Le 28 lanvier (idem
Mtre Guill. Farel, Cl. Bernard, Conrad Vity et autres procureurs de l'hôpital vinrent dire qu'auiourduy Cl. Salomon dit Pasta hospitalier étoit mort, prians qu'on en élut un autre. Ordonné que lesdits procureurs nous en nommeroient un.
On dit qu'il y avoit encore des prestres qui contre les deffenses battisoient , espousoient à la manière des Papistes, et administroient leurs autres sacremens . Ordonné qu'on y mettroit ordre.
59 t Le 29 lanvier (voir Grenus).
Enfin nous apprismes que l'armée de Messieurs de Berne venoit à nôtre secours ; ce que la troupe des Savoyars appercevant ils s'enfuirent et s'allèrent cacher dans les montagnes du côté de Bourgogne.
Pour la suite (voir Grenus).
On ordonne que les clefs des portes seroient mises entre les mains de Messieurs les Sindics, afin qu'il ne fût pas permis à chacun de sortir sans ordre à sa fantaisie. gQ ^ Le Dimanche 30 lanvier comme nous apprîmes que Mes-
sieurs de Berne venoient par le pays de Vaud' en bas , en sorte qu'il y avoit de l'apparence qu'ils vouloient venir vers nous, qui étions destitués de tous vivres, On ordonna qu'on apprèteroit des vivres. Cependant nos soldats qui n'avoient encore presque rien pu gagner avec nous, sortirent du côté
Registres publics. cl.wi
de la terrê^^ Gex , où ils pillèrent et prirent tout ce qu'ils purent , à la manière de la guerre : les ennemis s'estoient retirés.
Nous apprimes que la puissance de Dieu avoit tellement confondu la présomption et la téméraire audace de nos ennemis dès que l'armée que Messieurs de Berne envoyoient à nôtre secours commença à s'ébranler, que Messieurs le Capitaine, le banderet, les Conseillers, et autres de Berne qui conduisoient l'armée à peine trouvèrent un homme en leur chemin qui osât porter le nom de Savoyard : 400 0 tant Italiens qu'autres étrangers qui s'estoient préparés à Morges pour la défense du pays ne firent non plus aucune résistance , et s'enfuirent lâchement sans donner aucun coup.
On ordonna qu'on envoyeroit sommer ceux de lussy et de Gaillard de se rendre, comme on l'avoit dôia ordonné le iour précédent.
Le 31 lanvier (voir Grenus). Si lamier.
On élut aussi Henry Dolent et on l'envoya à lussy pour recevoir en nôtre nom le château et les biens qui y sont, et on luy recommanda qu'il ne soufFrît pas qu'aucun fit du tort aux suiets.
Pour la suite (voir Grenus).
Le 1^' Février (voir Grenus). 1" Fdnkr.
Ordonné qu'on face des cries que personne ne sorte de la ville pour aller piller des meubles , à peine de la vie , et qu'on ne prenne rien sinon des vivres.
On dit qu'il y avoit encore des hommes au delà du pont d'Arve qui empêchent nos charpentiers de refaire le pont. Ordonné d'envoyer des soldats pour défendre les charpentiers.
Parceque tous indifféremment courent à la proye, et s'approprient tout ce qu'ils trouvent, ne reservans rien pour la Communauté, on ordonne qu'on feroit des cries que personne ne sorte pour aller fourrager, à peine de 3 traits de corde.
Le 2 Février (voir Grenus). ? •
On rapporta qu'il y avoit au château de Villetle beaucoup de vivres qui nous sont surtout nécessaires pour nourrir l'ar-
CLXxii Extraits des
mée de Messieurs de Berne qui est près de nous : ou donna commission à P. Mutiod d'y mener des charriots et de faire amener icy aux halles tout ce qui est dans ce château.
Pour la suite (voir Grenus).
Afin que l'artillerie puisse sortir plus facilement à Plainpalais on ordonne que la porte de la Corraterie soit ouverte (l'armée de Berne avoit ]7 pièces d'artillerie).
Afin que l'armée puisse avoir du pain on envoya Fr. Favre conseiller pour chercher du blé avec des bateaux autour du lac. On envoya aussi M. Morel au château de Fernex pour faire amener le blé qu'il y a. On écrivit aussi à H. Dolens et à ceux qui sont à Villette qu'ils en envoyent.
