‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 76 sur 84 · Le 23 luin on parla de Baudichon prisonnier à Lion de · texte numérisé non relu

Le 23 luin on parla de Baudichon prisonnier à Lion de

puis long temps et on résolut d'écrire 3 lettres, une au Lieutenant de Roy , une aux bourgeois de Lion , et une aux Ambassadeurs de Berne qui y sont, pour leur recommander nôtre dit citoyen.

On parla des occurrences et des menaces faites par les forains ; comme aussi de ce qu'on dit que l'Evéque est à Chambery vers le Duc de Savoye.

36 » Le 26 luin Estienne Badel offrit cent tonneaux de chaux

pour les murailles de la ville, afin d'estre rétabli bourgeois ce qu'on accepta. Sa bourgeoisie. avoit été cassée, parcequ'au temps de la dernière guerre il avoit absenté la ville contre son serment, au lieu de la défendre.

7 iiiiiict. Le Mardy 7 Juillet on rapporta que quelques uns de cette

ville avoient donné des attestations au préiudice de Baudichon de la Mai.son neuve prisonnier à Lion , et au deshonneur de la ville. On appella L de L'Orme prêtre qui dit qu'il étoit vray qu'il avoit scellé une attestation par laquelle M. rOfficial témoignoit que ledit Baudichon n'avoit pas receu le sacrement de l'Eucharistie.

Cl. Savoye et Fr. Favre Ambassadeurs revenans de Berne firent leur rapport disans qu'ils avoient représenté à Messieurs de Berne 1^ qu'ils avoient charge d'emprunter de l'argent ou à Berne ou à Basle pour les payer. 2» Touchant la menée qu'on a faite pour nous donner un Lieutenant de Fribourg et comment nous l'avons découvert et l'avons fait

Registres publics. xcv

échouer. 3^ Comme Messieurs de Fribourg ont rompu la bourgeoisie et ont voulu contraindre nos Ambassadeurs à recevoir leur sceau , et entin nous l'ont apporté. 4" Que toutes ces choses nous sont arrivées à cause de la parole de Dieu et par le moyen de Michel Guillet et de quelques autres, qui ont fait que M. l'Evéque de Genève a résigné son Evôché à un des fils du Duc, qui est notoirement nôtre ennemi, lequel s'il venoit , il nous causeroit un grand dommage comme il a fait autrefois : les supplians de nous donner conseil sur cela. Lesquels ont répondu que Messieurs de Berne ne veulent pas obliger leur ville davantage, mais plutôt la dégager {debrigare) et qu'ils veulent qu'on les paye de ce qui leur est dû : Que lesdits Seigneurs de Berne ont écrit au Duc de Savoye qu'il prenne garde qu'il ne nous arrive du mal par ledit suiet.

Le 17 luillet on rapporta que Barralis iuge de Gaillard avoit /r itiiiki. dit qu'il vouloit refaire la galère (galliari) prés de Thonon , et qu'il la vouloit armer de l'artillerie de Chilien , et que le Duc vouloit retourner et entrer dans la ville dans peu de iours avec l'Evéque.

Le 20 luillet Guillaume Farel prescheur de la Parole de oq , Dieu se vint plaindre de ce que M, lean Vicaire de S. Gervais en ses sermons du Dimanche blasfème Dieu, les Saintes Ecritures et les hommes, séduisant le peuple et le détournant de la vérité : qu'hier encore il avoit déclamé contre ceux qui permettent que leurs enfans soient battisés ailleurs et autrement qu'il n'a été ordonné par leurs prédécesseurs , et plusieurs autres choses que ledit Farel rapporte. A quoy ledit prêtre répondit qu'il avoit dit quelques unes de ces choses, mais non toutes. Farel demanda iustice, et qu'il fût admis à prouver ce que le prêtre avoit nié. On donna terme à Farel à produire par écrit le lendemain ce dont il se plaint, à quoy ledit M. lean répondra.

Le 21 luillet Farel et Viret donnèrent les articles des faus- 21 » setés prêchées par le Vicaire de S. Gervais , lequel leur répondit, mais ils furent renvoyés au 24 du mois.

