‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 78 sur 84 · Le Samedy 29 May on assembla le Conseil au suiet de la · texte numérisé non relu

Le Samedy 29 May on assembla le Conseil au suiet de la

dispute qui se doit faire par frère Liq. Bernard. On résolut que puisqu'elle avoit été notifiée à tous les circonvoisins, soit qu'il vienne des étrangers pour disputer, soit qu'il n'en vienne point, la dispute se feroit avec ceux qui voudroient disputer : et afin de garder la forme d'une vraye dispute , on élut 4 secrétaires pour écrire ce qui y seroit dit, ass. Cl. Roset, And. Viennois, Richard Vellut , et Fr. Vuarrier, notaires : et afin que tout s'y passe par ordre et qu'on face silence, on élut des Auditeurs pour y assister, ass. Mi. Sept, Cl. Savoye, L Balard, Gir. Delarive , Cl. de Chateauneuf, Cl. Richardet , Amy de Chapeaurouge et L Aimé Curtet. On ordonna aussi qu'on fît bonne garde par les portes et tours de la ville et sur les fossés de S. Gervais, et qu'on publie à son de trompe qu'on ne face aucun tumulte.

Frère lean Chapuis de l'ordre de S. Dominique, et le prieur du Couvent de Palais exposèrent que nous leur avions notifié la dispute qui se devoit faire, mais qu'ils n'avoient

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en leur couvent aucuns hommes lettrés; c'est pourquoy ils supplicient qu'on leur relâchât frère Guy Furbiti prisonnier, afin qu'il pût se trouver en la dispute. On ordonna qu'attendu que Messieurs de Berne nous ont écrit il y a longtemps à la requeste du Roy qu'ils étoient contens que ledit Furbiti fût libéré, pourvu qu'il satisfit au iugement, pardevant le 200 , et qu'il payât ses dépens , on permettoit qu'il sortît pour la dispute , ayant satisfait à ce que désirent Messieurs 'de Berne; et s'il ne peut pas payer maintenant les dépens, il retournera en prison après la dispute iusqu'à ce qu'il ait payé. Ce qui fut accepté par lesdits Religieux. On l'alla dire au dit Furbiti , mais il s'en excusa.

Le 31 May on parla de la dispute, à laquelle aucun des 5/ ^{«y. prêtres ne comparoit, quoy qu'on la leur ait assés notifiée. On arrêta que le lendemain Messieurs les Sindics iroient au Chapitre de S. Pierre et leur notifieroient la dispute et les prieroient d'y venir.

On arrêta aussi que le lendemain les Sindics et Conseillers se trouveroient à la dispute, et que le Conseil ne se tiendroit que l'apres disnée.

Le Mardy 1*^*^ luin les Sindics rapportèrent que s'estans i" luin acquittés de leur commission envers Messieurs du Chapitre ils leur avoient répondu qu'ils aviseroient s'ils y envoyeroient.

On donna avis que les droits de S. Gervais avoient été ôtés : on dit qu'il importoit à la ville que ces droits et biens soient conservés, et on donna charge à Cl. Pertemps de les faire mettre en seureté.

Baudichon de la Maison neuve ayant iniurié le Sindic Chiccand fut condamné à avouer en Conseil d'avoir mal dit, et à en demander pardon à Dieu et à la iuslice : ce qu'il refusa de faire : c'est pourquoy on l'envoya aux prisons de derrière S. Pierre. Le lendemain il satisfit à l'arrêt et fut délivré.

Le 2 luin on intercepta des lettres adressées à Nie. Guillet 3 par M. Pierre de la Baume •• on en envoya pronlement une copie à Berne.

Le 4 luin sur ce que Cl. Manna , F. Balon , l. Fouge , et 4

ex XX Extraits des

I. Vorse ont eu tous les biens de l'Eglise de S. Léger comme les cloches, la tuile, la fuste, le fer, un calice etc. On ordonne qu'on leur en feroit rendre conte.

On ordonna au Sautier de faire couper les arbres qui sont dans les iardins près des murailles depuis le boulevard S. Christofle iusqu'à l'eau verte. (Cette eau verte étoit près des Eaux vives).

* t«''i- Le 8 luin m'^*' Guill. Farel demandant qu'on contraignît les

prêtres à comparoitre aux disputes, on résolut que le sautier les averti roit d'y comparoitre en liberté.

Fr. L Chappuis lacopin exposa qu'il avoit été à la dispute, et qu'il souhaitteroit de s'y trouver encore, mais qu'estant demandé par son provincial pour aller à Besançon , il prie qu'on luy permette de luy obéir. On ordonna qu'il demeureroit encore cinq iours pour le moins.

Fr. laq. Bernard sacristain , Cl. Boulard , Est. de la Maisonneuve et Solliet Religieux du Convent de Rive présentèrent requeste alin qu'on leur donnât certains vestemens qui sont entre les mains de I. Bordon pour pouvoir vivre ; estans contens que la ville en prenne la part qu'elle voudra. On commit Est. Pecollet pour voir ce qu'il y avoit à faire là dessus.

Ordonné que Thomas Vandel face sonner la cloche pour le sermon du matin, et s'il refuse qu'on le contraigne. (Il étoit Curé de S. Germain).

(Pour la suite voir Grenus).

15 » Le 15 luin ceux de Rive demandèrent des pierres du Con-

vent de Notre Dame de grâces pour faire leur boulevard. On dit qu'on verroit.

16 <• Le 16 luin en conseil des 200. on lut le procès de Tho-

mas Moine, Fr. Ducrest, l. Levratte ieune , et L Blanc, qui ont été cités par plusieurs fois : ils furent condamnés, et la sentence fut lue par le Sindic Hudriod du Moulard.

^2 • Le 22 luin (voir Grenus).