Ceux de Lausanne exposèrent qu'ils avoient amené du pain pour l'armée, demandans où ils le vendroient , on leur dit de choisir le lieu qui leur seroit le plus commode.
Ordonné que les bestiaux que nos gens butinent contre les défenses du côté de Gaillard et de lussy soient mis en la place de S. Apre et gardés pour l'usage de la ville.
On donna charge au Sindic Philippin de recevoir dans les halles, les blés, vins etc. et entre autres les cloches qu'on amènera, et de les garder pour en rendre bon conte.
On écrivit à Est. de Chapeaurouge en la maison nommée Malhivert, et à Eust. Vincent à Peney, qu'ils envoyent des vivres. (Malavert est au pays de Gex sur le Lion, un peu au delà de Chouilly).
On prit à la porte Baudet Cl. de Saxo citoyen de Genève , il confessa qu'il avoit été près d'un an avec Mie. Guillet, Nicod de Pralo, et autres de Peney, et qu'il leur avoit servi de tambour; qu'il avoit été présent à la prise de nos biens, et qu'il en avoit esté vestu ; qu'en suite il avoit servi aussi de tambour a ceux qui s'estoient assemblés contre nous à S. lulien, et qu'il s'en étoit seulement retiré parcequ'il avoit appris que nous prévalions contre nos ennemis. Ordonné qu'il sera pendu auiourduy au gibet {in béchia) qui est en la place du Moulard.
Pour la suite (voir Grenus).
3 Février. Le 3 Février (voir Grenus).
Registres publics. clxxiii
Le 4 Février (voir Grenus). 4 Février.
On dit que Messieurs de l'armée de Berne avoient dit qu'il y avoit des droits et de l'artillerie au château de Gex qu'ils voudroient amener. On donna charge à L. Dufort et I. Pecollat de les aller quérir.
Le 5 Février (voir Grenus). ^ •
On écrivit à M. d'Erlach qui est à Gex, qu'il nous envoyât du blé comme ses Seig^s l'ont ordonné.
On écrivit à Henry Dolens qui est à Tussy qu'il fît rendre les vaches prises à ceux de Vandeuvres.
On donna saufconduit à ceux de Chevrier pour venir dans la ville.
Ce iour avant que Messieurs de Berne sortissent ils envoyèrent quérir Messieurs les Slndics et leur demandèrent si nous voulions remettre auxdits Seig^^ de Berne les prééminences et droits de l'Evéque , et du Vidomnat que le Duc demandoit. On leur répondit que non , toutefois qu'on feroit assembler le Conseil pour y aviser, et qu'on leur envoyeroit la réponse.
Le Dimannhe 6 Février devant que faire les Sindics on fît ^ • des cries que personne ne sortît plus pour fourrager, en quelque lieu que ce soit , à peine de 3 traits de corde.
Pour la suite (voir Grenus).
On fit un édit que si quelcun prioit pour ceux qui ont été contraires à la ville ou l'ont abandonnée dans sa nécessité, il seroit tenu pour ennemi et pour traître : et on dit qu'on ne parleroit iamais de recevoir les condamnés et leurs adherens de la nouvelle bande des fugitifs. On dit aussi qu'à l'avenir on puniroit sévèrement ceux qui désobéiroient à Messieurs les Sindics sans exception ni acception.
Pour la suite (voir Grenus).
Apres avoir nommé les 8 qui avoient eu le plus de voix en 200. on procéda à l'élection , et furent élus pour Sindics de cette année Claude Savoye et Amy Porral de la partie d'en haut , et Est. Chappeaurouge et Aimé Levet de la partie d'en bas.
On fit serment à Dieu en levant la main droite au ciel que chacun doive obéir aux Sindics, observer les Edits, se sou-
CLXxiv Extraits des
mettre à la iustice, pardonner les iniures, aunuller les actions faites au suiet des démolissemens [des desroches) faits aux fauxbourgs etc.
En conseil ordinaire on écrivit à Henry Dolens nôtre commis à lussy et à ses compagnons qu'il face rendre aux suiets de M. de Balaison tous les biens et bestes qu'on leur a pris, et mené à lussy et ailleurs , parce que M. de Balaison a fait serment de fidélité à Messieurs de Berne qui sont à l'armée : comme aussi qu'il face revenir dans la ville tous ceux qui ne sont pas commis avec luy.
