‹ Les actes et gestes marveilleux de la cité de Geneve nouuellement conuertie à l'Euangille faictz du temps de leur Reformation et comment ils l'ont receue redigez par escript en fourme de chroniques annales ou hystoyres commençant l'an M D XXX II;Chapitre 82 sur 84 · CL.wxii Exlraiis des · texte numérisé non relu

CL.wxii Exlraiis des

nuits à 9 heures on sonneroit la retraite de la cloche accoutumée autrefois.

On arrêta aussi que pour l'instruction des serviteurs et chambrières occupés aux affaires de leurs maîtres on prêcheroit à S. Pierre les Dimanches matin au son de la cloche , là où tous serviteurs et servantes devront venir.

On élut pour hôpitalier L. Bernard.

On proposa que la pensée du petit Conseil touchant les Châtellains étoit qu'on les devoit élire du conseil étroit, et qu'aucun ne fût élu là où il a sa chevance , afin qu'il ne s'amusât à cela laissant les affaires de sa chatellenie. On approuva cet édit touchant les châtellains; et on proposa ceux qu'on avoit élu pour ces charges qui furent tous approuvés.

Quatre procureurs du Mandement de Thy se présentèrent pour faire la fidélité pour ledit mandement, requerans qu'on leur observât les articles contenus en leur procure : mais parceque ces articles ne dévoient pas être admis, on les renvoya pour apporter dans deux iours un autre pouvoir pour faire la fidélité et voir ce que nous leur ordonnerons.

Sept procureurs de Peney , de Chouilly, de Peissy , de Satigny et de P.urdignin, et quatre autres de Dardagny au nom de tous les suiels du mandement de Peney reconnurent les Sindics et Conseil de Genève, stipulans pour eux et pour toute la Cité et leurs successeurs, être leurs vrais et naturels seigneurs et dudit mandement de Peney , promettans de leur être perpétuellement bons et loyaux suiets en toute l'obéissance et fidélité qu'ils reconnoissoient autrefois, aux Evéques et Princes de Genève, réservés toutefois leurs us, libertés, coutumes et franchises qui leur étoient observées par lesdits Evéques.

Deux procureurs de Vandeuvres assistés de neuf de la dite paroisse, au nom de tous les autres reconnurent les Sindics et conseil de Genève acceptans pour eux et pour toute la communauté de Genève pour leurs seigneurs -naturels avec tous les droits et prééminences qu'ils ont cy devant reconnu aux Seigneurs du mandement de Gaillard et aux Seigneurs du Chapitre de Genève.

Registres publics. clxxxiii

Après que le 200. fut retiré , Estienne Dada entra disant qu'il venoit de France où il a accompagné le Seigneur Moro de Novate de Milan, duquel il a présenté une lettre: En suite il dit que ledit Seigneur Moro a parlé au Roy ; qu'il luy a fait les recommandations de cette ville; qu'il luy a présenté nos lettres et celles de M. de Verey, après quoy luy Dada quoy qu'il n'eût aucune charge de nous, fut au conseil Royal avec ledit S*^ Moro , où an luy demanda s'il avoit charge des choses que ledit Seig^ Moro avoit représenté ; qu'il répondit qu'il n'avoit point de charge sinon d'attendre la réponse sur la proposition faite par le Seig*^ Moro. Là dessus les Sindics l'interrogèrent s'il avoit cette charge et qui la luy avoit donnée, il répondit qu'il n'avoit ni cette charge ni autre de la ville, mais qu'il le disoit par ce que ledit Seig*^ Moro luy ditqu'il le dit ainsi. Puis il dit «Messieurs ie vous dirai, le Seig*" « Moro faisant la révérence au Roy luy parla de cette ville « et la luy recommanda fort, laquelle il luy estima beau- « coup, la luy présentant à son service; luy disant que quand « il luy plairoit il y pourroit mettre une petite ou une grosse « garnison ainsi qu'il luy plairoit , et beaucoup d'autres cho- « ses. Ledit Seig"" Moro avoit des articles qu'il avoit eus de « M. de Verey, desquels il fit faire trois copies, qui furent « données l'une au Roy, l'autre à la Reine de Navarre, et « l'autre à M. l'Admirai. » Apres cela il dit qu'il fut demandé en Conseil , où il répondit n'avoir charge sinon d'attendre la réponse de ce qu'avoit proposé ledit Seig^ Moro. Ils furent rerais parceque M. l'Amiral étoit allé dehors; enfin ledit Amiral étant de retour, les nouvelles arrivèrent que Rerne étoit descendue en armes; et alors ils parlèrent avec M. de Langes, qui leur dit que l'on attendoit une réponse de M. de Savoye, et pour ce que ledit Seig»" de Langes apprit que ledit Dada s'en vouloit revenir, il écrivit de sa main des articles qu'il bailla au dit Seig«" Moro lequel les bailla au dit Dada, et luy dit qu'il les apportât et en rendît réponse, c'est pourquoy il nous les a présentés, nous requérant de les prendre en bonne. part- Alors on lut ces articles qui semblèrent fort étranges, à cause de la servitude qu'on nous demandoit.

