‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 77 sur 84 · DE L'IMPUDICITÉ · texte numérisé non relu

DE L'IMPUDICITÉ

DES GENS DE l'ÉGLISE DE GENEVE

avant la Reformation.

L'on aura de la peine à se persuader que tous les ordres du Clergé de toute une Ville puissent venir à tel excès de corruption que celuy dans lequel tous les prêtres et tous les moines de Genève se trouvèrent dans le temps que la Reformation s'y établit : et ie ne doute point que le grand scandale que donnoit l'impudicité publique des gens d'Eglise, iointe à leur extrême ignorance, ne fût un des plus puissans motifs qui obliga le peuple à s'informer si la Religion de ces gens là ne se trouveroit point aussi fausse, qu'ils voyoient que leurs mœurs étoient impures. Le désordre à cet égard ne pouvoit pas être plus grand ; non seulement ils avoient presque tous un chacun une concubine qu'ils entretenoient chés eux , au veu et au sceu de tout le monde , iusques là que le bon homme Abbé de Beaumont avoit la sienne, tout vieillard et Doyen des Chanoines qu'il étoil, qu'il voulut garder iusqu'à la mort; mais encore ils tenoient près des Eglises et des Convens des haras de femmes débauchées, avec qui ces bonnets quarrés et ces frocs pointus se consoloient de

cil Extraits des

ce que leur Religion et leur Reigle les obligeoient à demeu rer dans le célibat. Roset dit sur ce suiet que le 10 xl^^e 1535, lorsque Genève étant bloquée par les troupes du Duc commençoit à manquer de vivres, le Conseil résolut de faire sortir de la ville les bouches inutiles , et qu'ainsi l'on chassa les putains des prêtres, desquelles dit-il, il y avoit un grand nombre. Ils étoient si accoutumés à cette vie infâme , qu'ils ne s'en pouvoient plus passer; ce qui paroit de ce que pendant la plus grande chaleur de la Reformation , dans un temps auquel ils savoient bien que les nouveaux Reformés ne leur pardonneroient pas leurs foUies, leur imprudente impudence étoit si grande qu'on en surprenoit à tout moment sur le fait , ce que leurs ennemis ne cachoient pas.

Par exemple, mes Annales disent que le 23 Aoust 1535. on trouva au Couvent de S. François de Rive un des moines avec une garse ; qu'on luy fit poser le froc et qu'on luy fit épouser la garse. Que le 13 1^^'^ suivant on trouva deux frères de S. Dominique de Palais avec deux garses, et parcequ'ils ne voulurent pas poser l'habit, le peuple en armes et avec les tambours les mena par la ville avec leurs garses, pour les censurer publiquement en l'Eglise de S. Gervais et en celle de Rive. Et que le 18 du même mois on trouva encore un prêtre de l'Eglise de S. Gervais avec une garse ; qu'on mena le prêtre par la ville sur un âne et sa garse après luy le tenant par sa robe ; ce qui se fit avec les armes et les tambours, et avec les risées qu'on peut s'imaginer.

Roset récite la même chose.

A tout cela ceux de l'Eglise Romaine d'auiourd'huy répondent que ce sont de pures calomnies, inventées par les Luthériens d'alors , qui supposoient ces crimes aux pauvres prêtres et aux pauvres moines, afin de les rendre odieux et pour décrier leur Religion. Il est vray que Roset et Tautheur de mes Annales étoient Luthériens comme on les appelloient en ce temps là, et qu'ainsi leur témoignage pourroit être suspect : mais entendons des témoins bons Catholiques, et qui vivoient avant que Luther fût né. le m'assure qu'on

Registres publics. cm

ne sera pas fâché que iaye icy rapporté ce que les Registres disent sur ce suiet en plusieurs endroits, afin de faire voir clairement qu'on n'impose point aux gens d'Eglise , et qu'il y en avoit encore plus que l'on n'en dit.

Commençons par les Cordeliers de Rive , il est iuste de leur donner le pas ; leurs exploits vont faire voir qu'ils méritent cette préférence.

Le 2 7bre 1483. le Gardien du Couvent de Rive représente qu'en la rue qui est devant l'Eglise de son Couvent, il y avoit plusieurs femmes lubriques , à quoy il demande qu'on pourvût suivant l'honnesteté.

Le 13 luin 1486. parceque le Supérieur des frères Mineurs est présentement en leur Couvent., on ordonna qu'on l'avertiroit de la vie et des mœurs des moines qui y sont, afin qu'il pohrvoye que quelque chose de pis n'y arrive.

Le 11 Juillet 1486. ordonné de chasser les putains qui sont devant et proche le convent des Mineurs.

Le 25 Juillet 1486 ordonné de chasser les putains qui sonf en la rue Verdaine.

Le 28 Qbre i486 ordonné de chasser les putains qui demeurent entre le convent des Mineurs et celuy de l'Observance.

Le 24 luin 1491 L Morier se plaignant d'avoir perdu sa garse , l'alla chercher dans le convent des frères Mineurs, accompagné des ieunes gens de la ville.

Le 10 May 1527 ceux de S. Léger se plaignirent des putains qu'il y avoit en leur quartier, et certains Religieux qui y vont en foule. On leur dit que s'ils y appercoivent ces ÎEleligieux de nuit, ils en donnent avis aux Sindics, et qu'on les ira prendre.

le fay icy une petite remarque en passant, que s'il est dit que les Sindics prendroient ces Religieux s'ils y alloient de nuit, n'est pas à dire qu'ils n'y allassent de iour, mais seulement que les Sindics n'avoient point de iurisdiction sinon la nuit.

Le 4 May 1534 une femme se vint plaindre qu'étant près du Convent de Rive, deux Cordelliers l'avoient battue, par-

civ - Extraits lies

ce qu'elle disoit à une putain qui enlroit dans le couvent , qu'elle feroit mieux de demeurer avec son mary. Sur quoy on résolut que Messieurs les Sindics iroient au dit convent, et demanderoient aux Religieux que ces deux Cordelliers fussent mis dans leurs prisons, iusqu'à ce qu'il en fût connu.

En voilà assés pour ce Convent , passons à celuy des Tacopins de Palais.

Le 22 Juillet 1513 frère Marchepalu et quelques autres Dominicains sont accusés de l'abominable crime de sodomie.

Le 20 luin 1522 le Conseil étant assemblé au Convent des Dominicains, le Prieur du dit Convent fit plainte contre les Religieux, de ce qu'ils menoient une vie débordée, et luy étoient désobéissans , ne voulans recevoir aucune correction. Ordonné qu'on prieroit M. le Vicaire de faire de bonnes remontrances à ces moines , et s'ils ne vivent pas plus honnestement qu'on en avertiroit leur Supérieur.

Le 28 luin 1522 le Sindic Dorsieres rapporta qu'il avoit fait ses plaintes à M. le Vicaire de la méchante vie que mènent les Religieux de Palais, qui luy avoit dit qu'ils allassent en ce Convent avec cinq ou six Conseillers leur faire des remontrances de s'amender. Voicy pour les Augustins de Nôtre Dame de grâces. Le 29 Aoust 1483 touchant les frères Augustins du pont d'Arve détenus en la maison Episcopale, arrêté qu'ils ne seront plus admis à la quête, attendu l'infamie qui est en eux. Le 9 7t>''e 1491 Ordonné qu'on écriroit au Provincial dos Augustins, de venir visiter le convent du Pont d'Arve, pour le bien dudit convent.

Voicy pour Messieurs les Prêtres.

Le 10 S'^'e 1513 Messieurs les Sindics parlent au Conseil Episcopal touchant les putains des prêtres.

Le 12 luillet 1527 quelques citoyens firent plainte des prêtres de la Madelaine qui tiennent bordel , auquel il y a -plusieurs maquerelles, d'obliger les femmes débauchées à aller demeurer au lieu qui leur est ordonné, et de faire de fortes remontrances auxdits prêtres.