On donne charge à No. I. Amy Curtet Lieutenant d'aller prendre tout le bien de Cl. Baud condamné qui est au château de Troches, à Douveine et ailleurs , pour l'amener à Genève pour le profit de la ville ; et pour ce suiet on écrivit à M. de Balaison qu'il nous prêtât des chariots. Février. Lg 7 Février Amy Gervais ayant écrit que Messieurs de
Berne ne se soucioient pas de mener nôtre artillerie , on y envoya Mi. Sept pour savoir leur volonté.
On donna les ordres pour faire cuire le pain pour l'armée et pour le faire charrier : I. Lullin étoit au camp qui le recevoit des chartiers, le vendoit, et tenoit conte de l'argent.
Ordonné d'aller parler à M. d'Erlach Gouverneur de Gex qu'il luy plaise de donner ordre que nous puissions avoir pour la provision du camp le blé qui est à Gex appartenant à l'Evéque.
On envoya un guet au château et à la terre de Thy pour faire commandement aux gens du lieu de venir faire la fidélité qu'ils doivent.
Pourceque Cartigny est de la terre de S. Victor on commit No. I. Coquet pour y aller et faire venir les hommes dudit mandement pour faire la fidélité à nôtre hôpital auquel ils ont cy devant été remis.
Le 8 Février pour ce que nous n'avions pas assés de blé pour assortir le camp, on envoya Cl. Curtet au Châtellain de Nion pour luy demander 3 ou 4 cents coupes de blé à acheter.
Le 9 Février en conseil des 200. ordonné (ju'on laissera
Registres publics. clxxv
au camp avec Messieurs de Berne deux du petit Conseil de cette ville, pour voir, entendre, et rapporter ce qu'il leur plaira de nous commander et dire; on élut pour cela Est. Chapeaurouge dit le Dauphin Sindic, et Hudriod du Moulard Conseiller , qui prendront chacun un homme avec eux.
P. Yandel se plaignit que comme il venoit du camp avec un serviteur à cheval après luy Baudichon de la Maisonneuve a ôté le cheval audit serviteur, dont il demande iustice.
Le 10 Février on élut le Conseil des 25. en Conseil des 10 Février. 200. On retint le conseil de l'année précédente à la réserve de 3 à la place desquels on en élut d'autres.
Le 11 Février ceux du mandement de Thy envoyèrent 4 if . procureurs des 4 paroisses dudit mandement, ass. de Bougine , de Viso, de S. André, et de Ville, pour savoir ce que nous leur voulons commander : On leur dit de venir dans 3 leurs avec plein pouvoir des gens dudit Mandement de nous reconnaître et faire la fidélité qu'ils doivent.
On donna le même ordre au s*^ de Marcossay dudit Mandement de Thy, à qui on donna sauf conduit pour venir rendre hommage.
Le 12 Février Est. Pecollat. Fr. Favre . et Bart. Messeri /2 prêtèrent le serment de conseillers du P. C. ayans été élus en la place de L. Dufour, Domaine Franc, et L L. Ramei conseillers de l'année passée qui avoient été omis.
P. Favre et autres de lussy sont venus pour voir si on leur veut commander quelque chose : on les renvoya de 2 iours pour revenir avec pouvoir de faire la fidélité.
Comme on avoit grand besoin de blé pour le camp , on envoya à Bourdignin chés lean Lect pour faire amener celuy qu'il avoit et le payer.
Pourceque le Seig' de Machilly a une place au Mandement de lussy appellée le Crest, on lui écrivit de venir faire son devoir.
On reçut des lettres de M*' de Nemours, disant qu'elle prétendoit droit sur Thy enclavé en Faucigny : on lui écrivit qu'elle nous laissât nôtre possessoire sans nous inquiéter.
Parce que du temps que nous étions assiégés par les Sa-
CLxvi Extraits des
voyars , plusieurs tant citoyens et bourgeois qu'aultres se sont retirés hors de la ville montraos leur mauvaise volonté on résolut pour les reconnoître que le sautier feroit commandement à tous les dixeniers de donner par écrit ceux qui sont absens de leur dizaine , et ceux qui sont revenus dès la fuite des Savoyards , afin de procéder contre eux. i4 Février. Le 14 Février on envoya Cl. Grillon à Celligny pour reti-
rer le bien de Guillet, et faire venir les gens du dit lieu pour faire la fidélité.