^^ • Le 25 luin on reçut une lettre de P. Malbuisson écrivant

qu'il avoit appris que nous voulions torturer laq. Malbuisson et que si nous le faisions nous nous en repentirions : on dit

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au poitour que nous ne voulions rien faire sinon selon la iustice.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 28 luin entrèrent Cl. Bernard et autres de ses compa- ê8 lui». gnons, et exposèrent que comme tout le monde sait on avoit fait une dispute publique par laquelle on voyoit clairement que les images', la messe et autres inventions et idolâtries [idolotramenta] dévoient estre ôtées : Cependant que quelques garnemens crioient sans cesse par la ville et se moquoient de ceux qui prèchoient la parole de vérité et de ceux qui laimoient, disans . Quelle dispute est ce là qui a ruiné toutes Ips bonnes choses? et beaucoup d'autres choses : supplians qu'on procédât à une sentence et qu'on terminât l'affaire. On leur répondit que quand les secrétaires de la dispute auroient conféré leurs écrits , on verroii ce qu'il y auroit à faire.

Le 29 luin Nicod de Presinge prêtre semant par la ville 39 . que ce François qui fut hier brûlé au château de Peney avoit été délivré, et qu'il estoit assuré qu'il n'estoit point mort, il fut mis en prison et on lui donna trois traits de corde , parcequ'on sceut qu'il semoit ces mensonges pour tromper les bons citoyens (Ce martyr s'appeloit P. Goudet du val de Caille lez Paris).

Le 30 luiu ayans veu les indices contre Fr. Espaula garde 30 . de la tour de derrière l'escole prés du Lac , on ordonne qu'il seroit rais en prison.

Le Samedy 3 Juillet parceque ces traîtres nous font tant 3 iiniiet. de maux , môme près de la ville , on résolut de choisir 50 hommes tant à pié qu'à cheval qu'on tiendra prêts pour aller où M. le Commis de Berne conseillera: et on les nourrira dans les maisons des citoyens , en les changeant de maison de 15 en 15 iours,

(Pour la suite voir Grenus).

Le 5 Juillet on donna 8 livres de poudre aux 50 qui font 5 le guet, à la requête d'Est. Dada leur Capitaine.

Le 6 luillet on condamna Fr. iîls de l. Espaula citoyen à r, avoir la tôle tranchée et son corps mis on 4 quartiers, pen-

cxxxii Extraits des

dus en 4 gibets aux franchises, et sa tête mise sur la pierre à Niton , afin qu'on voye par quel endroit il promettoit aux ennemis de les faire entrer.

(Pour la suite voir Grenus).

/.'/ iKiiiit. Le 13 Juillet On parla d'assembler le 200. pour prononcer

la sentence contre M. Guillet , de Prato , Roy, Cl. Baud et autres citoyens. Comme aussi contre Antoina l'empoisonneuse. Le même iour en conseil des 200. on lut la lettre de ceux de Peney écrite par Nicod de Prato du 11 Juillet qui fait mention des prisonniers de Peney , huit desquels ils disent qu'ils veulent relâcher, ass. Mermet laccard, Henry Gueule, (Jirard Chabo, Gaspard Neyrod, Noël Excoffex , Benoit dit Dada, Cl. Bègue, et le Redan , pourvu qu'on leur rende laq. Malbuisson, Pesmes, Boccard, le petit de Prato, P. Baux, L Evrerad, Léger lorual , et Ant. Mulet, traîtres prisonniers: et si nous les leur rendons au château de Gaillard , ils nous rendront les nôtres en lieu de seureté. On résolut là dessus (pi'attendu les crimes dont laq. Malbuisson et les autres sont atteints et qui sont bien prouvés et confessés , il en falloit faire iustice le plus tôt qu'il se pourroit, et que Dieu auroit pour recommandés les nôtres qui sont innocens.

Apres avoir lu le sommaire du procès contre les sousnommés, ass. Mich. Guillet, Nicod de Prato, Fr. et Nie. Pennet, lean Odet, et Bart. Ducrest, Roland Taccou , Serraet fils de George Deschamps, L. Ponial, L Dumont dit Perreal, P. Malbuisson, Besançon de Muro, Tho. Ferra, Bes. lornal , L Régis notaire. Cl. Mersier appelle Guillard, P. Testador, Messire L de Fabrica , Messire P. Mermet, Messire CI. Dufour, laq. Grandchamp, P. Verdellet, laq. Goil , Nie Griffon. Fr. de Leschaux appelle Chaudellet, laq. Mulatier appelle Foissia , Cl. Vulliard , P. Brammet notaire , P. de Lacra notaire. Bernardin la Palud notaire, Gonin Mestral , Nie. Griffon, Fr. Roy le vieux et Fr, Roy le ieune , citoyens, bourgeois et habitans Genève, on arrêta qu'on prononceroit une sentence contre eux par laquelle ils seroient condamnés à 300 mille écus d'or sol, et qu'on prendroit leurs biens à bon conte, et à avoir la lèle tranchée: Cette sentence fut prononcée par le Sindic llud. Dumoulard, au lieu ordinaire du tribunal.

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Le 14 luillet on lut le sommaire du procès de la nommée i^ Juillet. Antoina fille de feu Guill. Vax de Bourg en Bresse, femme de L. Fr. de Poitou tondeur de draps ; attendu ses larecins et ses empoisonnemens qu'elle a avoués, elle fut condamnée à avoir la tête tranchée, et son corps pendu au gibet de Champel et sa tête fichée à un clou : Prononcée par le Siudic I. Philippin , et exécutée ce même iour.

Le 17 luillet on iugea laq. Malbuisson; il fut condamné à /r • cause de ses trahisons contre la ville à avoir la tête tranchée au Moulard , et son corps mis en quatre quartiers, sa tête fichée à un clou sur la porte du Moulard où il faisoit sa trahison, et ses quartiers pendus au gibet avec des chaînes de fer. Cette sentence fut prononcée par le Sindic Ânt. Chiccand.