CLXxxiv Extraits des

et que l'on se vouloit mesler de nos conscienfes. Sur quoy il fut dit que ces articles ne dévoient point estre proposés en grand conseil ni en petit , car ils ne méritoient point de réponse estans si déraisonnables, et il fut résolu que nous ne consentirions iamais à telle chose portée par ces articles, puis que nous n'avions pas combattu, pour être mis en suiettion, mais pour avoir liberté perpétuelle.

Celuy qui recevoit cy devant le péage à Chesne pour le Châtellain de Gaillard demande parce que nous sommes faits Seigneurs de Gaillard , si nous voulions qu'il continuât à le recevoir : on le confirma.

ê3 Février. Le 23 Février les Sindics s'assemblèrent afin d'aviser tou-

chant ceux qui se mêlent de battiser et d'espouser contre les défenses qui leur ont été faites : ils trouvèrent que deux hommes avoient été épousés par Antoine Braffourel, qu'un autre avoit fait battiser sa fille à une sage femme ^ et qu'un autre avoit fait battiser la sienne à un pâtissier son compère. Ordonné d'appeler les battiseurs et de les punir.

On parla de plusieurs qui avoient pillé et fourragé contre les défenses, sur tout de ceux qui avoient pillé des cloches qui sont propres pour faire de l'artillerie. On résolut que tous ceux qui ont des dites cloches soit par achat , soit par pillage les remettront en la halle du Moulard pour le profit de la ville , et toutefois qu'on leur satisferoit de leur peine au moins m'ai qu'on pourroit.

On reçeut une lettre du Roy de France, qui recommandoit le château de Compesières; Ordonné que pour l'amour du Roy, on fera au dit de Compesières, tout le plaisir que l'on pourra.

Parceque plusieurs mauvais garçons quand ils sont repris d'avoir été au fourrage contre les défenses, s'excusent en disant que Baudichon Capitaine général les a envoyés; On arrêta de défendre au dit Baudichon de n'envoyer plus personne en campagne sinon qu'il luy soit commandé par le Conseil.

Deux procureurs du mandement de Ville dirent de la part de leur Communauté qu'ils vouloient faire comme ceux do

Registres publics. clxxxv

Gaillard , nous supplians de les recevoir. On leur dit de revenir dans deux iours.

Ayans appris que Fr. Ducrest et autres ses complices viennent encore à Gex , on résolut d'écrire au châtellain de Gex qu'il les prenne et les retienne prisonniers à nôtre instance.

Le 24 Février on reçut des lettres du Capitaine de la Cluse pour ceux de S. leao de Gonville : on luy récrivit que nous avions arrêté ceux qui y avoient esté , et que nous en ferions bonne iustice; et que nous le priions d'écrire au Châtellain de Gex qu'il ne permette pas que les traitres de Peney viennent à Gex ni dans le pays.

