gendarmerie dans Geneue, venant de S'- lullin.

E grand Cappitayne gênerai, lehan Francoys Neguelli, auecjcerlains aultres conseilliers de Berne venus auec armc-e, estans retournés de S' luUin et du Perlhuys de la Cluse dirent vne aultre leçon '^7T^Sï^=^^5S=<?i à ceulx de Geneue que la première, et commencèrent à chanter de la haulte game ; disans qu'il falloit retenir le pays obligé, selon le tracté que le Duc de Sauoye auoit faict aultresfoys. obligeant son pays de Vau, et la Conté de Getz, si iamais contreuenoil à l'arresl et contract qu'il auoit passé, signé et sellé; et qu'il falloit fayre venir tous les Gentilz hommes, Seig", Barons, Banderclz et aultres Gouuerneurs du pays, pour leur fayre la fulellité et rendre le debuoyr, ainsi que à leur Prince naturel le Duc de Sauoye. Toutesfoys fault entendre que la Seigneurie de Geneue n'entcndoil pas que Mess" de Berne, leurs bons alliés et combourgoys prétendissent, selon rolTcrle qu'ilz leur auoyntdesia faicte au parauant dans leur Conseil, qu'ilz retinrent le pays seulement pour eulx, ains en partie pour Geneue; ou qu'ilz fissent comme desia au parauant par deux foys auoynl faict, c'est assauoir de s'en retourner en leur pays pour argent en

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leur payans toutes coustes et missions. Toutesfoys firent aullrement, lant pour le proffit et aduancement de l'Euangille, que pour le leur et de ceulx de Geneue. Et commandèrent que tous Gentilz hommes et aultres, qui n'auoynt encores faict la fidellitc, deussent venir tout incontinent à eulx pour la fajTC. Et enuoyerent ailors du cousté de Tlionon ; et vint Mons"" de Couldree et Mons"" de Balleyson , auec tous les aultres Gentilz hommes et les communes qui firent fidellité aux Bernoys. Or auoir faict auec ceulx cy, demandèrent aussi à ceulx de Geneue de fayre le semblable et estre mitz au lieu de leurEuesque; à quoy ne voullurentoncques consentir; à tout le moins, disoynt ilz, que nous ayons dans Geneue telle principauité que l'Euesque alïin que soyons plus occasioFinés de vous garder des ennemys. Mais fust très honnestement respondu par Michiel Sept dict Balthesard et Amy Bandiere, qu'il leur pleust de ne les voulloir contraindre à telles choses; car ilz n'auoynt pas si longuement résisté et bataillé , voyre plus de 3 0 ans contre leurs ennemys pour maintenir leurs libertés et fran* chises pour se rendre maintenant subiectz et vassaulx à leurs grandz amys, ne à personne du monde ; les priant de se despourler de telle demande : ce qu ilz firent pour Ihors, faysans plus grandes alliances que au parauant.

Et après ce s'en retournèrent, accompagnés de ceulx de Geneue, iusques àYuerdon, Tvne des principalles forteresses du Duc de Sauoye qu'il heust deçà les mons, pour la rendre en subiection : et en passant bruslerent le Cliasteau du Baron de la Sarra, qui

de la Cité de Geneue.

auoit faict des maulx innumerables à ceulx qui lenoynt l'Euangille , et à ceulx qu'il pouuoyt emprisonner et cono^noistre en passant parray sa ville. Mais peu arreslerent les Bernoys et ceulx de Geneue aux champs, que Yuerdon ne fust rendu et mitz aux mains des Bernoys comme la reste du pays, sans iamais frapper ne desgayner espee, car les ennemys s'en sont tousiourt fuys au dauant d'eulx. Toutesfoys furent contrainctz d'cnuoyer quérir dans Berne nouueaux canons et artilleries pour la canoner, assallir et baltre, et cependant les ennemys quittèrent la place ; et ainsi fust rendu tout le pays, les deux forteresses, le pertuys de la Cluse et Yuerdon.

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