Le 19 luillet en la halle du Moulard M. Ant. Saunier pré- lo dicateur de la parole de Dieu exposa qu'estant il y a trois iours avec deux frères de m*^" Guill. Farel et sept autres au lieu de Faverges sur le lac dAnessy, les officiers et gens dudit lieu environnèrent le logis où ils étoient et les assaillirent avec des armes et les prirent prisonniers; toutes fois que luy par l'aide de Dieu s'enfuit et s'échapa de leurs mains, et se cacha en un champ semé d'avoine, d'où il avoit ouy que ceux de Faverges avoient emprisonné six desdits hommes, et qu'ils en avoient déia rudement torturé quatre : C'est pourquoy il suppliûit qu'on y pourvût; sur quoy les Sindics allèrent reciter ces choses à Messieurs I. Rodolf de Diesbach , et Graffenried Ambassadeurs de Berne.

Le 20 luillet M. le Banderet Graffenried et I. Rodolf de êO Diesbach Ambassadeurs de Berne exposèrent que leurs Seigneurs avoient ouy les plaintes de ce que ceux de Peney ont fait, dont ils ont été fort fâchés : c'est pourquoy ils avoient écrit à M. le Duc qu'il se déportât de les soutenir dans son pays : à quoy le Duc avoit répondu que ce n'estoit pas luy mais l'Evéque seul qui faisoit ces choses : et que pour faire plaisir à Messieurs de Berne il avoit fait publier qu'on ne fît violence à qui que ce soit dans ses terres. De plus que leurs Supérieurs avoient vu des lettres envoyées à M. de Lullin Gouverneur de Vaud , qu'il ne souffnt point ceux de Peney

cxxxiv Extraits des

dans son pays. Qu'en suite ils avoient appris que nonobstant cela les troubles et les molestes ne cessoient point ; c'est pourquoy ils leur avoient donné ordre de venir vers ledit Gouverneur, vers les Châtellains de Morges, de Nion et de Gex, et vers ceux de Peney, ce qu'ils avoient fait. Que ledit Gouverneur leur avoit dit qu'il veut observer les sus dites lettres comme aussi le Châlellain de Morges ; que celuy de Nion leur avoit montré non seulement les sus dits ordres , mais encore un autre plus fort qu'il dit vouloir observer ; que le Châtellain de Gex avoit dit que M. le Collatéral Milliet avoit été vers ceux de Peney, et leur avoit fait des défenses de la part de S. A. Ducale. Qu'ils avoient dit à ceux de Peney que leurs Supérieurs avoient appris les brigandages, voleries , meurtres , et autres méchancetés qu'ils avoient fait contre Genève, lesquelles leurs Supérieurs ne pouvoient plus supporter : c'est pourquoy ils leur mandoient qu'ils se retirassent dudit château, et qu'ils cessassent de faire tant de maux^ autrement ils y pourvoiroient. Que lesdits Ambassadeurs leur avoient demandé réponse, mais que ceux de Peney avoient demandé quelques iours, au bout desquels ils leur avoient envoyé une lettre close adressée à Messieurs de Berne et au Cons. des 200. Ils dirent encore si nous leur voulions commettre quelque chose , parcequ'ils s'en alloient auiourduy. On les remercia amplement , et on leur donna réponse par écrit, par laquelle on dit que nous avions bien vu la copie des cries faites de la part du Duc, mais que nous n'en avions senti aucune utilité, parceque nonobstant cela on garde la défense des vivres; et même qu'ils avoient pris I. Mestral dit Genève, comme aussi six François au lieu de Faverges, qu'ils avoient rompu la maison de Cl. Roset à Chaumont, et qu'ils avoient assailli I. de Gex , I. Conte , Michallet , et plusieurs autres. On les pria d'exposer ces choses à leurs Seigneurs et de les prier de nous secourir.

On envoya Cl. Bernard à Berne avec lesdits Ambassadeurs pour mieux informer Porral notre Ambassadeur. Si hiiiiei. Le 2-2 luillet on ordonna pour éviter les infections d'ouvrir

le guichet de la porte Baudet , les chaines demeurans tou-

Registres publics. cxxxv

jours teudues, lequel encore ou fermeroit pendant qu'on tiendra le Conseil.

Le 23 luillet on parla de m*' Guil. Farel qui a commencé 55 luuiet. de prêcher en la paroisse de la Madelaine, dont plusieurs sont scandalisés. Sur quoy on ordonne de dire audit Farel qu'il cesse de prêcher en ladite Eglise de la Rladeiaine, iusqu'à ce qu'il eu soit connu.

Le 27 luillet entra m"" Farel et les autres prédicateurs avec gr luy, il fit le rapport de la dispute. En en parlant on dit qu'ils prêchoient à la Madelaine et on résolut de leur dire qu'ils cessent iusqu'à ce qu'il en ait été connu en la iournée qui se doit tenir devant Messieurs les Suisses.

On donna charge à Est. Pecolat de nommer 2 ou 3 capables pour gouverner le couvent de Rive.

Le 30 luillet Monet Meunier demanda congé pour aller à 30 Toulouse : on le luy refusa à cause des occurrences.

On appella en Conseil Guill. Farel, et on luy remontra qu'il devoit avoir obéi à nos commandemens, et n'y pas contrevenir en prêchant en l'Eglise de la Madelaine. Après nous avoir fait de longues remontrances par l'Ecriture^ il dit, « Messieurs ie vous prie de faire des commandemens iustes « ausquels on puisse obéir, de peur que ie ne sois contraint « de dire ce qui est vray, qu'il faut plutôt obéir à Dieu « qu'aux hommes ; et afin que vos commandemens se facent « avec plus de tranquillité , assemblés le conseil des 60 , ou « celuy des 200. si on le trouve à propos, afin que ce qui « y sera résolu demeure ferme. » Ce qu'ayant ouy , on dit audit Farel et à ses compagnons qu'ils se contentassent pour maintenant de prêcher au couvent de Rive et en l'Eglise de S. Germain, pour de bonnes raisons.

Le Dimanche l^r Aoust on dit que m* Guill. Farel avoit i" Aoust. demandé le Conseil des 200. pour la raison cy dessus. Ordonné qu'on ne luy doit pas accorder ledit conseil des 200.