Le 1 Avril 1530 en conseil des 200. ordonné que doresna-

Registres publics. cv

vant les prêtres ayent à laisser leurs bordeaux, leurs putains, et leur lubricité.

Pour les Moines de S. Victor, voir l'article donné ci dessus de la démolition du prieuré.

Pour ce qui est des Religieuses de S. Claire, le Registre n'en dit point de mal ; il y a apparence qu'elles étoient plus sages ; si non castiores , salfem cautiores.

Le 18 Aoust. Ceux du prieuré de S. lean hors la ville ex- is Aou.it. posèrent que I. Lambert notre procureur gênerai avoit mis en main tierce les blés qu'avoit I. Blanc exacteur dudit prieuré, (S. Victor) qui devoit ausdits religieux leurs pensions et prébendes , comme aussi le vin qu'il avoit recueilli en la vigne dudit pVieuré ; c'est pourquoy ils supplioient qu'on y avisât afin qu'ils pussent vivre. On leur répondit qu'ils avisassent eux-mêmes de chercher ailleurs leurs prébendes , parceque ce n'est pas nous qui les leur devons payer.

Le 21 Aoust. Cl. Savoye et L Lullin revenans de la iour- 2/ . née de Bade rapportèrent qu'ils avoient obtenu une lettre adressée au Duc de Savoye, afin qu'il cesse de molester cette ville.

Le 22 Aoust on dit qu'il falloit penser à fortifier la ville , 2? » puis qu'on nous menace d'une grande guerre : on ordonna qu'on démoliroit les fauxbourgs , du moins là où il semble qu'ils portent dommage à la ville : et qu'on fermeroit la porte Baudet et celle de la Tartasse, et qu'on fer<^it le guet.

Le Dimanche 23 Aoust en conseil des 200. assemblé à cause S3 » des affaires urgentes de la ville , on dit qu'on avoit des avis de tous côtés que le Duc de Savoye vouloit prendre nôtre • ville. On arrêta quon feroit bonne garde et que chacun y iroit en personne, et qu'on soudoyeroit 20 hommes armés qui seroient logés et nourris par les riches.

On résolut encore que toutes les maisons , les granges et les murailles des fauxbourgs seroient abbaltues, de peur que

?i Aousl.

cvi Extraits des

les ennemis ne s'y pussent fortifier ; et on arrêta qu'on commenceroit par les plus proches et les plus nuisibles.

L'apres disnée à forme de l'arrôt du 200. les 4 Sindics accompagnés de I. Coquet, Aimé Bandieres , Fr. Rosset , Aimé Levet , I. Ballard , et Est. de Chapeaurouge Capitaines de la ville, allèrent faire commandement d'abbattre les fauxbourgs.

Le 24 Aoust on fut occupé à former le procès des prisonniers.

Le 28 Aoust on rapporta que Nicod de Prato ayant pris

tenant en prison , ledit Chabod avoit pris comme par représailles Aimé fils de Nie de Prato et l'avoit amené en cette ville , priant qu'on le retint iusqu'à ce que Girard son fils fût relâché : ce qu'on luy accorda.

L'entrée du vin fut amodiée pour le prix de 3250 florins d'or du petit poids.

Les Religieux de S. lean hors les murs de la ville firent une nouvelle instance afin qu'on leur relâchât le blé de L Blanc leur receveur, et qu'on leur permît de recueillir le vin de Secheiron , qui estoit pour leur pension. On leur refusa le blé, et on leur accorda le vin. Si , Le 31 Aoust on donna charge à L Lambert procureur gê-

nerai de faire inventoriser et mettre en main seure les biens de P. Malbuisson, Cl. Vulliard , L Levrat , CI. Baud, Mie. Guillet, \. Ducrest, Fr. Odet , et Bart. Ducrest, Fr. et Fr. Roy, I. Blanc, Tho. Moine, Nicod de Prato, et de tous les autres fugitifs qui n'ont pas comparu à la dernière crie.

3 Septembre. Le 2 1^^^ OU Ordonna que M. de Coudrée seroit relâché en

donnant bonne caution de dédommager P. Vandel, de n'offenser personne à cause de sa détention , et de payer ses dé-^ . pens.

4 , Le 4 7^'e on emprisonna Pensabin qui avoit contribué à

transférer le tribunal de Genève en la ville de Gex, et on défendit à tous les Curés et Vicaires de ne recevoir aucunes lettres qui se facent en la cour de Gex par Officiai , Vicaire ou autre, puis que ce tribunal a esté iniustement transféré à nôtre préiudice.

Registres publics. cvii

No. P. d'Allinges Seig. de Coudrée ayant été pris par représailles le mois précèdent au suiet de la détention et capture de P. Vandel qui avoit été pris par les Gentilshommes de Savoye^ ledit Seig*^ de Coudrée et lesdits P. et Hugues Vandel frères soumirent la connoissance de tous leurs differens à ce suiet au Conseil de Genève. Ledit Seig*^ de Coudrée dit après la fin du Conseil : « Messieurs vous me devés sa- « voir mauvais gré des affaires de cette guerre, car pour « vérité i'ay détourné Mons*^ de Savoye de plusieurs entre- « prises, et luy ay révoqué son ire, quand il vouloit brusce 1er, tant au temps de la guerre des harens qu'en autre « temps , et aussi un petit devant cette présente guerre ; » et dit qu'il luy a détourné deux entreprises contre nous.

Apres souper on emprisonna Guil. Villard barbier, qui fut trouvé emportant ses biens hors de la ville , entre autres 80. écus, 100. testons, sept seringues (cerlinguas), une tasse d'argent etc. On prit aussi Cl. Roset pour estre allé parler aux fugitifs à Dovenne.

Le 6 1^^'^ un Ambassadeur de Fribourg et un autre appelle «^ Sfptemhe. le Cap. Claude par l'ordre de leurs Seig^s vinrent intercéder pour ïaq. Malbuisson prisonnier. On luy répondit que nous verrions, et que nous luy conserverions son droit.

Le 8 7^""e on accorda à laq. Malbuisson de prendre P. Mer- 6' t met docteur aux loix pour faire ses défenses, et on refusa M. de la Fabrique parcequ'il est fugitif, C- Biollay parcequ'il est tils de condamné , et Aimé Chambet parcequ'il est Auditeur au tribunal de M. le Lieutenant qui est instant.

Le 13 7^1"^ en conseil des 200. on reçut des lettres de nos I3 » Ambassadeurs qui sont à Berne, contenans des avis que nous nous tenions sur nos gardes. On arrêta que les fauxbourgs de cette ville seroient incessamment démolis , et on députa pour cela L Guenet, L de Pesmes , Fr. de Camp, et Ant. Lect : on publia que chacun eiU à faire démolir ses maisons ' des fauxbourgs dans 2 iours.

Le 14 7t>re Madelaine veuve» de Humbert Picot ayant dit des n » paroles iniurieuses contre les Sindics à cause de la démolition des fauxbourgs , on ordonne (ju'elle seroit mise en un grotton pendant 3 iours.

cviii Extraits des

A cause de ladite démolition comparurent Ànt. Fabri , Bes. de Muro , George Dantand , 1. Foge, P. Rouph , George Thevenin, P. laquier , P, Gardet dit Pissepot , Philippe de la Rive, Mich. et I. de l'Arche, J. Balon , I. Montagnier, André VuUiod , I. Collombi , Girard Pottu , Iulian Bergerat , Mermet Yiland, le Berche , P- Duchat, P. Yindret , Marin Maillet, P. Puvel , P. Perroton , CI. Dupont, P. Duboule , Cl. Chex , P. Recland, Bôgar de la Pierre, Piaguez , laq. Blanchard, et ]N. du Bordel, lesquels tous ensemble demandèrent qu'on avisât sur l'arrêt fait de démolir les fauxbourgs et qu'on le rétractât en laissant lesdits fauxbourgs en leur estre, comme étans plus beaux, plus commodes et plus utiles à la ville que si on les abbattoit; ou du moins qu'on leur donnât du temps pour envoyer deux Ambassadeurs à Messieurs de Berne, pour leur demander conseil si cette démolition est nécessaire : Le susdit Besancon de Muro dit qu'il demandoit congé de sortir hors de la ville avec 800 hommes de cette ville qui ne consentoient point à cette démolition. On leur dit qu'on y aviseroit le lendemain. là Septembre. Le 15 V^re on arrêta que I. Lambert procureur gênerai vendroit la paille et le foin qui sont dans les granges des fugitifs situées aux fauxbourgs, et qu'en suite il feroit démolir lesdites granges.