Le 24 luillet Girardin de la Rive, Ban. Faulchon, P. Mu- ?4 ,

xcvi Extraits des

tiod et André Maillard se plaignirent de ce que M. lean Vicaire de S. Gervais étoit molesté par Farel , et autres , deniandans qu'on y avisât, et qu'on permît à leur prédicateur de prêcher, comme ils le permettoient à Farel, afin que nous vivions tous en paix , parcequ'on craint que le peuple ne se mutine à cause de cela. On leur répondit que nous voulions vivre en paix , et que nous n'avions point défendu au Vicaire de prêcher, au contraire, que nous voulions qu'il prêchât l'Evangile et la vérité : et au reste que si quelcun se mutinoit nous le châtierions.

Farel, Viret, et le Vicaire de S. Gervais comparurent: on demanda au vicaire ce qu'il répondroit aux articles qu'on luy avoit communiqués : il répondit que si on le remettoit à son iuge ordinaire, il répondroit par devant luy, ass. par devant les officiers de l'Evéque. Cependant il eut quelques paroles avec Farel touchant les cérémonies du battème et autres solennités, touchant la puissance du Pape, des Evéques et des prêtres, et plusieurs autres choses, sur toutes lesquelles ledit Vicaire fut confus, parcequ'on luy prouva que le battème se devoit faire à forme de l'Evangiie au nom du Père, du Fils et du S. Esprit, avec de l'eau pure, et non avec de l'huile^ de l'essence, du sel, et autres drogues {aliis unguentis:) et que la seule puissance estoit la parole de Christ, et l'épée qu'il a commise aux Puissances. Cela fait on pria Farel de prendre le tout en bonne part, et on dit audit vicaire qu'il prêchât l'Evangile selon la vérité. Il demanda si on luy défendoit de prêcher davantage. On luy répondit qu'on ne luy défendoit rien sinon les mensonges , et qu'on luy commandoit de prêcher l'Evangile selon la vérité.

Parcequ'on entend des menaces de toutes parts contre la Ville, de laquelle plusieurs citoyens sortent, et qu'on dit que les Gentilshommes nous attaqueront bientôt, on ordonna qu'on diroit à I. Philippe Cap gênerai qu'il eût le soin de faire faire le guet nécessaire, à quoy même plusieurs gens de bien d'entre les citoyens se sont offerts.

S6 iitiUci. Le Dimanche 26 Juillet après souper on assembla le conseil

pour aviser à ce qu'il y avoit à faire , sur ce que quelques

Régis 1res publics. xcvii

uns ont témérairement brisé et abbattu les simulacres et images au convent de Rive : on nomma de ces abbatteurs d'images, I. Blanc tondeur de draps, I Marchand cordonnier, I. Lambert cordonnier {excofferius) , un certain mercier meslé [merserius hisgarratus) et un valet d'Est. Dada. Sur quoy le conseil conclut que quoy que telles images dussent cstre ôtées et détruites selon la loy de Dieu , cependant ces gens ne l'ont pas dû faire sans ordre et permission, parceque c est un acte appartenant au magistrat ; et parcequ'ils s'y sont ingérés , on résolut que les susnommés seroient pris et mis en prison dès ce même iour. On emprisonna encore Paul Bonnet pour le même suiet.

Le 27 luillet on ouyt les prisonniers, et on libéra l. Mar- ^^ iniUci. chand et L Genod tailleur, comme innocens, on emprisonna Louys Mellier à cause de l'image de S. Anne près du pont du Rhône.

Le 28 luillet en conseil des 60. assemblé au suiet des me- êi naces que l'on fait tous les iours contre la ville , et sur ce qu'urî certain Nicolas Bise a assemblé 500 soldats en la vallée de Morbaulx qu'il prétend amener contre cette ville. On résolut de faire bonne garde, et que le Cap. gênerai assembleroit six ou sept capitaines de la ville pour aviser entre eux de la manière de faire le guet.

On dit qu'il y avoit 3 cloches en la halle du Moulard qui ne servoient de rien, et qu'il falloit les prendre pour en faire du canon.

On parla d'emprunter de l'argent à Basle pour payer Messieurs de Berne.