Parceque demain selon la coutume on doit tenir la foire, laquelle les Savoyars désirent de destruire, il fut avisé qu'un ou deux Conseillers iroient au pont d'Arve , et prendroient garde que les citoyens ne tiennent la foire au delà .du pont.

cxxxvi Extraits des

et inviteroient les étrangers à venir à Plainpalais, et cela afin qu'on ne s'accoutume à tenir la foire audit lieu hors de la ville contre nôtre coutume.

s Aoiiat. Le 2 Âoust Cl. Bernard Ambassadeur à Berne estant de re-

tour on lut les lettres de Messieurs de Berne, qui écrivent que quelques uns de ceux de Peney se veulent soumettre à leur connoissance au suiet de la sentence qui a esté prononcée contre eux, et que nous leur écrivions si nous voulons qu'ils connoisseut de la dite affaire.

3 » Le 3 Aoust Amy de Chapeaurouge rapporta que pour re-

faire la pièce d'artillerie qui fut rompue devant le château de Peney le iour de l'Ascension dernière, laquelle pesoit 16 2 8 livres, il avoit livré à P. de Bages et à lulian le fondeur les morceaux de la dite pièce, et pour la renforcer 6 62 livres de cuivre, et une cloche pesant 13 37 livres, et qu'ils ont auiourduy commencé à la fondre. Quand la pièce fut faite elle pesa 28 6 3 livres.

8 , Le 8 Aoust pour épargner la dépense on résolut de révo-

quer les 50 hommes pour le guet, et on arrêta qu'on garderoit les portes, chaque Capitaine des quartiers donnant ordre à la porte la plus voisine.

On appella m" Guill. Farel, et on luy demanda pourquoy il avoit prêché auiourduy en la Cathédrale de S. Pierre puisqu'on luy avoit deia défendu de ne prêcher point ailleurs que dans les lieux accoutumés. Il répondit qu'il s'étoimoit pourquoy on luy demandoit cela, puisque c'estoit une chose sainte, et selon Dieu et son Evangile: qu'il avoit demandé le 200. il y a quelque temps, afin de voir s'il y devoit prêcher , lequel luy avoit esté refusé ; c'est pourquoy il étoit allé dans le lieu où il avoit sceu que le peuple étoit assemblé pour ouyr : il demanda encore le 200. On luy dit quil ne prêchât pas davantage à S. Pierre iusqu'à ce qu'on en ait autrement ordonné- 11 pria encore qu'on luy accordât le conseil des 200. qu'on n'a pas accoutumé de refuser à personne. On luy dit qu'on l'entendroit le lendemain en conseil ordinaire après quoy on aviseroit touchant le 200.

Le même iour après souper on assembla le Conseil parce-

Registres publics. cxxxvii

que quelques citoyens avoient brisé les images de S. Piètre. Ces images furent mises par terre parceque les prêtres se moquent de Dieu et des gens.

Le 9 Aoust on parla des images et autres effets abbattus à 9 Aoust. S. Pierre et ailleurs, et on sceut que Vandel , Baudichon de la Maisonneuve, Amy Perrin et autres en grand nombre alloient au son du tambour au convent de notre Dame de grâces ; c'est pourquoy Messieurs les Sindics ayans pris leurs bâtons allèrent à eux pour leur faire défense de démolir ni gâter aucune chose. Apres quoy ils revinrent avec le Sautier, et rapportèrent qu'ils avoient fait les dites défenses par plusieurs fois, mais que nonobstant cela les susnommés avoient brisé presques toutes les images du dit convent, excepté le tableau de la chapelle de notre Dame : ce que voyans lesdits Sindics, ils avoient apporté l'image de notre Dame de grâces.

L'apres disnée on ordonna qu'on mettroit deux preudhommes avec deux guets pour garder le temple de S. Pierre, de peur qu'on y dérobe quelque chose, iusqu'à ce qu'autrement soit avisé.

A cause du brisement des images fait par ces coureurs d'hier et d'auiourduy, on appella Amy Perrin, P. Vandel et Baudichon de la Maisonneuve , parceque c'esloit eux qui avoient conduit ceux qui rompoient les images- On leur demanda s'ils ne vouloient pas obéir à la iustice. Ils répondirent qu'ouy : et touchant le brisement des images ils répondirent qu'il estoit vray qu'ils les avoient détruites, mais qu'ils ne croyoient pas avoir manqué en cela , puisque ces choses avoient été dressées contre la Parole de Dieu. On les renvoya au Conseil des 200. pour le lendemain.

Le 10 Aoust en conseil des 200. assemblé soit selon la re- fo solution d'hier, soit à la requesle de Farel, ledit Farel entra avec P. Viret, laq. Bernard, et frère laques Cordelier ; il fit un grand discours et exposa qu'on avoit fait une dispute publique à laquelle les Prêtres avoient été invités pour soutenir leur pratique : Que luy et ses compagnons avoient offert de soutenir tout ce qu'ils avoient prêché , même iusqu'à la mort,

cxxxvin • Extraits des

comme ils se soumettent encore à subir la mort s'ils ont dit quelque chose contre les Saintes Ecritures, et s'ils en sont convaincus par les prêtres ausquels ils ne demandent rien , sinon qu'ils se convertissent à Dieu; Supplians qu'on iugeât sur ladite dispute. Après avoir long temps débatu sur toutes ces choses, on résolut qu'on appelleroit les prêtres au Conseil , et qu'on leur proposeroit s'ils veulent soutenir les Messes et les images : que si on trouve que l'on a mal fait d'avoir rompu les images, on y mettra de l'ordre: cependant qu'on ne les abbatte pas davantage , et qu'on ne célèbre point la messe , iusqu'à ce qu'il en ait été connu : et qu'on écrive ces choses à Messieurs de Berne, afin que sur leur réponse on se puisse mieux conduire.

Parceque ce brisement d'images d'hier cause de telles douleurs aux prêtres, qu'il est vraysemblable qu'ils veulent s'en aller , et qu'on soupsonne qu'ils n'emportent hors de la ville les droits et loyaux des Eglises, on ordonne que tous les biens des Eglises seroient inventorisés , et on députa divers Conseillers pour cela.