^* • Le 18 7bie motion contre l'Evéque (Grenus p. 195).

Cl. Savoye Ambassadeur retourna de Berne.

On parla des fauxbourgs , et parcequ'on n'obéit pas à nos Commis on résolut que les deux Commis qui sont icy de la part de Messieurs de Berne iroient avec eux par lesdits fauxbourgs, et les feroieni abbattre selon nôtre ordre.

Le 19 7bi"e 1. Montagnier se plaignant qu'il ne sait où mettre ses effets qu'il est obligé de transporter à cause qu'on luy a ordonné d'abbattre sa maison, et suppliant qu'on luy donnât quelque lieu pour cela, on luy donna une maison appartenant à la ville qui a esté à Est. de Larche en la rue des Chauderonniers , pour y demeurer iusqu'à ce qu'autrement en soit avisé.

lacob Tribollet et Ant. Bischoff Ambassadeurs de Berne ex-

Registres publics. cix

posèrent que Messieurs de Berne nous voyans soutenus de nôtre bon droit , et cependant touiours molestés par le Duc de Savoye et par les siens, puis que ledit Duc a assemblé contre nous une armée de larrons , de brigans et de voleurs de grands chemins , et qu'il ne cesse de nous préparer des détourbiers continuels, les avoient envoyés avec charge de demeurer avec nous si nous le souhaittions iusqu'à nouvel ordre ^ pour nous aider, nous conseiller, et s'appliquer à la fortification de nôtre ville , à quoy ils s'offroient. Apres les avoir remerciés et leurs Supérieurs, nous acceptâmes leurs offres, les prians de faire ce qu'ils offroient : après quoy nous leur dismes comme pour fortifier notre ville nous avions résolu d"abbattre nos fauxbourgs, mais parceque quelques uns differoient de le faire, nous avions proposé de les prier d'aller avec nos Commis par les fauxbourgs pour voir ce qu'il y aura à abbattre et pour le faire abbattre par nôtre ordre : ce qu'ils acceptèrent très volontiers.

Est. Dunant se plaignit de ce qu'ayant commandé qu'on abbattît sa maison . il n'avoit aucun lieu dans la ville pour mettre ses effets , on lui accorda une partie de la Cure de S. Léger : et on donna charge au Sindic Du Viljard de pourvoir de logement pour quelque temps dans les maisons appartenans à la ville à ceux dont on abbattroit les maisons.

Le 20 7bre I. Blanc tondeur de draps, L Fabri, Cl. Coi- ^0 Sçpiciubre. letta, et Cl. Serais, furent emprisonnés parceque le soir précédent ils avoient brisé des images dans la ville, sans aucune authorité de iustice.

Le même iour en conseil des 200. Messieurs Triboulet et Bischoff Ambassadeurs de Berne représentèrent les mêmes choses, et on leur fit la même réponse.

On. expose qu'il y avoit encore plusieurs dans la ville qui frequentoient avec les fugitifs, comme leurs femmes et leurs enfans, qui leur rapportent tout ce qu'ils voyent et entendent dans la ville. Ordonné de punir et de chasser ceux qui s'en trouveront coupables.

Messieurs Neguely, Auspurguer, (iraffenried et d'Erlach Ambassadeurs de Berne, entrèrent et exposèrent (ju'ils avoient

ex Exlraits des

charge de leurs Supérieurs de venir pour nos affaires , et de parler au Gouverneur de Vaud, afin qu'il fît retirer les gens de guerre , et d'aller ailleurs où ils sauront que le Duc de Savoye a une armée pour nous nuire : même d'aller à Chambery exhorter le Duc à retirer ses gens de guerre, et à terminer les differens qu'il a avec nous par une voye amiable , nous exhortans aussi à suivre cette voye , nous en remettans à ceux qui ont rendu la sentence de Payerne, puis qu'il n'est pas à propos à présent de faire la guerre : aioutans que s'il n'y a point de bon moyen de faire la paix, ils employèrent toutes leurs forces à nous servir. On leur répondit que nous nous voulions tenir à la sentence de Payerne , deraandans qu'elle fût exécutée, et que nous étions contens, par ce qui s'estoit fait depuis, de nous en tenir à la conuoissance de ceux qui l'avoient rendue.

21 Septnninr. Le 21 1^^'^ I. Gallatiu notaire et Pierre son fils estans accusés d'avoir esté à Peney vers nos ennemis, ledit I. répondit qu'il avoit esté à Peissy pour ses vendanges, et que Nicod de Prato et quelques autres l'étoient venu trouver qui avoient beu avec luy en son pressoir. Pierre Gallatin répondit qu'en allant à Peissy il étoit passé par Peney oh il avoit vu I. Levrat , Odet Ducrest , Besançon lornal , I. Blanc , et laq. Foissia avec qui il avoit bû, qui luy avoient dit que dans peu de temps nous aurions une grosse guerre, et qu'il feroit bien de se retirer hors de la ville : que le lendemain de Prato, L. Ponjal , et Fr. Pennet les étoient venus trouver, et que quelques iours après il avoit vu encore I. Viennois^ I. Ducrest, I. Grandchamp et le neveu du Curé de S'<^ Croix qui luy avoient tenu les mêmes discours, lesquels il avoit rapporté à son Capitaine.

Le môme iour en Conseil des 200- sur le bruit que L Levet potier a quelque intelligence avec ceux de Peney, on Tinte rrogea , et il répondit qu'il avoit esté au château de Peney il y avoit 10 iours, qu'il y avoit disnô avec les susnommés, et avec Fr. Ducrest , Nie. Pennet , L Perreal . un certain Maccabée et plusieurs autres ; cependant qu'il n'y avoit point entendu de mal. Sur quoy on arrêta parce<ju'il fréciuentoit

Registres publics. cxi

avec nos mortels ennemis qu'on ne se fieroit plus en luy , qu'on luy osteroit les clefs de l'artillerie, et qu'il seroit privé de tout Conseil.

Le 22 7bi'e^ parceque quelques soldats Suisses sont arrivés, 2i Sepicmbrc s'offraus à nous servir contre nos ennemis , et que nous avons bien besoin d'aide , on arrêta qu'après eu avoir parlé à M. laq. Tribollet Commis de Berne on feroit marché avec lesdits compagnons^ et on les retiendroit pour nôtre garde si on pouvoit.

Le 25 7bre en Conseil des 200. on condamna Cl. Colletta et s3 Cl. Serais à cinq iours de prison au pain et à l'eau pour avoir abbattu des images de leur authorité, pour donner exemple aux autres.

(Remontrances au Chapitre Grenus 196).

Nob. Henry Bonvespre de Neuchâtel de la part de ceux de sa nation présenta un secours de mille hommes : on luy répondit on le remerciant que nous attendions encore le bon plaisir de Messieurs de Berne sans lesquels nous n'osions rien faire, après quoy nous leur ferions savoir le besoin que nous aurions.

Le Châtelain d'Oëx en Gessenay offrit aussi un grand secours : on luy répondit de même : et parcequ'on apprit qu'il n'avoit pas un drapeau , on manda au trésorier de luy donner 7 aunes de taffetas pour en faire un.