Dix hommes procureurs et conseillers du mandement de lussy ayans plein pouvoir de tous les autres, vinrent faire au Conseil l'hommage et fidélité due auparavant à lEvéque et Prince de Genève, nous reconnoissans pour leurs droits Seigrs en la même authorité , et puisqu'ils ont été suiets auxdits Evéques ; uous requerans de leur laisser leurs libertés et anciennes coutumes. Ils dirent encore que leur Communauté avoit élu P. Favre du dit lieu pour Châtellain , I. Sougey pour curial, et Cl. Pitard pour mestral et forétier , nous supplians d'agréer cette élection et de leur accorder ces officiers : ce qu'on leur accorda : ils prêtèrent la fidélité. On donna charge au dit Chastellain Favre de faire réduire sous nôtre main les censés, rentes, dismes, courvées et autres biens qui sont dûs au dit mandement.
^^ • Le 15 Février en conseil des 200. ordonné qu'on cherche
toutes les cloches qui ont été prises par le pays , et qu'on les prenne pour en faire de l'artillerie ; toutesfois qu'on récompense honnêtement ceux qui les auront prises et apportées.
Quatre hommes de Celligny au nom de toute la Communauté vinrent faire le serment de fidélité se reconnaissans vrais suiets de Messieurs les Sindics, comme membres qu'ils sont de Peney, de la même manière qu'ils l'ont esté des Evêques. On leur fit commandement d'obéir à nôtre Châtellain de Peney. On donna charge à l'un d'eux de garder en nôtre nom tous les biens de Mich. Guillet condamné , et de nous en rendre bon conte.
On reçut des lettres de M^ de Nemours qui prie qu'on laisse
Reyistres publics. clxxvii
la cloche d'Anneœace. Oq luy réponrlit que cette cloche avoit sonoé le tocsain contre nous, et ainsi que nous ne la pouvions souffrir.
On écrivit aux suiets de Thy, de Gaillard, de Peney , de Cartigny, et autres, qu'ils vinssent faire la fidélité.
Les procureurs du mandement de Gaillard vinrent, ass. ceux de Romagny , de Foncenay , de Choulex , et de Thonex ayans procure pour tous les autres , et flrent le serment de Bdélité , promettans d'obéir aux Sindics comme ils ont fait aux Seigrs de Gaillard.
On envoya nôtre trompette au camp, selon la demande de Messieurs de Berne.
Sur ce que Messieurs les Capitaines, Banderets et Conseil de Berne nos très honorés Seigneurs et combourgeois nous demandent que nous leur remettions l'oflice du vidomnat, ensemble toute l'authorité , iurisprudence et prééminence que l'Evêque de Genève avoit accoutumé d'avoir dans Genève, a esté arrêté de répondre ainsi ; premièrement de les remercier humblement des peines et travaux qu'ils ont eus pour nous et des biens qu'ils nous ont faits iusqu'icy , et faire des très humbles remontrances comme dès environ 17 à 20 ans nous avons souffert la guerre tant contre le Duc de Savoye que les Evéques : à cause de quoy nous avons recouru à leurs Supérieurs, qui par pitié nous ont receus combourgeois, et depuis défendus, protégés, et gardés iusques à présent, qu'il a plû à Dieu de les envoyer avec une si puissante armée et si bonne volonté que nos ennemis sont fuis devant eux comme la neige fond devant le soleil. Que pour ce qui est de nous, quand nous aurions eu dessein de rendre la ville de Genève suiette à quelcun , nous n'eussions pas tant souffert que nous avons fait; et que nous ne croyons pas qu'ils eussent la pensée que nous missions cette pauvre ville qui a tant combattu et souffert pour être en liberté, en aucune suiettion, les prians de le prendre en bonne part et nous aider à maintenir nôtre bien , puis qu'en eux est nôtre entière confiance après Dieu. '
Ceux du mandement de Thy exposèrent qu'ils s'estoient as-
CLXXViii Extraits des
semblés à Viso pour parler de l'hommage que nous leur demandons, et qu'ils avoient arrêté qu'ils le feroient très volontiers : mais qu'ils supplient qu'on leur accorde certains articles contenans en substance, qu'en faisant hommage ils n'entendent s'astraindre qu'à ce à quoy ils étoient astraints à l'Evoque: qu'on leur pourvoye de bonne iustice; qu'on leur laisse leurs procureurs et conseillers, leurs coutiimes, libertés et franchises, comme aussi leur façon de vivre, sur tout ce qui concerne Testât de l'Eglise. On le leur ottroya et on leur dil> de revenir la semaine suivante pour faire l'hommage.