Apres que le 200. se fut retiré on dit que si on cessoit de dire les messes, le peuple se pourroit mutiner, c'est pourquoy on dit qu'on assemble le Conseil ordinaire l'apres disnée pour y aviser.

L'apres disnée on ordonna que pour le bien de la République et afin que les biens des Eglises et Convens ne se perdissent, on établiroit des preudhommes qui mettroient le tout en seureté.

// AouH. Le 11 Aoust (voir Greiius).

/? . Le 12 Aoust on appella les Religieux des convens de Pa-

lais, de Rive, de S' Claire, et de N. D, de grâce, pour ouir le sommaire de la dispute qui a esté faite ; desquels vinrent fr. P. Chappelain , Est. de la Maisonneuve, Solliet, et P. Petit, religieux de Rive de l'ordre de S. François; fr. Guill. Laurent prieur de Palais, Cl. Boulet et Fr. Bongain de l'ordre de S. Dominique; Coutellier, Amy de la Rue, et P. Bidal de Tordre de S. Augustin ; P. Gautier et Philibert Dubois de l'ordre des mineurs du Convent de S^e Claire: ausquels

Registres publics. cxxxix

on fît plusieurs remontrances, on lut le sommaire de la dispute , et enfin on leur demanda s'ils avoient quelque chose à dire sur cela, et s'ils vouloient représenter quelque chose pour montrer que les images ne dévoient pas avoir esté ostées, et pour prouver qu'on les devoit honorer, invoquer les Saints, chanter les messes, et observer les autres cérémonies. Lesdits Religieux répondirent l'un après l'autre qu'ils ne sçavoient rien répondre au dit sommaire de la dispute , mais qu'ils étoient simples, qui avoient accoutumé de vivre comme leurs pères leur avoient appris, ne s'enquerans point de semblables choses- c'est pourquoy ils supplioient qu'on les laissât dans le service auquel ils ont été cy devant . s'offrans à servir la ville comme ils ont fait.

Apres disner 3 Sindics et 2 Conseillers furent en la maison d'Aimé de Gingin abbé de Beaumont Doyen des chanoines de S. Pierre : ils y trouvèrent Mie. Navis , et Conrad Hugues Chanoines, P. Choudet vicaire de l'Eglise de S^e Marie la neuve , Charles Dunant vicaire de S. Germain , Biaise de Crose, Guill. Canal, I. L. Rarael, et autres prêtres en grand nombre. Ils leur dirent que les Sindics et le Conseil estoient fâchés que les choses ne fussent pas allées dans un autre ordre qu'elles n'avoient fait ; que l'on avoit fait une dispute à laquelle tous les prêtres et autres avoient été plusieurs fois invités, même à son de trompe; que quoy qu'ils ne fussent pas venus, la dispute n'avoit pas laissé de se faire; que l'on avoit fait un sommaire de ce qui y avoit été dit, qu'afin que les choses fussent mises dans un meilleur ordre on avoit ordonné qu'on leur liroit ce sommaire, afin que l'ayant ouy ils puissent avoir un meilleur avis. Lesdits prêtres répondirent par lorgane de M. de Beaumont et de M. Mie. Navis qu'ils ne vouloient rien ouir de ce sommaire, ni de ce qui avoit été dit et prêché par Farel , mais qu'ils vouloient vivre comme ils ont accoutumé, supplians qu'on les laissât en leur manière de vivre {in sua faclione).

Le 13 Aoust ou rapporta que plusieurs s'en alloient tous les ^3 Àoii.it. 'ours de la ville. Ordonné qu'on ne laisse sortir personne sans qu'il montre une permission des Sindics; et on résolut

ex F. Extraits des

que si quelcun s'en veut aller , on l'écrive en un livre , et qu'il y vienne écrire luy même qu'il renonce à la bourgeoisie.

(Pour la suite voir Grenus).

/J Aotist. Le 15 Aoust à 2 heures après minuit on assembla le Con-

seil à cause de M. I. Roy Chapellain (ce ï. Roy ou Régis prêtre ôtoit frère des deux Fr. Roy condamnés; voir plus haut) qui avec deux de ses complices a esté trouvé derrière S. Victor dérobant les chevaux des bouchers. On l'envoya eu prison.

^^ • Le 16 Aoust No. Ant. BischoflF commis de Messieurs de

Berne dit qu'il avoit ordre de ses Seigneurs de nous dire que pour nous servir ils avoient employé beaucoup d'argent, et qu'ils s'étonnoient que nous ne songions du tout point à les payer, ce qui faisoit qu'ils étoient fort irrités contre nous. On résolut qu'on vaqueroit incessamment à trouver de l'argent. On reçeut aussi une lettre d'Amy Porral notre Ambassadeur parlant de la même chose.

L'apres disnée on résolut de faire apporter en la maison de ville les loyaux des Eglises, afin de voir si nous pourrions emprunter de l'argent dessus

M. Thomas Vandel Curé et M. Charles Dunant vicaire de S. Germain apportèrent une croix, certains reliquaires et des calices d'argent. On apporta aussi une custode et autre vaisselle d'argent de S. Gervais ; les procureurs de la confrairie de nôtre Dame du Pont apportèrent un calice et une patène d'argent: comme aussi les procureurs de S'® Marie la neuve: le Trésorier apporta de la vaisselle brisée qui luy avoit été remise par ceux qui ont démoli les images à S. Pierre.

Comme on eut fait appeler George Dentand et Amy Andrion procureurs de la Madelaine ( les loyaux de l'Eglise de la Madelaine valoient plus que ceux de toutes les autres Eglises ensemble) Henry Potier, I. L. Ramel , Ant. Fabri , et P. Bienvenu, vinrent se plaindre, et avec I. Balard, Est. Pecolat, et Cl. Chateauneuf voulurent savoir pourquoy on demandoit ces loyaux : ils firent plusieurs plaintes de la Messe et des images, et supplièrent qu'on leur laissât un calice, et qu'on permît (que tous les iours on dit à la Madelaine du

Registres publics. cxli

moins tiois Messes, ou deux, ou au moins une, et qu'on fit du reste comme on voudroit. Cependant ils baillèrent une croix, des calices, et autres vases, et retinrent pour eux un calice doré.

