A ESTÉ ORDONNÉ SUR LES AFFAIRES DE LA GUERRE
Pierre Vandelli aura cent hommes : Cl. Bernard cent hommes : Henry Dolent cent hommes : laq. de Granson aura les étrangers. Les 3 premiers de ces Capitaines seront tenus de se trouver tous les iours en la place du bourg S. Gervais une heure avant la nuit , avec chacun un dixenier de sa bande, et ses dix hommes, pour aller au guet où il leur sera ordonné. laq de Granson s'y trouvera aussi avec six hommes de sa bande : le tout outre le guet ordinaire. Ou publiera qu'aucun n'ait à aller voir le guet sinon ceux qui seront ordonnés pour cela , à peine de trois traits de corde. Le mot du guet se donnera aux dixeniers du guet. On fera neuf cabanes de bois sur les murailles. Ceux du guet ordinaire le feront en personne. Lesdits Capit. Vandel, Dolent et Bernard, ou leurs enseignes ou Capitaines d'esquadre, se trouveront au point du iour tous les matins au dit guet avec chacun cinq hommes de sa bande , qui relèveront les autres dix , et qui seront relevés à midy par autres cinq, qui demeureront iusqu'à la nuit que le guet s'asserra. laq. de Granson fera de même avec 3 des siens avant midy , 3 après midy. et six la nuit- On ordonnera un Capitaine qui aura la charge sur les batteliers , qui les enrôlera tous, et les fera assembler au moulard , quand on en aura affaire. La porte du pont du Rône sera toute la nuit fermée à la clef, et on ne l'ouvrira qu'à ceux qui auront le mot du guet. On ne laissera plus sortir personne de la ville sans congé.
ci.xvi
Extraits des
/ lanvicr. .^JyWw^P'/'^^C E Samedy 1 lanvier on écrivit au Roy par
un de ses trompettes (trompeta) qu'il avoit envoyé à M. de Yerey.
Le 3 lanvier ceux des garnisons (de garni- ^sonihus) de Gaillard, de lussy, de Cologny, de Confignon, de Lancy, de Saconnay de là d'Arve , et du Plan les Ouattes, {de Piano occarum) attaquèrent nos citoyens qui étoient occupés à recueillir du bois proche du pont. On sonna l'alarme et plusieurs des nôtres y coururent ; toutefois la nuit obligea nos gens à se retirer : les autres saisirent le pont que nous avions laissé, et s'efforcèrent de prendre nôtre tour auprès dudit pont, et de fait ils l'attaquèrent vigoureusement; il y avoit parmy eux I. Amblard de Grères homme belliqueux de la terre de Gex , qui fut blessé en ce combat et qui mourut au pié de l'escalier de ladite tour.
Le Mardy 4 Janvier on ne tint point de Conseil parcequ'à cause de l'alarme et de l'assaut du iour précédent les Sindics et les Conseillers étoient fort occupés à donner ordre de retirer les biens du fauxbourg de S. Léger. Ce iour qui put prendre du bois dudit fauxbourg de S. Léger en prit.
Le 6 lanvier on reçut des lettres de Messieurs de Berne au suiet de Furbity et de Saunier prisonniers, On résolut de leur répondre que nous n'entendons pas qu'ils doivent payer les dépens de Furbity, mais les exiger dudit prisonnier; neantmoins qu'on feroit comme il leur plairoit.
On résolut qu'on ne permettroit à personne d'apporter du bois de nôtre Dame de grâces, mais qu'on le mettroit à part {ad partem) pour l'employer aux tours et aux fortifications.
Le 7 lanvier m""* Guill. Farel accompagné de deux autres prédicateurs fit des saintes remontrances en Conseil , suppliant qu'on assemblât le peuple pour prier Dieu , ou du moins
Registres publics. clxmi
qu'on informât le Conseil des 200. comme le Seigneur Dieu nous favorise et nous est propice. Sur quoy on résolut qu'on assembleroit le conseil des 200.
Amy de Chapeaurouge exposa qu'il avoit reçu des lettres de M. de Vauru portans que si nous voulions délivrer P. de Sales avec les serviteurs du dit s"^ de Vauru et de Tornay, il feroit en sorte que I. de Genève et nos autres bateliers qui sont prisonniers à Nerny seroient délivrés. On luy répondit que P» de Sales étoit emprisonné à l'instance des femmes de I. Lambert, Thib. Tocker, et Dom. d'Arlod détenus à Chillon , et ainsi qu'il n'en falloit pas parler; mais qu'on délivreroit les autres , avec un de Vandeuvres aussi prisonnier. (Sept bateliers de Genève revenans de conduire un Gentilhomme qui estoit allé porter des lettres au Roy de France avoient été contraints par la Bise de relâcher à Nerny, où ils avoient été faits prisonniers le 24 Décembre).
Le 8 Janvier à cause de la pressante nécessité des vivres s lamier on résolut de préparer une ou deux barques pour aller chercher des vivres et autres choses nécessaires , dans les lieux qui sont prés du lac, comme aussi pour prendre prisonniers ceux qu'on pourra , en la place des nôtres que les Savoyars ont pris , et pour les racheter. Pour pourvoir de bateliers pour les conduire on assembla tous ceux qui étoient dans la ville, et on leur dit qu'ils choisissent 4 d'entre eux pour Commandans , et à qui tous les autres bateliers doivent obéir dans la conduite des dites barques. Les bateliers répondirent qu'ils ne pouvoient pas faire cette élection, parcequ'ils craignoient qu'il ne leur en arrivât du mal après que la guerre seroit achevée , et parcequ'ils n'estoient pas d'accord entre eux et qu'il y en avoit qui refusoient ; c'est pourquoy ils prioient que nous fissions l'élection nous mêmes- On élut donc François appelle le grand Francey , et le nommé Thibaud pour conduire la première barque, et pour la seconde Simon de loux à qui la barque appartient, et on luy laissa la charge d'en prendre un autre avec luy, et on ordonna à tous les autres batteliers qu'en tout ce qui regarderoit la conduite des dites barques ils obéissent aux dits élus, et au Capitaine que l'on nommera pour les dites barques.