On envoya Cl. Savoye, M. Sept, Amy Bandiere et I. Luilin en Ambassade au camp de Messieurs de Berne pour leur porter la susdite réponse. 16 Février. Le 16 Février les Capitaines, Banderets, Conseillers et toute
l'armée de Messieurs de Berne arrivèrent ioyeusement revenans du pas de la Cluse sus le Rône , lequel ils avoient pris par force d'armes.
No. Amy Porral Ambassadeur arriva venant de Suisse avec les Ambassadeurs de Zurich, de Basic, des Grisons, de Schaffouse et autres des ligues allans vers le Duc de Savoye au suiet de la guerre présente.
On exposa que l'armée de Berne voudroit partir d'icy demain : ordonné qu'on tiendra les batteaux et les batteliers tout prêts, afin qu'ils les puissent avoir s'ils en ont besoin.
On dit que P. Vandel a esté si téméraire que de conserver plusieurs maisons fortes et châteaux des anciens et grands ennemis de cette ville , comme d'Est, de la Mar qui est des condamnés. Ordonné qu'on luy en feroit des remontrances en tems et lieu.
On rapporta que quelques uns de méchante volonté semoient des bruits par la ville que le Duc de Savoye viendroit après que Messieurs de Berne s'en seroient retournés, avec de grandes troupes qu'il a déia assemblées , et qu'il nous fera pis qu'ils n'ont fait auparavant. Parceque ces gens ne le font que pour ôter le cœur aux bons, on résolut que ceux qui tiendront ces discours seroient pris, et s'ils sont hommes ils auront 3 traits de corde, et si ce sont des femmes elles seront mises au colier pour 3 heures.
Registres publics. clxxix
Le 17 Février en conseil des 200. pourceque Messieurs les 17 Ft<vriei Capitaines , Banderets et Conseil de l'armée de Berne ne se contentent de la réponce qui leur a esté faite, mais disent, « Vous nous avés présenté vôtre ville, vos corps et vos biens, « et disiés que vous ne demandiés sinon rester en vos fran- « chises, us, libertés et coutumes, et maintenant vous nous « refusés ce qui n'est pas vôtre. Nous ne vous demandons « sinon ce qui appartenoit au Duc et à l'Evéque que nous « avons chassés ; et ainsi nous ne saurions nous contenter de « vôtre réponse. » Sur quoy a esté avisé et résolu que l'on leur doive faire les remontrances comme dessus, et leur dire que nos corps, nos biens et tout ce que nous avons sont encore à leur commandement et service, pour en user raisonnablement comme nous savons bien que leurs Excellences en usent avec leurs bons amis, combourgeois et alliés; et que nous croyons par ce que nous avons vu qu'ils ne sont point venus pour nous mettre en suiettion, mais pour nous délivrer de captivité et nous mettre en liberté, comme nous avons été anciennement ; c'est pourquoy nous les supplions qu'il leur plaise de suivre le bon vouloir que Dieu leur a donné , et nous faire selon le commandement de Dieu, ainsi qu'ils vou-droient qu'il leur fût fait.
Le 18 Février les Magnifiques, Capitaines, Banderets, Con- 18 seillers, et toute l'armée de Messieurs de Berne prirent leur chemin par le pays de Vaud , ayant laissé garnison à la Cluse {au pertuy de la Clusa). '
On reçut des lettres de M^ de Nemours pour ceux de Bonne, d'Annemace et de Pommiers; elle dit qu'elle veut qu'on nous face bonne iustice, et qu'on nous rende lés enfans pris et nos biens.
On renvoya 32 Suisses qu'on avoit tenus pour la garde de la ville.
Le 19 Février pource que laq. de Granson a bien servi , 19 . on luy donna attestation. (C'estoit le Capitaine des étrangers).
Les procureurs du mandement de Thy ayans dit que ce mandement auroit bien agréable qu'on leur envoyât un homme de bien de Genève pour les exhorter^ on commit Dom. d'Ar-
CLXXX Extraits des
lod pour y aller et les exhorter de nôtre part à faire leur devoir.