Est. Dada fut appelle à cause des articles qu'il a apportés de France : on luy parla aussi d'une lettre qu'il écrivoit de Lion icy, où il disoit que le Seig»" Moro avoit présenté la ville au Roy, laquelle lettre fut portée à Berne et non pas à nous. On l'interrogea s'il avoit charge de quelcun de présenter la ville au Roy; il répondit; « Messieurs le croy que « vous savés tous assés que ie n'ay point eu de charge de « dire rien, ni d'aller en France, mais i'y suis allé seule- « ment pour faire compagnie au Seig»" Moro, lequel a bien « présenté la ville au service du Roy pour y pouvoir quand « il luy plaira tenir une garnison telle qu'il luy plaira: il luy « a fort prisé la ville et les gens, et luy a donné certains « articles qu'il avoit de M. de Verey , comme aussi à la Reine « de Navarre et à l'Admirai, comme ie vous ay déia dit; sur « lesquels nous fûmes demandés en Conseil, où il me fut de- « mandé si i'avois quelque charge ; ie répondis comme ledit « Seig*^ Moro m'avoit dit, que ie n'avois charge que d'atten- « dre la réponse de ce que le Seig^" Moro avoit dit: et ce « quoy que ie n'eusse telle charge, car ie n'en avois point, « mais ledit Moro me le fit dire. Depuis, après que i'eus « beaucoup attendu , le Seigf Moro me bailla des articles que « ie vous ay baillés écrits de la main de M. d'Augey : ie « n'ay pas eu le sens de les bien regarder ni d'y bien pen- « ser, car ie ne vous les eusse pas présentés: s'il vous plait « vous prendrés le tout en bonne part. » Sur cela on résolut que ledit Dada retourneroit en France avec les dits articles ,

CLXxxvi Extraits des

et les rendroit au dit M. d'ÀDgey et luy diroit ; « Monsieur, « regardant ces articles avec quelques uns de raes parens , ils « m'ont dit que ie ne les présentasse point, puis que ie say ^ que tout ce que Genève a combattu n'a esté sinon pour <' avoir la liberté, et que ie mettrois ma vie en danger si ie « les présentois. » En suite on luy fit des remontrances qu'il ne devoit point faire cela, et qu'il en devoit estre puni. Il laissa la copie de sa dite lettre, et promit de porter ou faire tenir assurément les dits articles au dit Seig»" d'Angey, et nous en certifier.

On exposa qu'on avoit souvent fait commandement à Baudichon de mettre les cloches qu'il a dans la Halle pour le profit de la ville, mais qu'il n'avoit point voulu obéir. Sur quoy on résolut que s'il n'obéissoit, les Sindics en personne les iroient prendre et les mettroient dans la Halle. -. „, . Le 25 Février on exposa que Baudichon de la Maisonneuve

S5 Février. . . ^

ne vouloit pomt obéir m aux commandemens d apporter les cloches du pillage dans la hâle, ni aux défenses d'envoyer des gens au pillage : comme aussi qu'aucuns de cette ville sont allés fourrager en la terre de Langin où ils font beaucoup de maux. Sur quoy on ordonna que quand ces fourrageurs reviendroient, ils seroient punis; et pour ce que plusieurs disent qu'ils sont envoyés par ie dit Baudichon , on résolut de luy défendre encore de n'y envoyer personne , et que l'on dise devant le conseil des 200. les causes pourquoy il ne doit plus eslre Capitaine, et puis qu'il soit osté : De plus que les 4 Sindics aillent en sa maison et prennent les cloches et tous les autres biens du pillage qu'ils y trouveront : et par ce qu'il a refusé d'obéir aux cries, on ordonna qu'il fût mis en prison dans l'Evêché.