Le 31 luillet quelcun vint découvrir qu'en la maison du 3f Chanoine de Brentena il y avoit plusieurs Chanoines et prêtres assemblés, et qu'ils avoient parlé d'artillerie : Ordonné que les 4 Sindics y aillent.

On rapporta qu'il y avoit une armée au pont d'Estrembières en laquelle on avoit veu Mauloz Châtellain de Gaillard, M. de Verbous, et M. de Ville en armes, qui occupent le pont d'Estrembicres, et qui y ont pris P. Vandel , et M. P. de la Pierre prôlre, et les avoient dépouillés et emmenés,

xcviii Extraits des

On rapporta aussi qu'Estienoe Dada et Amy Pontet étoient arrêtés. Alors les parens des susnommés se vinrent plaindre et dirent qu'il y avoit dans la ville Franc. Seig. de Sacconex , Nie. de Menthon dit Brentena , le S"^ du Châtellard Chanoines de S. Pierre , et le S"^ de Coudrée , qui sont des suiets de Savoye. et des compagnons de ceux qui ont pris P. Vandel et les autres, supplians qu'on les arrêtât, du moins iusqu'à ce que les susnommés eussent été relâchés- Ce que l'on fit. Lesdits Yandel et Dada exposèrent encore que chacun savoit que lesdits deux Chanoines Brentena et Châtellard étoient des Gentilshommes du pays de Savoye anciens ennemis de cette ville , et que si on leur permettoit de sortir ils se ioindroient aux ennemis qui sont dehors. On résolut de les arrêter. /" Aoust. Le Samedy 1 Aoust arriva un messager de Lausanne , qui

dit que Messieurs de Lausanne étoient prests à nous envoyer cent arquebusiers si nous en avions besoin. On répondit que quoy que cela ne fût pas encore nécessaire, toutefois on ne les refusoit pas, et qu'on les demanderoit s'il en étoit besoin.

No. Charles de Besse S*" de Beaumont en Bourgogne n'osant pas entrer dans la ville , pria que le Sindic Sept luy alla parler au pont d'Arve. On ne le trouva pas à propos à cause du danger, et de peur que les citoyens ne soupsonnassent Sept de traitter quelque chose de mauvais. g , Le 2 Aoust en conseil des 200. à cause de la guerre pro-

chaine, en laquelle on a accoutumé de faire de grandes insolences , on élut un capitaine de lustice qui eût à procéder par les ordres et le commandement de Messieurs les Sindics, ass. No. I. d'Arlod.

On résolut que pour la seureté de la ville on tiendroit le lendemain la foire à Plainpalais , parceque les gentilshommes et autres sont en armes, et qu'il y auroit du danger de laisser entrer tant d'étrangers en ville.

Fr. Roy le vieux et Fr. Roy le ieune s'en estans allés hors de la ville vers les ennemis à ce qu'on croit, contre la publication faite il y a deux iours , on ordonna que leurs biens seroient saisis et inventorisés : et on établit L Lambert pour

Registres publics. xcix.

procureur général afin d'insister en cette affaire, comme il avoit déia fait au procès de I. Portier et il en prêta le serment ( ce procureur général n'estoit élu que ad actum , et n'avoit de pouvoir que pour la seule occasion pour laquelle on Télisoil).

Le 3 Âoust on ordonna qu'on mettroit les biens desdits Roy 3 Aousi. en séquestre chez un de leurs voisins. On prit aussi par inventaire et on mit en main tierce le vin et autres effets qui esloient dans la ville appartenans à Michel Guillet qui s'est ioint aux ennemis de la ville. On ordonne que I. Lambert iusteroit contre tous les fugitifs particulièrement contie Thomas Moine. ;

(4 Aoust voir Grenus p. 194).

Le 7 Aoust on ordonne qu'on apporteroit en la grotte les ~ » ferrures de S, Victor de peur qu'elles ne se perdent.

On permit aux marchands d'aller à la foire de Lion pour éviter le dommage qu'ils auroient souffert autrement.

On vendit 23 tonneaux de vin appartenant à Michel Guillet à 18 sous le septier.