' On condamna dom. I. Régis de Sacconnay delà d'Ârve , et
I. Boccard .fromager, à avoir la tête coupée à Champel et leurs corps mis au gibet, et leurs tètes à Plainpalais ; la sentence fut lue par le Sindic Savoye.
tW Février. Le 20 Février on envoya I. Meunier pour sommer ceux de
Vandeuvres suiets de Chapitre. ?/ » Le 21 Février M. de Coudrée écrivit qu'on menaçoit de brû-
ler le château de Confignon : on luy répondit que nous ferions du mieux que nous pourrions pour le conserver.
On proposa de faire des Châtellains dans les terres de l'Eglise qui nous appartiennent par droit de guerre et autres bons et iustes titres : on résolut a6n que ceux qui seront élus Châtellains puissent mieux vaquer à l'exercice de leur office, sans mêler leurs affaires avec celles des Châtellenies , qu'aucun ne seroit élu Châtellain au quartier où est son bien.
On élut pour Châtellain du Mandement de Gaillard No. Hudriod du Moulard , auquel on donna charge de bien gouverner ledit Mandement sous nôtre nom, d'y pourvoir d'un Lieutenant et autres officiers nécessaires et nous les présenter.
On élut pour Châtellain du mandement de Thy Fr. Favre Conseiller. Au mandement de lussy Coquet- Au mandement de Peney Est. PecoUat. Et pour grand Châtellain des terres que le Chapitre de S. Pierre tenoit Amy de Chappeaurouge. On élut Domaine d'Arlod pour châtellain des terres que tenoit le Prieuré de S. Victor.
On résolut que puisque par l'aide de Dieu nos ennemis étoient fuis, on ouvriroit la porte de S. Léger pour l'utilité de la foire du iour de S. Pierre prochain.
Sur les plaintes de plusieurs paysans et marchans de la ville, que le changement de la foire du iour de S. Pierre au lendemain est préiudiciable à la dite foire, de sorte qu'elle est allée en diminuant depuis ce changement, qui a esté fait par feu Charles de Seissel appelé d'Aix , Evéque de Genève , par la considération d'une vaine cérémonie, on a arrêté qu'elle seroit remise en son 1**' iour, et pour ce suiet que demain
Registres publics. cl.wxi
et après demain on publiera à son de trompe que doresnavant la dite foire se tiendra le iour de la fête de S. Pierre.
Quelques uns soUicitans qu'on ouvrît la porte de S. Gervais, on résolut d'attendre encore 8 ou 15 iours, parceque nous n'avons point de nouvelles certaines que la guerre soit finie.
Les serviteurs d'Amblard Goyet de Villette se sont plaints que contre les cries faites en cette ville , Baudichon de la maison neuve, son fils, et leurs serviteurs sont allés à Villette charger le foin du dit seig^ et l'amènent en cette ville : ordonné d'envoyer un oJQQcier au dit Baudichon , pour luy faire commandement de laisser ce foin.
Quatre hommes du mandement de lussy demandèrent qu'on permît que les prêtres leur célébrassent la messe. Pour ce qu'il y en a plusieurs qui n'en veulent point, on leur répondit qu'ils fissent venir devant nous les prêtres qui veulent célébrer ces messes, et qu'on les entendroit parler.
On renvoya au lendemain ceux du mandement de Peney et ceux de Bellerive rierefief de Gaillard, pour faire la fidélité.
Dom. d'Arlod estant revenu du mandement de Thy a rapporté que les gens du dit lieu estoient de bonne volonté, et qu'ils avoient élu des procureurs qu'ils envoyoient en cette ville. On donna charge au secrétaire Fr. de Vigio d'aller à Cartigny recevoir les procures des paroisses du dit mandement pour venir faire la fidélité.
Le 22 Février en conseil des 200. parce qu'il semble que 2-2 Féorkr. ce Conseil se pourra plus commodément et plus diligemment assembler par le son de la cloche qu'autrement, a esté arrêté que dès maintenant le conseil des 200. sera appelle par le son de la grosse cloche du clocher neuf de S. Pierre.
Afin que les gens se puissent mieux conduire en leurs affaires pour aller et venir, on arrêta que les portes de la ville se fermeroient tous les iours un peu devant la nuit, et que pour en avertir ceux qui seront dehors, on sonneroit une des petites cloches de S. Pierre pendant demi-heure, aussi tôt après le coucher du soleil. Que le matin ladite cloche seroit sonnée à 4 heures pour réveiller les gens. Que toutes les