Le 28 7bre on proposa que Farel et un de ses compagnons 38 favorisés de Cl. Bernard et de Cl- Pasta tachoient d'entrer dans le convent de Rive pour y troubler les Religieux, ou pour inquiéter le prédicateur Franciscain , ou pour y prêcher eux mesmes. Sur quoy on résolut de dire aux dits Religieux de tenir leur convent fermé, et on fit défense aux dits Kernard et Pasta , d'induire les dits prédicateurs à faire telle chose, pour la crainte des bruits et des querelles qui en pourroient naître : on envoya aussi le Sautier à m^e Farel pour luy dire de ne faire pas cela.

Le 29 7^'"^ on donna une coupe de froment à chacun des 20 , tambours de la ville , parcequ'ils avoient eu beaucoup de peine à .cause des bruits de guerre.

cxn Extraits des

Cl. Bernard ayant dit que luy et plusieurs autres vouloient écrire à Messieurs de Berne et leur demander certaines choses, on voulut voir leur lettre, on la retint, et on leur défendit d'écrire aucune chose qui pût nuire à la ville.

1" Octobre. ( Jeudy 1 S^i'e Supplique de Messieurs les Sindics au Cha-

pitre voir Grenus p. 196).

g , Le 2 S^^^ on vint découvrir qu'une des cloches de S. Ger-

main estoit cachée en terre dans la Chappelle de M. Conod.

5 , Le 5 S^re on parla des lettres du Roy que nous avions re-

çues au suiet de Furbiti ; et parceque l'affaire touche Messieurs de Berne, on résolut de leur en écrire, et de leur en envoyer une copie.

6 , Le 6 S^ï'e on parla des causes mues contre nos citoyens par

les traistres de Peney, et de l'appel qu'on avoit interietté : on donna charge à Aimé de Chapeaurouge de poursuivre l'appel , tant contre eux que contre l'Evéque , lequel on intima au iuge Dufour.

9 , Le 9 S^fe on parla de ces traîtres qui sont sortis de la

ville , et qui se tiennent tout autour pour nuire à nos bons citoyens en leurs personnes et biens : on arrêta qu'on les citeroit à son de trompe pour répondre à ce dont ils sont accusés.

iS , Le 13 B^^^'e parcequ'on dit que M. Cl. Dufour a esté establi

vicaire de l'Evesque pour exercer cet office à Gex, on protesta contre luy et on luy fît intimer la protestation.

Q2 . Le 22 S^re on arrêta de donner salaire à 4 soldats qui es-

toient arrivés ce iour là à cause des grandes menaces qu'on fait contre nous.

1^7 . Le 27 8^^^ sur une lettre de Cl. Bernard on élut deux Am-

bassadeurs pour aller à Berne ass. Cl. Savoyc et L Lullin. 4 Novembre. Le Mécrcdy 4 9^'"^ Est. Dada, Baud. de la Maison neuve,

Amy Perrin, Cl. Curtet et plusieurs autres citoyens avec ces Suisses qui sont icy pour la garde de la ville se plaignirent que quoy qu'ils n'ayent off"ensé ni volé personne lors qu'ils sont sortis contre les ennemis de cette ville qui retiennent les vivres, néantmoins Roland Raimond mercier parlant d'eux , avoit dit qu'ils étoicnt des voleurs et des traîtres ; c'est

Registres publics. cxiii

pour quoy ils faisoient partie contre luy, prians qu'on l'arrêtât, et qu'on leur en fît iustice. On l'emprisonna.

Le 6 Qbre I, Lect et Do. Darlod parens de I. Malbuisson , 0 Novembre. requirent qu'on luy donnât sa maison pour prison : on répondit qu'on ne le pouvoit faire sans le grand Conseil.

Un Religieux Dominicain présenta des lettres de l'Ambassadeur de France aux Suisses pour Furbity.

Le 10 9bre Cl. Savoye, M. Sept, I. Philippe et les autres /O Ambassadeurs retournans de- Berne rapportèrent qu'on leur avoit répondu qu'on observeroit l'absceit de S. lulien et la sentence de Payerne, et qu'on tiendroit une Journée avec le Duc à Thonon où on entendroit ses raisons; et qu'ils ont écrit au Duc que nous feussions en seureté aux foires de Lyon. C. Savoye dit qu'il avoit esté à Fribourg pour avoir nos droits , et que Messieurs de Fribourg avoient répondu qu'ils estoient saisis à l'instance de l'Evéque de Genève comme aussi iusqu'à ce que nous eussions rendu le sceau de Fribourg.

Le 13 9^re en conseil des 200. on fit comme de coutume 13 l'élection du Lieutenant, des Auditeurs, et de la vente du vin.

No. la. Tribollet Commissaire de Berne demanda iustice de Roland Raimond : ledit Raimond demanda pardon de sa faute, lequel on luy accorda en le censurant.

Parcequ'on craint que les desmeslés ne s'accordent pas en la iournée de Thonon , on fut d'avis de retenir une partie de ces gens de guerre qui arrivent tous les iours , en en parlant à M. Tribollet.

Le Dimanche 15 Q^re on présenta au peuple les deux qu'on /^ » avoit nommés en 200. pour Lieutenans de la sommaire Iustice, desquels on élut Dominique d'Arlod.

On avoit accoutumé d'élire deux Auditeurs pour ioindre aux deux qui restoient de l'année précédente : mais parcequ'on avoit osté de cette charge Aimé Chambet, il fallut en élire trois nouveaux : c'est pourquoy on en avoit nommé 4 en 200. desquels le Conseil gênerai en retint trois, ass. Hudriod du Moulard, lean Marchand, et Claude de Lélra , qui furent ioinls à L d'Arlod, qui restoit de l'année précédente.

cxiv Extraits des

16 yovembre. Le 16 9b»« les Magnifiques Ambassadeurs de Berne arrivè-

rent, ass. M. de Watteville Avoyer, P. Giron secrétaire, N. Graffenried, Michel Auspurguer , Hans Leyff et Vullelm Rossy, pour aller en la Journée ordonnée avec le Diic de Savoye à Thonon. Les Sindics et le Conseil les allèrent remercier en leur logis de leurs peines, et leur recommander nos affaires, et leur dire que nous leur baillerions s'ils le souhaittoient le roole des iniures et dommages que le Duc nous a faits depuis la sentence de Payerne ; ce qu'ils acceptèrent.

j7 , Le 17 9^''e M. de Balleyson passa le pont d'Arve suivi de

beaucoup de gens (c'estoit app. un Amb. du Duc allant à la lournée de Thonon).

On arrêta M. Conrad Hugues Chanoine , pour quelques paroles qu'il avoit dites à P. de la Toy dit le Poulain au suiet de laq. Malbuisson.

18 » Le 18 9b''« on élut Cl. Savoye pour faire abbattre les mu-

railles et les maisons nuisibles à la ville.

19 » Le 19 9bre I. Philippin témoigna par serment qu'il avoit

ouy dire à P. de la Thoy, que M. Conrad Hugues Chanoine luy avoit dit à Chambery au mois de luillet dernier qu'il attendoit L et P. Malbuisson qui dévoient venir, qui avoient une entreprise dont ils viendroient bien à bout. Ledit Chanoine dit qu'il est vray qu'estant à Chambery et parlant avec ledit Poulain du trailté des Luthériens de Genève, il luy avoit dit qu'il avoit ouy dire à Cl. Brochu de Genève, que P. et L Malbuisson dévoient venir, qui avoient une entreprise dont ils viendroient bien à bout : en suite qu'il avoit veu lesdits Malbuisson aller et venir au logis de M. l'Evéque de Genève.

ss . Le 22 9b«'e on exposa que M. TriboUet Commis de Berne

avoit dit à Messieurs les Sindics que les Ambassadeurs de Berne qui sont à Thonon luy avoient écrit que les Ambassadeurs de Savoye se plaignoient d'un certain Chanoine de Genève qu'on retenoit prisonnier ; comme aussi de certaines armes Ducales lesquelles ils disent qu'on avoit ôtées de la maison de la monnoye qui est hors de la ville depuis peu de iours. On appella No. Henry Gueule pour l'interroger sur

yoveiubic.