Les procureurs des 4 paroisses du Mandement de Thy, ayans charge de tous ceux du dit mandement , reconnurent d'estre féaux et naturels suiets des Sindics , conseil , et Communauté de Genève , comme ils l'ont été cy devant des Evéques et Princes de Genève.

Pour ce que le temps de faire le serment de la bourgeoisie approche, et aussi pour remercier Messieurs de Berne, on

Registres publics. clxxxvii

avisa qu'il seroit bon d'envoyer des Ambassadeurs pour se trouver à Berne au retour de l'armée. On élut pour cela Noble Amy Porral sindic, Michel Sept, et Amy Bandière.

Pour ce que par la grâce de Dieu nous espérons d'avoir des revenus à recevoir en plus grande quantité qu'autrefois et que nôtre trésorier général n'y pourroit suffire , on élut deux recev^rs pour recevoir les fruits provenans des biens cy devant possédés par Messieurs du Chapitre de S. Pierre, et on les logea en la maison où le Procureur du Chapitre demeuroit.

Dix procureurs de Vésena , de CoUonges, de S. Mauris, et de Cherras, suiets de l'abbaye de Bellerive , du rierefief du mandement de Gaillard, reconnurent les Sindics, Conseil et Communauté de Genève pour leurs légitimes Seig'"^ , leur promettant l'obéissance qu'ils dévoient auparavant à l'abbaye de Bellerive et à la Seigneurie de Gaillard.

On appella deux hommes qui confessèrent qu'ils avoient fait battiser leurs enfans en leur maison , ne pensans point mal faire.

Le 26 Février Baudichon de la Maisonneuve emprisonné ?« Février. selon le dernier arrêt, ayant promis et iuré de bien garder iusqu'à ce qu'il en soit connu, neuf cloches et des treillis de fer qu'il a du pillage, et d'en rendre bon conte entre nos mains, fut libéré-

Six procureurs de Cartigny, de Chancy , d'Avully, et de Lacconnex, au nom des paroisses du mandement du Cartigny terre du Prieuré de S. Victor, ont reconnu estre nos féaux suiets, comme ils l'ont esté cy devant aux Prieurs de S. Victor.

Ordonné de faire des cries que tous ceux qui doivent des censés à l'Eglise ayent à les payer à rilopital; et que personne n'aille mendiant (bcllitrant) par la ville.

Dom. Guill. Manillier emprisonné pour avoir administré les sacremens (sacramenti) contre les défenses, a promis de se représenter, et a iuré de ne battiser, épouser, ni faire autre sacrement sans le commandement du Conseil.

Le 28 Février en conseil des 200. on fit un règlement sur iS

CLXxxvm Extraits des

les cabaretiers , qu'aucun ne tienne cabaret sans permission du Conseil ; qu'ils ne permettent point qu'on blasfème le nom de Dieu, ni qu'on ioue aux cartes et aux dés; qu'ils ne donnent à boire à personne durant le sermon, sur tout le Dimanche, ni après neuf heures de nuit; qu'ils ne logent les étrangers plus d'un soir sans le dire au Capitaine ou au dixenier.

On parla de ceux qui pour crainte de guerre ont abandonné cette ville se retirans avec leurs biens et n'obéissans point aux cries faites au mois d'Octobre dernier; On résolut qu'ils seroieut punis à forme des dites cries, et qu'on ne permettroit à aucun de demeurer dans la ville, et que leurs femmes leur seroient renvoyées: que s'ils reviennent, au cas qu'ils ayent été du château de Peney, qu'on en face briève Justice et qu'on les exécute; et s'ils n'ont pas été du dit château, mais seulement de ceux qui ont été hors de la ville, qu'on les prenne et qu'on leur donne trois traits de corde, et qu'on les chasse de la ville avec leur famille , pour montrer à chacun le devoir qu'il a à la ville d'où il est.