On parla de ceux qui ont quitté la ville au temps de la dernière attaque, nommément de M. Guillet, Nicod de prato, Fr. et Nie. Pennet, ïho. Moine, Fr. et Fr. Roy, Odet, Fr. et I. Ducrest. laq. Grandchamp, P. Tested'or, L Levrat le ieune, et Sp. Domaine Suchet , et on ordonna que leurs biens seroient inventorisés par M. lo Lieutenant et mis en main tierce.

Le 8 Aoust on receut des lettres de Berne en poste à forme S . desquelles on élut promptement des Ambassadeurs pour aller à la iournée de Bade, ass- Cl. Savoye et L Lullin auxquels on donna des instructions, et la relation des attaques et des insultes qu'on nous a faits, qu'ils feront traduite en Allemand.

Parceque plusieurs ne cessoient de dérober à S. Victor et d'emporter tout ce qu'ils pouvoient, ou publia des défenses d'y rien prendre.

Le 10 Aoust en conseil des 200. on parla des Moines du io » monastère de S. Victor qui firent dire que puisque leur mai-

c Extraits des

son et leur temple avoient été démolis, ils demeureroient volontiers en cette ville s'ils avoient un lieu propre : sur quoy fut avisé de leur offrir ou les hôpitaux de cette ville, ou la maison appelée de Bolomier (elle étoit là où est le Collège), en laquelle il y a une chapelle, et de leur dire que nous leur ferions bailler le lieu qu'ils choisiroient.

// Aoiist. Le 11 Aoust ordonné d'écrire à nos Ambassadeurs qui sont

en la iournée de Bade, qu'après la iournée ils aillent prier Messieurs de Berne d'envoyer un Ambassadeur à Messieurs de Fribourg pour parler pour nous , pour retirer nos droits qui sont à Fribourg.

12 * Le 12 Aoust on parla dOlivier Teinturier et de M. Phili-

bert Geurset prisonniers au suiet de la guerre, par les réponses desquels il appert que les Savoyards sollicités par quelques uns des nôtres qui sont dehors avoient assemblé une armée contre nous, et l'avoient amenée contre cette ville le 30 luillet dernier : cependant pour faire voir nôtre honesteté envers nos ennemis, on résolut de les relâcher.

Le même iour à minuit on prit deux bateliers qui venoient de sauver sur le lac L Blanc, qui s'enfuit hors de la ville : on leur donna trois traits de corde et on les mit en prison. Ce L Blanc étoit receveur du prieuré de S. lean , on le cherchoit à cause de divers soupsons qu'on avoit contre luy.

(3 , Le 13 Aoust Léger Tornal et l'autre batelier confessèrent

qu'ils avoient transporté l. Blanc hors de la ville à la sollicitation de laq. Malbuisson. Ordonné de l'emprisonner, ce qu'on fit après l'avoir longtemps cherché.

y j , Le 14 Aoust on reçut des lettres de Berne faisans mention

de l'autel de la chapelle de Rive qui a esté démoli , à cause de quoy on dit qu'on nous veut faire la guerre: sur quoy on résolut de le faire refaire, et on en donna la charge à Est. Pecolat.

fj , Le 17 Aoust on parla des traistres qui sont sortis de la

ville qui ont pris Antoine Richarmi allant aux foires de Lion et qui attendent le retour des autres marchands qui y sont : on leur envoya un des messagers de Berne qui sont icy, afin qu'ils prissent garde à eux en revenant.

Registres publics. cr

Le 18 Aoust on parla de la démolition do l'Eglise et du if^ Aomi. prieuré de S. Victor et on dit que tant les moines que leurs maquereaux et putains qui habitent au fauxbourg ont déia presque tout détruit ce prieuré, et dispersé et emporté ses meubles: c'est pourquoy il fut arrêté que le prieuré, l'Eglise et les maisons dudit prieuré seroient démolies, et on élut pour le faire L- Chabod , Bastian Bessonet , et Roland Raimond qui seront tenus do rendre bon conte de la dépouille.

( Nous ne croyons pas hors de propos de faire suivre l'article ci dessus de la remarque qu'on va lire, tirée de Flournois, auteur des extraits des Registres publics).

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