Le 18 Aoust le docteur Gros fut pris près de Bernex par fS aousi. P. Vandel et autres.

Le 19 Aoust (voir Grenus). ^^

En conseil des 200. on parla de Spect. Cl. Gros docteur aux droits, qui fut pris hier par nos gens, comme étant luge de Peney. On l'interrogea , et il dit qu'il étoit vray qu'il avoit esté luge des trois châteaux , mais ÎJue depuis 8 iours l'Evéque ayant appris qu'il n'avoit pas voulu iuger ces innocens qui sont prisonniers au château de Peney, il s'étoit irrité contre luy et Tavoit cassé de sa charge , de sorte que maintenant il est extrêmement hay de ceux de Peney, qui disent qu'il supporte ceux de Genève parcequ'il ne les a pas voulu iuger ; disant qu'il a écrit son avis, qui étoit qu'on les devoit libérer, avec quelque amende, de peur qu'il ne semblât qu'ils eussent été pris tout à fait iniustement. Il dit encore qu'on les avoit interrogés touchant le crime de lèse maiesté dont plusieurs étoient accusés , un certain homme ayant soutenu qu'au temps que l'Evéque étoit encore en cette ville on avoit fait une assemblée chés L Philippe ou Mich. Sept , où s'estoient trouvés plus de 120 hommes, qui avoient coniuré de tuer l'Evesque et tout le clergé en une procession : item touchant le poison : item touchant le feu : item touchant plusieurs autres crimes, dont il n'avoit pas trouvé des indices suffisans. On ordonna que ledit Docteur Gros seroit délivré; il fut accompagné iusqu'aux franchises par plusieurs du Conseil et du peuple.

Le 20 Aoust on donna permission à 4 marchans d'aller à ^0 Zursac.

Le 21 Aoust (voir Grenus). Sf .

Le 24 Aoust (idem. Pour la départie des Sœurs de S. ?■> (Claire voir Grenus et le Levain du Calvinisme par leanne de Iiissy.)

Le 25 Aoust ayant veu les lettres d'Amy Porral notre Am- ^^

(ALii Extraits des

bassadeur et l'arrêt fait à Bade le 21, on résolut de faire des cries qu'on n'innovât rien , et qu'on n'offensât personne à peine de trois traits de corde.

On luy écrivit que ceux de Peney avoient encore pris d'autres citoyens.

90 Aoiist.. Le 26 Aoust on vit des hommes armés en grand nombre

aux eaux vives, venans contre la ville: ce qui fit qu'on sonna l'alarme.

?r . Le 27 Aoust Fr. Boulet Religieux de Palais exposa qu'il

étoit envoyé par ses confrères, et par le prieur, parcequ'il y avoit quelques uns de leur couvent qui avoient fait certaines fautes, mais qu'ils ne peuvent arrêter sans aide, parcequ'ils sont trop rebelles; c'est pourquoy ils demandoient qu'on leur accordât deux ou trois de nos officiers pour leur aider. Ordonné que les Sindics iroient au dit Couvent et verroient ce qu'il y a entre ces religieux.

La maison de l'escole estant incommode et froide , ordonné que le recteur (ou grand régent) de l'escole viendra demeurer au couvent de Rive, y ayant plusieurs chambres vuides et une grande sale.

Cl. Chasteauneuf et Est. Pécollat se plaignirent (ju'hier au soir comme on sonna l'alarme, eux ôtans courus à la porte de Rive selon leur devoir, ils y trouvèrent Baudichou de la Maisonneuve et plusieurs autres avec luy qui les avoient iniuriés.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 30 Aoust on iugea M. Gonin d'Orsières (qui avoit été accusé par Antoina l'empoisonneuse) ass. qu'en iurant pour luy de la vérité de ses défenses il seroit absous; sauf d'autres preuves contre luy r On fit une même sentence touchant l. Gardet qui avoit été emprisonné avec luy pour le même suiet.

On libéra aussi des prisons Fr. Perret, à condition qu'il couvrît le boulevard qui est au milieu des murailles de S. Gervais qu'on appelle le demi-rond (Il fut abbattu environ l'an 16 87 ).

ô Srptcmhre. Le 5 Septembre on élut pour aller on Ambassade en Suisse Cl. Savoyo , l. LuUin , et George de Les Clefs, qui se ioin-

hegislres publics. cxlhi

dront à Amy Porral : on leur recommanda sur toutes choses que rien ne se fît au préiudice de la bourgeoisie avec Messieurs de Berne , de l'arrêt de S. lulien et de la sentence de Payerne.

Cl. Savoye rapporta qu'il avoit baillé à Messieurs de Berne 500. écus à bon conte.

Le 7 Septembre (voir Grenus). 7 Septembre.

Ce iour partirent les Ambassadeurs pour aller à la iournée de Bade.

Le 10 Septembre on ordonna que Técole seroit transportée 10 . au convent de Rive.

Pour la garde et seureté de la ville, ordonné de fermer la porte de S. Léger.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 11 Septembre ceux qui faisoiont la garde dans la tour// du côté de Palais s'estans plaint que les tillauts qui sont au couvent de Palais empêchent qu'ils ne puissent découvrir ces endroits là qui en sont entièrement couverts , ordonné que deux tillauts qui sont en la l"^** place du dit convent seront coupés.

Le 17 Septembre (voir Grenus). /: .

Frère Solliet de l'ordre de S. François pria qu'on luy donnât des vêtemens , puisqu'il avoit quitté l'habit pour suivre l'Evangile. On le luy accorda des biens du Convent de Rive.

On parla des excès que font ces gens qui détruisent les images , et on ordonne d'appeller Baudichon , Amy Perrin et les autres, et de leur faire des défenses d'entrer dans S, Pierre. On appella les susdits et Cl- Bernard, on leur flt les dites défenses, et on protesta contre eux que nous n'avions point consenti à la destruction du tableau de notre Dame de grâces.