On parla des fauxbourgs qui sont presque ruinés, môme S. Léger et S. Victor , n'y ayant plus que quelques obstinés qui ne veulent faire abbattre {desroucher) ce qu'ils ont. Sur quoy on résolut que pour ce qui est des fauxbourgs où on a commencé de mettre bas les granges et maisons, tout le reste doive estre rasé , à la réserve d'une maison qu'on laissera vers le pont d'Arve pour l'habitation de celuy qui exigera le péage et pontonnage, laquelle appartiendra au public; et qu'on feroit des cries que si les dites maisons n'estoieut démolies dans 3 iours, il sera permis à chacun de les démolir, et de prendre tout ce qui y sera pour sa peine.

Sur les lettres de M^ de Memours en faveur du prieur de Montfort prisonnier pour représailles des nôtres, et parce que nôtre ennemi est abbattu , n'ayant en son entière puissance le château (de Chillon) où sont les nôtres: Ordonné qu'il soit libéré en payant ses dépens.

Pour ce que la ville a bien besoin d'artillerie pour se munir contre ses ennemis, à cause de quoy on a ordonné que

Registres publics. clxxxix

toutes tes cloches qui seront apportées des pillages seront mises en la halle du Moulard pour le profit du public, en satisfaisant honnestement à ceux qui les ont amenées pour leur peine, on confirma de plus fort cet arrêt.

Le 29 Février Baudichon et Domaine Franc refusant d'o- ^9 Février. béir et livrer les cloches qu'ils ont, on résolut que suivant les arrêts on iroit chés eux , et l'on prendroit les dites cloches, soit entières, soit en pièces.

Pour ce qu'on a appris que par faute de gouvernement les biens qui estoient de l'abbaye de Bellerive se perdent, on donna charge à Est. Pecollat de les gouverner, qui promit d'en rendre bon conte.

Parce que le Secrétaire de la ville avoit beaucoup plus de peine qu'autrefois, on ordonna qu'il auroit cent florins de salaire par an , et les fruits d'une pièce de terre.

On ordonna qu'on payeroit à P. Paocard et autres bateliers {navatiers) leurs batteaux qui sont restés à la Cluse.

On ordonna qu'on fortifieroit la ville , et qu'on comraenceroit à S. Gervais la muraille dans le lac

On parla de la manière dont on feroit les cries en nos chàtellenies, et on arrêta qu'elles se feroient ainsi, « L'on vous fait à sçavoir de la part de Messieurs de Genève. »

On ordonna que nos Ambassadeurs partiroient pour Berne dans deux iours : leurs instructions portoient, de faire des recommandations, des remontrances de nôtre pauvreté, présenter nos corps et biens à leur service , les prier de venir faire le serment et recevoir le nôtre, comme il se fait de cinq en cinq ans à forme de la bourgeoisie : que si Messieurs de Berne demandent ce que leur Capitaine nous a demandé , ils diront que nous en avons fait réponse à leurs gens, et que nous croyons qu'ils le leur ayent dit.

Pource que quelques uns disent que ceux de Veigy se veulent rendre à nous, a esté arrêté que s'ils viennent de leur mouvement ils soient reçus, pource que leur Seigneur meschant et nôtre ennemi les a laissés.

Le Mécredy 1 Mars on reçut des lettres du Capitaine de la 1" Mars. Cluse portans que ceux qui ont fait la fidélité à Messieurs de

cxc Extraits des

Berne se plaignent de nous, et disent que nous ne faisons que les fourrager. On luy répondit qu'il n'estoit pas ainsi ^ et que nous punirions ceux qui feroient cela : que si nous pouvions iuy faire quelque service , qu'il nous en avertît et que nous le ferions.