Registres publics. cxv

lesdites armes, qui dit qu'il estoit vray qu'on les avoit ostées depuis le 13 de ce mois de dessus la porte de la monnoye , et qu'elles y estoient encore le soir de ce iour là lorsqu'on ferma les portes de la Ville: et qu'on les avoit ostées la nuit suivante, mais qu'il ne sait qui c'est. On résolut d'écrire à Messieurs les Ambassadeurs touchant lesdites armes que nous ne savons ce que c'est, mais s'il se trouve que quelcun des nôtres l'ait fait nous luy en ferons faire la réparation : touchant le Chanoine , que nous l'avions appelle pour des affaires concernans la République et qu'après avoir sceu la vérité nous l'avions renvoyé.

Le 27 9^re 9 soldats de ceux qui ont déia esté icy quelque ^^' temps exposèrent qu'ils n'avoient rien reçeu qu'un teston chacun , et qu'ils avoient esté obligés d'engager leurs armes pour vivre, prians qu'on leur donnât pour les dégager. Ordonné qu'attendu leur bonne volonté on leur donneroit encore à chacun deux testons.

Le 28 9l>'e on reçut des lettres de Cl. Bernard Àmbassa- 3S deur à Berne, on luy écrivit de remercier les Capitaines, et que nous espérons que Messieurs de Berne pourvoiroient à tout.

Le leudy 3 xb»*^ on parla d'un Suisse qui avoit brisé une 3 Décembre. croix de pierre qui estoit auprès du Pré l'Eveque et parcequ'on dit qu'il a dit qu'il l'avoit fait par ordre des Sindics , on arrêta qu'en prieroit M. Bischofî de le faire mettre en prison , afin d'en savoir la vérité.

M. Bischoff ayant dit que Messieurs les Ambassadeurs de Berne qui sont à Thonon souhaitteroient de voir certains écrits faits par l'Evéque touchant le Duc, on leur écrivit et en même temps on leur envoya 7 lettres signées et scellées par l'Evéque. ^

Le 18 xb e Messieurs les Sindics rapportèrent que Messieurs 18 les Ambassadeurs Suisses estoient retournés de la iournée de Thonon, où on n'avoit rien fait, sinon qu'on avoit assigné une iournée à Lucerne pour le Dimanche après les Rois , et cependant qu'on ne continueroit pas à abbattre les fauxbourgs, qu'on n'innoveroit rien , et que tous seroient en seureté- Mes-

ex M Extraits des

sieurs de Berne ne voulurent pas accepter cet arrêt , on leur donna terme de 14 iours pour l'accepter ou le refuser, pendant lesquels il y auroit trêve.

Messieurs les Ambassadeurs de Berne ayans dit qu'il se4^oit bon d'envoyer des Ambassadeurs à Berne , on résolut d'en élire et de leur donner des instructions, surtout touchant les prisonniers à Peney qui sont détenus seulement à cause de la Loy Evangelique et non à cause de leurs crimes; desquels M. le Duc a promis à Messieurs les Ambassadeurs de Berne que si nous relâchions M. de Coudrée , il feroit relâcher lesdits prisonniers. On nomma pour Ambassadeurs à ladite iournée de Lucerne Est. de Chappeaurouge et I. Aimé Curtet.

L'apres disnée en conseil des 200. on élut pour Ambassadeur pour aller à Berne Cl. Sauoye, qui se ioindra à Cl. Bernard qui y est déia.

Ou parla de ces gensdarmes qui ont esté icy dès le mois d'Aoust , et on dit que comme nous n'avions pas de quoy les entretenir, il les falloit laisser aller, à la réserve de 10. ou 12. qu'on retiendroit avec les commissaires.

21 Décembre. Le 21 x^^re I. Lect, Do. Darlod , Nie. Gorfon et autres, pa-

rens et alliés de I. Malbuisson vinrent prier qu'on voulût le relâcher pour un de ceux qui sont prisonniers au château de Peney promettant de faire tant envers l'Evesque qu'on relâcheroit lequel qu'on voudroit pour ledit Malbuisson. On leur dit qu'on ne vouloit point le relâcher qu'on ne relâchât tous les prisonniers de Peney. Dom. Darlod répondit que lean Malbuisson lui avoit dit que si nous voulions relâcher tous les prisonniers, il feroit en sorte qu'on délivreroit aussi tous ceux qui sont à Peney.

On. rapporta qu'hier M. Bischoff l'un des commis de Berne voulut s'en aller, lequel il fallut payer : et comme le trésorier assuroit qu'il n'avoit du tout point d'argent le Sindic Fr. Duvillard luy bailla 20 écus sol , qu'on luy rendit.

Si ' Le 24 xbre M. Tribollet commis de Berne se plaignit d'un

certain titre que quelques uns avoient attaché au convent de Rive pour se moquer de luy , et qu'il craignoit d'estre in-

Registres publics. cxvii

quieté là dessus par ses supérieurs, priant qu'on luy donnât une attestation de la manière dont il s'est conduit dans cette ville. On luy dit qu'on luy en bailleroit une telle qu'il voudroit, et qu'on informeroit de l'autheur.

Le Chapitre demanda s'ils célebreroient matines comme à l'accoutumée : on leur dit qu'ils fissent comme il leur plairoit.

Le Vendredy 25 x^"* iour de la nativité de N. S. l'an 1534 25 Décembre. fut heureusement changé en l'an 1535.

Le 29 x^re Cl. Bernard revint de Berne, et dit qu'il avoit ^^ escrit de temps en temps tout ce qu'il y avoit fait , et qu'ainsi il ne restoit qu'à faire le rapport de ce qu'ils avoient fait depuis que Cl. Savoye y estoit arrivé : qu'ils avoient parlé à Messieurs de Berne de l'argent qu'on leur doit, des fauxbourgs , et des prisonniers de Peney : qu'ils avoient demandé copie des articles produits par Piochet Amb. du Duc : A quoy M. l'Avoyer de Berne avoit répondu touchant l'argent que nous avions des amis particuliers qui pourroient répondre pour nous : touchant les fauxbourgs et les prisonniers que cela avoit été remis à la lournée : touchant les articles qu'on leur en avoit remis une copie , laquelle on lut. Apres quoy on résolut de suivre les premières résolutions du grand Conseil , et d'écrire conformément à cela à Cl. Savoye Ambassadeur à Berne qu'il réponde que nous ne voulons point consentir aux articles contre la paix perpétuelle faite par la sentence de Payerne en vertu de l'arrêt de S. Julien .- même que nous ne savons pas ce que c'est que cette trêve de deux mois dont ils parlent, puis que nous n'avons point fait de guerre : et que nous n'entendons point de déroger en aucune chose ausdits Arrêt et Sentence ; ni consentir en aucune manière ausdits articles.

Parcequ'on a sceu depuis peu de iours par la déposition d'un larron prisonnier nommé lanton du Moulard que les traîtres qui sont au château de Peney faisoient dessein de brûler nôtre maison de Ville, par le moyen du bois du four de ladite Maison, on résolut (lu'on ôteroit le four dudit lieu aussi tôt que faire se pourroit, et que dès auiourduy on ôteroit le bois qui est dessous la sale commune.

.r.xviii

Extraits des

E lundy 4 lanvier 1535. I. Balard, Fr, Favre, I. Philippe, Est. de Chappeaurouge, 1. Lullin, Fr. Wullem, I. Gringalet, demeureront d'accord entre eux au suiet des causes mues contre eux par M. Guillet et les autres ^^■^ id* '^^ traitres, que chacun d'eux consigneroit un escu pour poursuivre cette affaire.