Le 21 Septembre on parla des convens de S. Augustin et 2f de S. Dominique lesquels les Religieux dépouillent de toutes choses. On envoya des gens pour mettre tout ce qu'il y avoit dans ces convens en seureté-

Le 24 Septembre on convoqua le Conseil en la halle du 24 Moulard pour le suiet suivant : c'est que ce iour de grand

cxMV Extraits des

mgtin Mich. Guillet, Barbei , Boudry, Lucinge, Rossillon , et plusieurs autres, avec les traîtres qui sont à Peney sont venus à Plainpalais, où ils ont dérobé un cheval et un chariot, et après cela se sont retirés au delà du Pont d'Ârve , où ils se sont retranchés avec des tonneaux et des baies de laine , ils ont posé des gens dans des fossés, et derrière des hayes, et dans la grange de I. de Pesmes , se cachans près de l'Arve avec des arquebuses, où ils ont" attendu iusques. à ce que quelques Genevois ayent paru , et voyans que personne ne venoit à eux ils ont deplatelé {deplatonarunt) le pont, et ont tiré des pièces d'artillerie : ceux de la garde de Genève y sont accourus, et alors ceux qui étoient cachés le long de l'Arve en ont blessé deux : Les citoyens voyans qu'il y avoit là une entreprise contre la ville sont sortis en bon ordre avec une grosse pièce d'artillerie et 4 petites, et sont allés iusqu'au pont levis. Les ennemis ont tiré plusieurs coups de grosses arquebuses dès la grange de de Pesmes, dès le bout du pont, et dès les maisons au delà du pont: les citoyens aussi ont tiré l'artillerie contre les ennemis, et les ont contraint d'abandonner le pont et la place: après quoy ayans refait le pont d'Arve ils ont passé au de là où ils n'ont plus trouvé personne : ils ont brillé le lieu et sont retournés en ville , amenaus les laines et autres choses dont les ennemis s'étoient fortifiés. Sur quoy on a écrit au châtelain de Ternier nomé Faulcon pour savoir comme il l'entend puisque ces choses se sont faites rière sa iurisdiction.

Le Conseil s'estani ensuite assemblé en la Maison de ville, on parla de faire un prévôt qui face obéir les rebelles, comme aussi un Capitaine gênerai en la place de l. Philippe, qui refusa de servir à cause de sa maladie ; et de mettre des gardes en la toar de notre Dame de grâces. On élut pour prévôt Dominique d'Arlod : on donna charge à P. Vandel de mettre des gardes en la dite tour.

20 Septembre. Le 26 Septembre en Conseil des 200. on résolut que L Philippe demeure Capitaine gênerai, et on élut Michel Sept pour son Lieutenant. On confirma le susdit Prévôt. l. Luilin et George Desclefs Ambassadeurs retournèrent de

Hef/istres publics. cxlv

Bade où il y a eu une iournée contre le Duc de Savoye . ils rapportèrent que Piochet et Fontanel Ambassadeurs du Duc avoient demandé qu'on observât l'arrôt fait à Lucerne, qui est que le Duc et l'Evéque viennent à Genève et y soient conduits par Messieurs de Berne ; que le Duc demeure en toutes ses prééminences; que les traîtres qui sont à Peney puissent retourner dans la ville et soient tenus pour gens de bien; que personne n'innove, et que si le Duc fait tuer quelcun , il soit tenu à payer 200- écus etc. Qu'eux Ambassa deurs de Genève n'avoient rien demandé sinon que l'arrêt de S. Tulien et la sentence de Payerne fussent observés. Que Messieurs les Suisses voyans que ceux de Genève demeuroient tîxes à cela, avoient dit qu'ils ne se vouloient pas mêler plus avant de leurs affaires, et ainsi que la iournôe s'étoit terminée : et que Cl. Savoye étoit resté à Berne pour voir quel seroit le sentiment de Messieurs de Kerne.

Le 29 Septembre (voir Grenus). ?5i v,,,./..,,

1. Philippe ayant refusé la place de Capitaine gênerai on élut Baudichon de la Maisonneuve , qui prêta serment de cette charge : on luy ordonna de faire faire bonne garde et de n» point faire faire de sortie sinon par la résolution du Conseil.

Le Dimanche 3 Octobre (voir Grenus^. 'i (k-ivI»;

Le 5 Octobre On dit que cette nuit il nous doit venir du » secours de Neufchàtel. Sur quoy on donna charge à Baudichon capitaine gênerai de loger les hommes de ce secours.

(Pour la suite voir Grenus).

Le 8 Octobre (voir Grenus). 8

Le 9 Octobre on reçut des lettres de Messieurs de Fribourg u qui demandent que nous leur renvoyions ceux de leurs suiets qui sont venus vers nous : on leur récrivit que nous n'en savions point , et que si nous en connoissions nous leur montrerons leurs lettres.

On dit que les Religieux du couvent de S. Augustin emportoient tout ce qu'ils pouvoient. Ordonné que Baudichon Capitaine général y prenne garde, et face apporter en ville ce qu'il trouvera encore au dit convent.

GXLvi Extraits des

Ordonné qu'on publieroit que tous les citoyens, bourgeois et habitans qui sont dehors retounjenl dans 6 iours pour défendre la ville, à peine d'estre traités comme traîtres. 10 Octobre. Le 10 Octobre sur l'avis que quelques gens de guerre des-

cendoient de Neufchastel à nôtre secours, on proposa comment on les recevroit. On élut I. Lambert pour fourrier pour les loger; et pour les payer on résolut de faire de la raonnoie à nos armes.

On parla de 32 soldats qui sont icy qui demandoient leur payement; on dit que s'ils veulent demeurer pour 4 sous par iour, qu'ils demeurent.

if » Le 11 Octobre (Les Neufchatelois à Gingin , bataille voir

Grenus).