Le Roy de France nous écrivit en faveur de M^ de Nemours de laisser les vieux fermiers à Thy, et de ne contraindre les suiets du dit lieu à changer leur manière de vivre: il a écrit en ce même sens à M. de Verey. Parce que cela ne regarde que la dite Dame , et que le Roy ne demande pas de réponse, on résolut d'écrire à M" de Nemours et luy remontrer que nous ne voulons point les vieux amodiataires, car ils sont causes de la guerre ; que pour la iustice nous la voulons tenir bonne s'il plait à Dieu ; pour changer la manière de vivre nous ne voulons contraindre personne hors de raison ; la prians qu'elle ne soit pas fâchée si nous voulons exiger ce qui nous appartient, et qu'il luy plaise de prendre garde à ses suiets qui menassent les nôtres , et aussi aux traitres qui se retirent en son pais. On résolut aussi qu'on diroit à M. de Verey que s'il écrit au Roy il lui écrive comme cette terre n'appartient point à Madame de Nemours, mais est nôtre; et que ces fermiers estoient Mich. Guillet et ses complices, prinpales causes de nôtre mal.

Ayans ouy Baudichon de la Maisonneuve prisonnier à cause des cloches, on luy fit des remontrances de ce que chacun se plaint qu'il ne cesse d'aller au fourrage; et de ce que luy et I. Goula n'ont point rendu les cloches comme on leur avoit commandé et comme ils l'avoient promis ; on ordonna qu'il seroit libéré à condition qu'il bailleroit les dites cloches dans le iour.

3 Mars. Le 3 Mars on résolut que puis que P. de Sales prisonnier

pour les nôtres qui sont à Chilien n'a aucun pouvoir ni crédit pour les faire sortir de là il soit libéré pour la ville, (Ce de Sales habitoit à Gentod).

On accorda de donner à L Pertemps 80 florins par an et une robe tous les 3 ans comme aux guets pour le gouvernement du gros horloge [reloge) de S. Pierre pour la sonnerie

Registres publics. cxci

de la cloche de 4 heures du matin , celle du soir au soleil couchant, et la retraite de 9 heures du soir.

Le Prieur de Montfort demanda que Dom. d'Arlod luy rendît son bien qui luy a esté pris tant au prieuré de S. lean qu'en cette ville. On les renvoya en 200.

Parce que les traîtres et méchans qui n'osent passer par cette ville vont passer au port de Peney, ou ordonna qu'on n'y laisseroit point de batteaux, ni aussi dès Genève au pont de Chancy.

Deux procureurs de Malva mandement de Peney vinrent reconnoitre et faire la fidélité.

Léger Mestrezat exposa qu'on luy avoit fait commandement de sortir de la ville dans 24 heures , quoy qu'il n'eût iamais rien fait contre la ville et le bien public, priant qu'on révoquât le commandement : On le renvoya en 200.

Le 4 Mars deux procureurs de Gy firent la fidélité, comme étans di^ ressort de S. A'ictor.

Le 7 Mars ordonné que selon l'arrêt cy devant M. le Lieutenant fera sortir de la ville les femmes de ceux qui sont dehors et les putains.

M. de Balaison, M. de Noveirier, et M. de Beauregard ont fait représenter qu'ils désirent de venir en ville, mais qu'ils n'osent , de peur qu'on ne leur face quelque déplaisir. Ordonné qu'ils puissent aller et venir comme auparavant, puis que la guerre est terminée.

Ceux de S. Gervais ayant élu Cl. Sala citoyen pour leur Capitaine , on l'approuva.

On résolut que ceux qui voudroient prendre le regret là où estoit l'Eglise de S. Legier, dôbarrasseroient la place en même temps et ôteroient les pierres.

P. Chappelain cy devant religieux de S. François supplia qu'on luy pourvût pour sa vie : Ordonné qu'il seroit receu en l'hôpital et traitté honnestement. Les femmes de l'hôpital de la feste Dieu appelle Vergoigneux demandans pension, on résolut qu'on les retireroit au grand hôpital et qu'on les y nourriroit en servant aux pauvres.