Le 5 lanvier Cl. Savoye Ambassadeur revenant de Berne exposa que Messieurs de Berne avoient accepté la iournée de Lucerne; toutefois qu'il ne sçait si nous y devons envoyer un Ambassadeur, cependant qu'il est nécessaire d'y envoyer un homme pour avoir de l'argent. On élut pour y aller Amy de Chapeaurouge Sindic et Cl. Roset secrétaire.

On fit venir devant le Conseil I. Colognier qui avoit été mis en prison pour ce que le 1*^' de ce mois, fête de la Circoncision il avoit ouvert sa boutique contre les défenses : on luy fit des remontrances et on le libéra pour cette fois , en aioutant que s'il n'obéissoit à l'avenir, on le feroit sortir de la ville.

Le Conseil s'assembla encore l'apres disnée pour délibérer sur la charge qu'on donneroit aux Ambassadeurs. On dit qu'il n'étoit pas nécessaire qu'ils allassent à Lucerne, mais iroient seulement à Berne pour avoir de l'argent; et on leur dit que si Messieurs de Berne leur demandent s'ils iront à la iournée, ils répondent qu'on ne leur en avoit pas donné charge, cependant que si Messieurs de Berne le trouvent à propos, ils y iront, parce qu'ils ont charge de faire ce qu'il leur plaira. Qu'ils remontrent pourtant que nous ne croyons pas y devoir aller, soit parceque nous n'avons pas accepté les trêves {frengas) , soit parceque le Duc s'attribue uoe certaine domination sur notre ville, sur laquelle pourtant il n'a rien, comme il a esté connu à Payerne. Il veut aussi agir coniointement avec l'Evesque , ce que nous ne voulons per-

Registres publics. cxix

ïtietlre , parceque nous n'avons rien à faire avec eux , mais nous nous voulons tenir à l'ordonnance de Payerne, qu'il doit observer. Pour ce qui est de l'Evesque , s'il prétend quelque chose contre nous, nous sommes prests, à nous en tenir à ce qu'ils en diront , à forme de la bourgeoisie ; car nous ne l'avons pas dépouillé , mais il nous a dépouillé de la cour spirituelle.

8 lanvier (voir Grenus). 8 Jamier.

Le 12 lanvier parceque les grandes menaces contre cette le ville continuent, on résolut que toutes les nuits on tendroit toutes les chaines de la ville, et qu'on feroit bon guet et bon surguet, (escharguex) et qu'on renvoyeroit ces compagnons de Morat et autres qui sont icy , pour ce qu'ils servent peu.

15 lanvier (voir Grenus). 15 .

Le 23 lanvier Cl. Roset retourna de Berne avec Messieurs 33 Bischoff et Cherbon Bernois.

•On paya le s^ laq. Tribollet Commis de Berne pour son salaire de tout le temps qu'il a esté icy.

Le 26 lanvier on reçut des lettres de Berne où estoieut les 26 . articles donnés par le Duc à Lucerne : on récrivit que nous ne souffririons pas qu'on changeât rien à la sentence de Payerne.

Le 27 lanvier, on parla de ce qu'il y a plusieurs bons ci- g^ toyens qui sont cités et molestés à l'instance de M. Guillet, et autres traîtres et fugitifs de cette ville, et cela pour avoir maintenu la ville ; sur quoy on résolut de les soutenir aux frais du public.

Le 28 lanvier on élut pour Amb. pour aller à Lucerne ^^ , Cl. Savoye, Amé Porral et L Lullin : on leur recommanda entre autres choses de ne consentir à aucun changement, ni en l'arrêt de S. lulien , ni en la sentence de Payerne, ni en la bourgeoisie.

Le Lundy 1 Février on fit l'élection des Sindics en conseil /.- ft<vrier. ordinaire, et le vendredy suivant en conseil des 200.

Le Dim. 7 Février en Conseil général on élut pour Sindics 7 Antoine Chicand , Amé Bandiere . Hudriod du Moulard et l. Philippin : et pour trésorier Cl. Donna dit Perlemps.

cxx Extraits des

(Comme il est bon de connoître ceux sous qui la Réformation est arrivée, voicy les noms de ceux qui composoient le Conseil ordinaire Tan 1534. Michel Sept, I. Aimé Curtet, Amy Chappeaurouge , et Fr. Duvillars Sindics, Nicolin Ducrest, P. Malbuisson, et I. Coquet anciens Sindics, Aymé Bonna trésorier, I. Louys Ramel , Cl. Savoye , I. Balard, I. de Mara , I. Philippe, F. Favre, Matthieu Carrier, Est. Pecollat , Louys Dufour, Cl. Richardet, Amé Porral , Bon Ofiicher, Ant. Chicand , I. Lullin , Dom. Franc, Est. Chappeaurouge, Amé Bandiere, Ant. Lcct, et Barthélémy Messeri. ) 27 en tout.

* Fcvricr. Lq g Février en Conseil des 200. on élut le Conseil ordi-

naire, qui avec les susdits Sindics, les anciens Sindics, et le trésorier, fut composé des suivans, I. Coquet, I. L. Ramel, Amé Porral, I. Philippe, F. Favre,. Est Pecolat , Ant. Lecl , Bart. Messery, Est, Dada, P. Ameaulx , Cl. Richardet, Cl. Savoye, I. Balard, I. Lullin, Domaine Franc, Est. Chapeaurouge, L. Dufour, Aimé Gervais. \. Butini.

/g , Le 12 Février un certain Cordelier exposa qu'il avoit de-

mandé une place pour prêcher à Messieurs du Chapitre , qui l'avoient renvoyé vers M. le Vicaire, qui réside à Gex, lequel vicaire luy avoit répondu qu'il n'oseroit donner aucune place, parceque M. l'Evéque devoit bientôt venir en ville qui ameneroit avec luy un prédicateur tel qu'il luy plairoit. Que cependant le Carême étoit venu, et qu'il n'avoit trouvé aucune place pour prêcher; c'est pourquoy il prie qu'on luy donne une place où il puisse prêcher la parole de Dieu et la vérité Evangelique. On envoya 2 Conseillers vers Messieurs du Chapitre pour les prier de donner une place à ce prédicateur : ils répondirent qu'ils n'avoient pas le loisir de penser à cela , à cause de leur long office , et de la procession , et que le Conseil y pourvût du mieux qu'il pourroit. On résolut qu'on luy donneroit place à S. Germain ou à S. Gervais.

13 1 Le 13 Février L Pecollat fut fait Auditeur de la sommaire

iustice en la place de Hudriod Dumoulard qui avoit été fait Sindic.

Les principaux de la paroisse de S. Germain se présenté-

, Registres publics. cxxi

reut et dîrënf par la bouche de Thomas Vandel leur Curé qu'ils avoient appris que nous voulions prendre une cloche rompue qu'ils ont, et qu'ils veulent faire refondre pour l'honneur du service divin , c'est pourquoy ils supplient qu'on la leur laisse. On les renvoya au grand Conseil , qui avoit délibéré touchant ladite cloche. (Pour la suite voir Grenus).

Le 16 Février on ordonna qu'on bailleroit à Claude Roset 10 Fr secrétaire de la ville le livre des reconnoissances pour le parachever.

Fr. Forel m'^'' des Hàles demanda du rabais à cause que les dangers de la guerre avoient empêché qu'il ne vint des marchandises; on luy dit qu'on y auroit égard à la fin de la ferme.

Le 19 Février Amblard Corne proposa que M. Fr. Barralis io iuge de la Baronie de Gex l'avoit fait citer à la marche à Payerne à l'instance d'Ame Girard ; sur quoy il demandoit conseil. Avisé qu'il ne doit point comparoître en la marche qui est accordée aux suiets dp Savoye desquels nous ne sommes point; mais qu'il doit faire parler de son affaire au grand Conseil de Fribourg.

Le 20 Février Cl. Savoye et I. Lullin revinrent de la iour- ■^0 > née de Lucerne, de laquelle ils apportèrent l'ai-rèt : ils rapportèrent qu'ils avoient protesté contre le Duc de Savoye de tous les dépens et dommages que nous avions soufferts dès la iournée de Payerne.