Ce même iour d'Arlod , Thibaud Tocker et L Lamber qui sont allés vers les Ambassadeurs de Berne ayans eu parole des Gentilshommes furent pris par les Gentils. ^2 * Le 12 Octobre ordonné que P. Sales, qui avoit été arrêté

pour avoir fait contre nous soit mis en prison et gardé iusques à ce que nous sachions ce qu'on fera des nôtres qu'on a arrêtés. (Le Gouverneur de Vaud les fit conduire au Château de Chillon.)

Les procureurs de l'hôpital des pauvres demandèrent qu'on leur expédiât des draps et meubles de S. Pierre et des paroisses pour l'usage des pauvres. Ordonné qu'on leur baillera tout ce qui sera propre pour cela.

Messieurs Louys de Diesbach et L Rodolf Neiguely Ambassadeurs de Messieurs de Berne arrivèrent, et nous dirent, « Nos Seigneurs et Supérieurs sachans qu'une assemblée de « gens s'estoit faite sur le Vaux travers, et qu'elle étoit con- « duite par ceux de Neufchâtel par les montagnes pour venir « en cette ville , non sans danger à cause du peu de gens « qu'ils étoient, car ils ne pouvoient être en tout que 450, « et cependant il y en avoit plusieurs des suiets de Mes- <-< sieurs de Berne ; et ils avoient à faire aux Nobles et autres « gens du pays assemblés de tous côtés sur les chemins au «» nombre de plus de 3 ou 4 mille ; Nous ont envoyé pour « les admonester à s'en retourner et pour faire qu'ils fussent

Regislres publics. cxlvii

« en assurance, puisqu'ils ne pouvoient pas venii- en seurelé. « Quand nous avons été à Copet nous avons trouvé les Gen- « tilshommes et le Gouverneur de Vaud , de qui nous sceu- « mes que nos gens étoient attendus le Dimanche matin. Nous « fumes d'avis de les aller trouver et les faire retirer en as- « surance en leur pays aux dépens de M. de Savoye : mais « ledit Gouverneur et les Gentils nous entretinrent un peu « trop le matin, de sorte qu'il étoit tard quand nous arri- « vâmes à Gingin vers lesdites gens, où nous trouvâmes qu'il K s'estoit déia donné deux ou trois combats , dans lesquels « beaucoup de gens étoient morts d'un cùté et d'autre: tou- « tesfois plus d'un côté , car des Savoisiens il en demeure « plus de 1-20. même Ton dit 200. et peut-être plus. Comme « nous vismes cela nous les fismes cesser; car ils vouloient « touiours courir, et les Savoisiens étoient en grand nombre, « et tout prêts pour les bien recevoir. Ainsi nous parlâmes « aux nôtres . et leur fîmes commandement de la part de nos « Supérieurs de se retirer, sinon qu'ils voulussent et pussent « venir dans Genève pour la garder tant seulement , sans « point courir autre part. Nous fismes aussi entendre à ceux « de Neufchâtel, que les Savoyars étoient en grand nombre, « et qu'il y avoit du danger à venir, et qu'il seroit mieux « qu'ils se retirassent pour ce coup avec une bonne victoire « que de se mettre en plus grand danger , ayans égard à ce « qu'ils avoient été deux iours sans manger: nous fûmes d'a- « vis que M. le Gouverneur leur donnât assurance, ainsi ils « vinrent à Founex où on leur bailla à boire et à manger, « après quoy ils se sont retirés en seureté en leur pays. Nous « sommes revenus à Copet avec M. le Gouverneur et autres, « à qui nous avons parlé de faire quelque traitté. C'est poui- « quoy nous vous demandons maintenant que vous nous ré- « pondiôs si vous voulés être contens que ceux de Peney, de « iussy, et autres se déportent de plus vous piller et nioles- « ter, et que vous faciès le semblable, ass. que ne sorties « point sur eux. »

On les remercia, et on leur dit que nous étions surpris de ce qu'ils avoient rnnvoy.' ?inhv' sp<"niii'«; , puis qu'il-^ savoioiit

Ex/rails des

que nous étions dans une si grande calamité : nous répondîmes que nous ne voulions point traitter avec ces traitres de lussy et de Peney, mais que nous supplions les Supérieurs des dits Ambassadeurs de nous vouloir aider à repousser les dits traitres.

j 5 Octobre. Le 15 Octobre on parla de j\o, bastard de Wuf-

flens prisonnier à l'instance des'parens de I.-Darlod, l. Lambert et Thibaud Tocquer : ordonné qu'il seroit gardé seure' ment dans les prisons.

(Pour la suite voir Grenus).

On dit que ceux qui alloient en habits sacerdotaux étoient en danger de les perdre, parcequ'ils sont haïs de nos gens de guerre; c'est pourquoy on résolut de les avertir doucement de poser ces habits et de cesser d'administrer les sacremens, s'ils ne veulent pas soutenir qu'ils sont selon la doctrine de l'Evangile.

La femme de I. Lect et celle de INic. Voisin supplièrent qu'on excusât leurs maris de ce qu'ils ne pouvoient pas venir : on leur dit qu'on y aviseroit.

/i* » Le 19 Octobre (voir Grenus).

Messieurs de Ghoulex écrivirent prians qu'on relâchât un appelle Choupin de Cologny : on leur répondit qu'ils relâchassent un appelle le Bossu qu'ils ont pris à Copet et on relâcheroit l'autre.

ivr Michel Chenu religieux de S. lean fit représenter qu'il avoit dessein de demeurer en cette ville rière laquelle sont quelques biens du dit convent, ass. une vigne et un moulin vers S. Gervais ; et par ce qu'il sait que le prieur et les autres religieux ne lui veulent rien donner pour se vestir et se nourrir , il pria qu'on le maintînt en possession desdits fonds. On résolut de luy dire qu'estant religieux du dit convent il prenne des biens qui en dépendent comme il trouvera à propos, parceque nous ne l'empescherons point, et que nous ne voulons point détruire ni piller ledit convent, puisqu'il est hors de notre territoire.

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