CLXviii Extraits des
lOlanvier. Le 10 lanvier en Conseil des 200. on lut les lettres de
Messieurs de Berne au suiet de Furbiti.
M*^^ Guill. Farel se présenta et nous exhorta à rétablir l'union entre le peuple, à nous confier en Dieu, et à faire que tout le peuple s'assemblât pour prier Dieu pour l'union , la tranquillité , la prospérité et le bien de la ville et de toute la Chrestienté , de peur que Dieu ne s'irrite davantage contre nous. On disputa long temps là dessus entre les Conseillers , I. Balard dit ; « Si la Messe ne vaut rien , ]a mort et « la passion de I. Christ ne vaut rien : » à cause de cela plusieurs dirent que ledit Balard étoit hérétique. Apres plusieurs discours on résolut qu'on se tiendroit à la résolution qui avoit déia été prise sur cela, ass. que les prêtres seroient contraints à ouir la parole de Dieu et à venir au presche , ou à montrer que les prédicateurs disent mal.
13 » Le 13 lanvier on proposa que nous étions dans un grand
danger de guerre à cause des menaces qu'on nous fait do nous assaillir vfgourcusement, et que si cela arrivoit nous pourrions facilement être fort maltraittés. On résolut d'assembler le 200. pour y examiner ce que M. de Verey proposoit, ass. qu'il trouvoit à propos pour la seureté de la garde de la Ville, qu'on fit des cries que tous ceux qui avoient été choisis pour faire la garde se trouvent au Moulard et en la place de S. Gervais en armes, pour attendre quils soient placés à la garde, ou autrement ils seront tenus pour trais très : Que les portes de la Corralterie et de S. Antoine soient fermées, et qu'on ne laissât point de porte ouverte que la porte Baudet. Qu'on abbatte les maisons qui sont près des murailles du côté de la Corralterie, à cause du mal qu'elles peuvent nous faire , surtout la maison de de Pesmes. : Que toutes les fenestres qui sont dans les murailles de la ville soient bouchées.
En conseil des 200. on ouit M. de Verey sur toutes ces choses, qui dit qu'on les devoit faire pour fortifier la ville, puisque de toutes parts on menace de l'assaillir. On ordonna qu'on fît les cries susdites , et on nomma six Commis du Conseil pour examiner avec M. de Verey qui est expert en cela , ce qu'il faudra faire pour la fortification de la ville.
Registres publics. clxix
Pour la suite (voir Grenus).
Le 14 laavier (idem). u lanvier.
Le 16 lanvier (idena). ^^
Le 17 lanvier, on proposa que puisque nous savons que ^^ * Messieurs de Berne nous envoyent du secours, le principal est que nous ayons de l'argent : On résolut de battre la monnoye et d'emprunter de l'argent où on pourroit,
Parceque l'eau qui vient du côté de Châtelaine fait du mal aux murailles de S. Gervais du côté du Sougey en sorte qu'il y a du danger qu'elle ne les ruine , on ordonne d'envoyer en ce lieu là des ouvriers qui creusent et fassent des fossés pour détourner l'eau , et on commit deux Conseillers pour avoir soin de cet ouvrage.
Le 19 lanvier L de la Mar ayant refusé la monnoye de '^ Genève, on luy envoya le Sautier pour luy dire que c'estoit le 200. qui avoit ordonné qu'on fît et qu'on reçut cette monnoye , mais il s'excusa de la prendre en disant qu'il ne la pouvoit pas employer ailleurs : on luy envoya deux Conseillers pour l'exhorter à la prendre par un bon zèle, autrement on procéderoit contre luy.
On rapporta que M. de Yerey se plaignoit de Cl. Bernard, qui luy avoit dit entre autres choses qu'il ne vouloit pas estre François ni suiet du Roy de France : on dit encore qu'il avoit dit qu'on prattiquoit pour nous faire suiets du Roy de France, et qu'il n'y consentiroit pas , et plusieurs autres choses qui tendent à faire naître la division. Sur quoy on ordonna puisqu'il n'y a personne qui se veuille assuiettir à aucun Prince au delà de son devoir, qu'on prendroit des informations contre luy pour savoir de qui il veut parler, afin qu'on le châtie.
Le 21 lanvier (voir Grenus). ?/ »
On parla de laques l'Hôte prisonnier pour avoir célébré la messe contre les défenses. On le libéra, en luy faisant de bonnes remontrances, et en luy défendant de ne se plus mêler de cela.
Le 2.3 lanvier (voir Grenus). 23 .
Le 24 lanvier (idem). 24
CLXX Extraits des
?5 laurier j^q 25 lanvier (idem).
On entendit Ballasar {Baudissard) Rigot qui demandoit salaire du service qu'il avoit rendu à Cl. Savoye nôtre Ambassadeur à Berne ' on le paya à raison de 3 sous par iour. g7 t Le 27 lanvier on dit qu'il y avoit plusieurs bateliers et au-
tres qui sortoient sans ordre par le lac , de sorte qu'il est à craindre qu'il ne leur arrive quelque malheur : Ordonné de publier que personne ne sorte par le lac à peine de 3 traits de corde.
On iugea Léger lornal , (voir 12 Aoust 1534) attendu sa longue détention il fut condamné aux dépens , et à ne sortir iamais par le lac sans permission des Sindics. Pour là suite (voir Grenus).