Le 21 Février en Conseil des 200, ils firent encore leur t>/ » rapport , et dirent qu'on leur avoit dit à Lucerne que puisque nous ne voulions pas aquiescer à leur arrêt, mais nous en tenir à la sentence de Payerne, ils remeltoient nôtre affaire à Dieu.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 22 Février ,on dit qu'on chercheroit dans les livres du ê2 Conseil ce que le Duc d'auiourduy avoit fait contre Genève , et qu'on écriroit le tout en un livre.

(.3 3Iars voir Grenus). - 3 Mur

Le 8 Mars en Conseil des 200. on élut L Bordon et Est. s Dada pour aller en Ambassade à Fribourg et s'il est besoin à Berne, pour l'affaire d'Aniblard Corne contre A. Girard.

fter,

cxxii Extraits des

9 Mars. Le 9 Mars ou exposa que quelques citoyens avoient ab-

battu une image de pierre de S. lean Battiste qui estoit en TEgbse du convent des Augustiiis de N. D. de grâces, au mibeu du benoilier , et qu'ils avoient rompu une lampe qui estoit allumée auprès du grand autel. Arrêté que M. le Lieutenant en prenne des informations après quoy on en feia iustice.

16 . Le 16 Mars P. Levet, Cl. Curtet, P. de Veirier , Cl. Ma-

gnin, L. Gaie, Monet Colomb, et plusieurs autres en grand nombre prièrent qu'on leur permît d'avoir un prédicateur qui leur presche tous les iours l'Evangile, parcequ'il y a du danger que les ennemis qui ne cessent de nous menacer n'exécutent quelque entreprise pendant que lesdits paroissiens entendront le sermon à Rive. Ordonné qu'on sauroit de M. le Vicaire s'il vouloit donner un prédicateur , autrement on y aviseroit.

17 1 Le 17 Mars on proposa en Conseil des 200, ladite de-

mande d'un prédicateur faite par quelques uns de S. Gervais : après l'avoir bien examinée on arrêta qu'on se contenteroit pour le présent de ceux qui prêchoient.

Les Ambassadeurs Est- Dada et L Bordon revinrent de Fribourg pour l'affaire d'Amblard Corne.

l. Sourd prisonnier pour avoir démoU une image de pierre qui estoit dans l'eau bénite au convent des Augustins fut condamné à payer la valeur du prix d'achapt de ladite image. io , Le 19 Mars L Pierre fils de feu Luquin Dupan fit repré-

senter qu'il désiroit de célébrer des secondes noces, et que comme il sçait que ceux qui se remarient doivent selon la coutume quelque somme d'argent aux citoyens, il prioit qu'on le traittât doucement , offrant de bonne grâce ce qu'on trouveroit à propos. On luy dit qu'on se contenteroit de 4 tonneaux de chaux.

laq. Malbuisson l'un des traîtres de Peney étoit depuis long temps prisonnier à Genève.

S3 * (23 Mars voir Grenus).

P. du Chable notaire exposa par une requeste qu'il avoit abergé de Messieurs du Chapitre une partie des crés qui sont

Registres piUj lies. cxxiii

derrière les niazures {casale) où estoit la chapelle de S^e Marguerite, aux crés qui sont devant la porte de S. Léger.

Le 25 Mars, I. Lect marchand de Genève pria qu'on per- i?j "ac*. mît à laq. Malbuisson prisonnier d'avoir un prêtre qui entende sa confession et qui célèbre la messe devant luy, et luy donne les sacremens. On le luy refusa ,< parce qu'il est prisonnier pour de grands crimes, et que. l'on fait souvent diverses méchancetés par de telles confessions auriculaires.

(26 Mars voir Grenus). ^0 .

(2 Avril, voir Grenus). 2 Avril.

On écrivit à M, Barralis contre ceux qui sont à Peney ; et pour ce que ces traîtres de Peney innovent tous les iours quelque chose , en dérobant les biens des citoyens et prenant leurs personnes, on donna charge aux Sindics d'y mettre ordre. On résolut aussi de les faire proclamer pour leur faire leur procès, nommément Cl. Baud , Besancon de Muro, Fr. et Nie. Pernet, Nie. Dunand, P. Malbosson , L et Odet Ducrest , Dom. Suchet , Cl. Mersier dit Galland , Besancon lornal , Roland Taccon , Mormet Deschamps, L. Ponial . I. Perreal, et \. Régis citoyens. Comme aussi Mich. Guillet, François Roy, \. de Fabrica, L. Dufour, P. Mermet dit Blanchet , Nicod de Prato , laq. Grandchamp, P. Verdellet, lacob Foissia , Cl. Vulliard, laq. Goy, P. de Lacre, et Bernardin la Palud.

(6 et 9 Avril voir Grenus). 6 et 9 .

Sur un avis que plusieurs gens de guerre étoient arrivés au Château de Peney, on résolut de faire bonne garde, et de fermer la porte de S. Gervais.

Les Religieux de Rive exposèrent qu'ils avoient dessein de vendre certains meubles pour avoir de quoy vivre, mais qu'on disoit que nous les voulions empocher, c'est pourquoy ils prioient qu'on y pourvût. On leur répondit que ces biens sont des vestemens et draps d'Eglise qui sont faits pour le service du convent, et ainsi s'ils veulent s'en servir il faut (ju'ils donnent caution de les rendre.

On rapporta qu'un Prêtre nommé Pottu refusoit de faire le guet, et qu'il avoit dit, «le vous verrois plutôt trèstous crever que faire le guet. » Ordonné que M. le Lieutenant en informe et qu'il le mette en prison.

cxxiv ^ Extraits des

13 A'vH. Le 13 Aviil parcequ'oii avoit déia vu en doux endroits

qu'il y avoit eu du bruit et des querelles à cause des danses - en rond du viroUet fpropter dansas du virolletj et que quelques servantes qui dansoient avoient offensé M. le Lieutenant et Guil. Farel , on ordonna qu'on en prendroit information, et qu'on les puniroit, et qu'on défendroit les danses à son de trompe.

On parla du procès de la nommée Antoina empoisonneuse, et on la condamna à la mort. (Elle ne fut exécutée que trois mois après.)

^•5 • Le 15 Avril après avoir vpu le procès d'Antoina l'empoi-

sonneuse, et les accusations par elle faites et leurs circonstances, on ordonna qu'on emprisonneroit M. Gonin d'Orsières, M. 1. Gardet son prôtre et son valet: ce que fut exécuté.

(Cette empoisonneuse étoit une Bressande servante en la maison où logeoient Farel , Viret et un autre ministre ; elle mit du poison dans leur potage, dont Viret qui en mangea seul pensa mourir, elle déclara qu'elle avoit été induite à cela par le Chanoine Hugonin d'Orsières).

lo • Le 16 Avril Cl. Richardet, Cl. Châteauneuf. Gir, de la Rive

et Mie. Varro parens de Gonin d'Orsières prièrent qu'on le libéiât moyennant caution. 0;i répondit qu'on ne le pouvoit pas faire iusqu'à ce qu'on l'eût interrogé comme la chose méritoit.

On défendit les danses publiques pour bien de paix.

SO . Le 20 Avril on dit que le bruit couroit que les Chanoines

de S. Pierre vouloient changer le lieu , et transporter leur Chapitre en la ville d'Anessy ou ailleurs. Ordonné d'aller vers eux et demander les droits qu'ils ont emporté du Secret pour les y remettre, aGn de les garder sûrement pour l'usage des successeurs.

33 . Le 23 Avril frère laq. Bernard de l'ordre des Mineurs pré-

senta certaines positions Chrestiennes sur lescjuelles plusieurs errent, lesquelles il dit qu'il soutiendroit en une dispute publique, afin que les errans conuoissent mieux la vérité, en invUant les savans à venir en celte ville , pourvu que nous

Registres publics. c\\\

le luy permettions ; On les fit lire par nôtre Secrétaire, et après meure délibération il nous sembla que nous ne devions pas empêcher ledit frère latfues de soutenir sa dispute, c'est pourquoy on le luy permit, et afin que les gens d'Eglise étudiassent celte matière avec plus de diligence, on luy dit qu'il signifiât ces choses à Messieurs du Chapitre de S. Pierre.

Le 27 Avril on continua à faire le procès à Gonin d'Or- 27 Avril. sières.

Le 30 Avril à la requête du procureur de la ville on or- 30 donna qu'on citeroit outre les susnommés (Voy. 2 Avril) Thomas Ferrât, Nie. Gorfon , et Ducrest.

Les susdits parens de Gonin d'Orsieres obtinrent qu'il seroit admis en ses défenses dans les prisons.

Le 4 3Iay à l'instance du procureur gênerai on ordonna 4 Maij. (jue Fr. Perret et Gonin Miserai seroient cités avec les autres fugitifs.

Le mécredy 5 May après souper on assembla le Conseil au J suiet de ces traîtres qui sont au Château de Peney , qui ne cessent de dérober par tout nos biens: on exposa que nous devrions envoyer audit Château des gens et de l'artillerie, pour faire en sorte que cette place fût prise avec ces larrons, et nos citoyens qui y sont détenus fussent délivrés. Sur quoy fut avisé qu'il étoit à craindre que pendant que ces traîtres seroient audit Château de Peney, aucun bon citoyen ne pût sortir pour faire ses affaires et pour recueillir sa prise ipreysiam) et que ces larrons faisans touiours pis n'enterrassent tout : C'est pourquoy par une meure délibération du conseil on avisa que si No. Ant. Bischof Commis de Berne trouve à propos , on prendra de l'artillerie autant qu'il sera nécessaire, et de chaque compagnie de la ville des hommes armés autant qu'on le trouvera bon, avec de la munition suffisante, et qu'on ira attaquer ledit Château , et on le prendra par force si on peut, et on amènera ces traîtres, et on délivreia nos gens prisonniers. Et afin f|u'on puisse plus prontement choisir ceux qui iront à cette entreprise, qu'on face tout à l'heure une crie que tous les hommes portans armes de la ville se trouvent à l'heure même chacun sous son capitaine

ex XVI Extraits des

avec les armes ; et par ce qu'il y a dans la ville plusieurs étrangers venans de Chambery , on publia que les hôtes les tinssent pendant la nuit enfermés en leur logis.

(Cette entreprise eut un malheureux succès). 7 Mdij. (7 May voir Grenus).

Parceque l'on a rompu une grosse pièce d'artillerie devant le Château de Peney, de laquelle on a lapporté les morceaux, et qu'il est nécessaire de la refaire on ordonna que deux Sindics demanderoient et prendroient la matière qui est en la grote de S. Pierre en laquelle on tient la provision d'huile . comme aussi la cloche rompue de S. Gervais et celle de S. Germain qui est rompue.

10 . Le 10 May par ce que les murailles des maisons qu'on avoit

abbattues étoient encore en partie debout, on résolut qu'on ne cesseroit point qu'elles ne fussent toutes égalées à la terre.

On parla de ces faux miracles que l'on dit que l'on fait dans l'Eglise {in illo lapideo Templo) des Augustins qu'(»n appelle Nôtre Dame de grâce, ce qui est contre Dieu de permettre qu'on y apporte des enfants morts , et qu'une certaine femmelette qui y est tous les iours témoigne et publie qu'ils sont ressucitôs, quoy qu'on n'en ait vu aucun qui soit retourné en vie. C'est pourquoy on résolut que Messieurs les Sindics y iroient et défendroient au sacristain dudit lieu de recevoir ou de permettre qu'on reçoive dans ladite chapelle aucuns enfans pour un tel effet , sous peine de l'indignation de la ville, à moins (ju'ils ne veuillent soutenir par les Saintes Ecritures que cela se peut faire.

If » Le 11 May les Sindics rapportèrent qu'ils avoient été au

couvent des Augustins, et qu'ils leur avoient défendu à forme de l'arrêt , de permettre qu'on apportât cy après des enfans morts, ni de les faire veiller par des femmes, ni de tromper les gens de cette manière, en disant qu'ils font des miracles de résurrection, à peine d'estre chassés de la ville, à moins qu'ils ne puissent soutenir une telle chose par les S'«s Ecritures. Apres qu'on eut fait ce rapport deux des Religieux dudit couvent entreront disans qu'ils étoient commis pour cela, et qu'ils vouloient obéir à nos coramandemens.

Registres publics. cxxvii

En conseil des 200. on exposa que les parens de laq. Malbuisson avoient déia souvent dit que si nous le leur voulions relâcher pour nos prisonniers qui sont à Peney , ils feroient tous leurs efforts pour les faire relâcher. Ordonné que quoique ledit Malbuisson soit traître à la Republique et qu'il ne mérite pas d'estre accomparé auxdits prisonniers qui sont gens de bien; cependant afin que les> nôtres soient délivrés de tant de peines, qu'on le face si on peut^ moyennant qu'il ne sorte point de la ville.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 11 May P. Gallatin demanda qu'on luy payât un ton- // .v«y. neau de vin qui luy avoit été bû par ceux qui étoient allés à Peney le iour de l'ascension ; ce qu'on fit.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 17 May on reçut des lettres de Messieurs de Berne et 17 d'Amy Porral notre Ambassadeur contenans qu'on rappeloit M. Bischoff commis de Berne pour ses urgentes affaires. Ordonné d'écrire audit Porral qu'il prie Messieurs de Berne de renvoyer ledit Bischoff" pour se trouver aux disputes.

18 Mai (voir Grenus). 18

On parla de la démolition des fauxbourgs et on donna un rôle au sautier de ceux à qui il fera commandement d'abbattre leurs maisons.

Le 19 Mai , on reçut des lettres de Messieurs de Berne et 19 de Porral Ambassadeur, Antoine Bischoff" retourne à Berne, et on nous en renvoyé un autre en sa place.

21 May (.voir Grenus). st

On dit à M. Thomas Vandel Curé de S. Germain qu'avec l. Amé Curtet et le Secrétaire de la iustice il fît l'inventaire de tous les biens de la Cure et des Chapelles de S. Germain, et qu'ils les mettent en lieu seur pour en rendre conte.

Le 25 May L Aimé Curtet rapporta que les Chapellains 95 de S. Germain luy avoient répondu qu'ils avoient vendu les calices pour vivre et qu'ils n'ont pas d'autres biens. Sur quoy on ordonne qu'on diroit au procureur des altariens de S. Germain qu'il ne paye aucunes distributions aux Chapellains iusques à ce qu'ils ayent donné par inventaire leurs calices.

(Pour la suite voir Grenus).

cxxviii Extraits des

On parla de la dispute , parceque quelques uns cioyoienl qu'il falloit faire des affiches pour publier qu'elle seroit franche fcedulones propalantes disputam francam) on ne le trouva pas à propos; mais on dit qu'on feroit en sorte que la dispute se feroit en paix.

S() 3ifnj. Le 26 May en conseil des 200. on parla des disputes sur

les conclusions publiées par frère laques Bernard , et on arrêta que soit qu'il vint des étrangers pour disputer, soit qu'il n'en vint point, la dispute se fera par ceux qui s'y trouveront , puis que la fin à laquelle elle tend est de faire que les esprits des auditeurs étaus plus éclairés la République en soit plus tranquille. Et afin que cette dispute se pût faire plus commodément et plus tranquillement, on résolut de faire publier à soh de trompe qu'on ne face aucune iniure ou querelle à personne, et que tout le monde soit de la ville soit de dehors puisse librement disputer. Messieurs les Sindics firent savoir ces choses aux prêtres et aux Beligieux.

(Pour la suite voir Grenus).

Page 1