Le 8 Mars on exposa que M. de Verey qui avoit si bien

cxcii Extraits des

servi cette ville, comme chacun a vu et sçait , se veut retirer, et cependant qu'il n'a pas de l'argent pour payer ce qu'il doit: on ordonna que pour les bons services qu'il nous a faits on payera ceux à qui il doit, des deniers de la ville, et qu'on luy dira que si nous avions de l'argent contant nous luy en aurions baillé, mais qu'il voye s'il y a quelque maison ou fonds dans la ville qui luy agrée et nous aviserons dans nôtre grand Conseil de l'en gratifier, le priant qu'il nous ait touiours en recommandation. Ce même iour M. de Verey se retira en France.

9 Mars. Le 9 Mars on reçeut une lettre de ceux de Michaille se

plaignans du Capitaine de la Cluse : on dit au messager que ce que ledit Châtellain fait, il le fait sans nous, et qu'il sait ce- qu'il a à faire.

En conseil des 200. on vit la requête de Léger Mestrezat : arrêté qu'on ne laisse point rentrer dans la ville ni luy ni les autres qui l'ont abandonnée au temps de la guerre. ^^ ' Le 10 Mars les Châteîlains de Thy, de lussy , de Cartigny,

de Peney et de Chapitre ont rapporté par la bouche d'Amy de Chapeaurouge Châtellain de Chapitre que Dimanche dernier 5** de ce mois ledit A. Chapeaurouge, Fr. Favre, L Coquet, Hudriod Du Moulard , et Domaine d'Arlod Conseillers, accompagnés de deux guets, du trompette de la ville, et de plusieurs qui leur ont fait compagnie, estoienl allés au Mandement de Thy , et là le Lundy suivant au lieu de Viu accoutumé pour la Cour, en la banche de la luslice , ont rais en possession de la dite Seig^^ et Châtellenie Jedit Fr. Favre nôtre Châtellain , présens et acceptans la plus part des gens du Mandement de Thy, qui ont prorais et iuré la fidélité accoutumée; que là ils ont fait publier l'obéissance au Châtellain; que nul n'ait à iurer ni blasfémer le nom de Dieu: que nul ne doive plus payer censés, rentes, ni dismes à autres qu'à ceux par qui nous sommes députés : ce que ceux du dit mandement ont accepté , après quoy ils ont présenté leurs franchises et libertés par écrit au dit Fr. Favre Châtellain , pour les iurer, lesquelles il a acceptées, comme autrefois leur ont été admises.

Registres publics. ex cm

Quen suite le même Lundy ils vinrent ensemble à Gaillard, et là de nôtre part mirent en possession Hudriod du Moulard nôtre Châtellain ; comme à Thy.

Que le même iour ils vinrent à lussy, où ils mirent en possession pour nous de la dite Chatellenie I. Coquet.

Que le même iour ils vinrent à Vandeuvres terre de Chapitre, où ils mirent en possession de la Chatellenie Amy Chapeaurouge.

Le Mardy suivant ils furent à Peney, où ils mirent en possession de la même manière Est. PecoUat.

Le Mécredy suivant ils furent à Cartigny terre du Prieuré de S. Victor, où ils mirent en possession Domaine d'Arlod.

Enfin ils furent à Valeyry terre de Chapitre, où ils mirent en possession Amy Chapeaurouge , comme à Vandeuvres.

Maître Guillaume Farel fit une exhortation que l'on pourvût aux parroisses suiettes de cette Ville, à ce que la parole de Dieu y soit preschée. Sur quoy on résolut qu'on exhorteroit les suiets, et qu'on feroit par tout des cries semblables à celles de la ville en ce qui concerne l'obéissance , et l'abstinence des paillardises et du blasféme, et qu'on pourvoira de cloches aux parroisses, moyennant payement.

On établit 3 Officiers pour le mandement de Gaillard, ass. à Gaillard , à Chesue et à Ambilly.

Le Châtellain des terres de Chapitre exposa qu'il y a une grande nécessité d'avoir un bon Commissaire pour l'informer des droits du dit Chapitre. On élut pour cela André Viennois notaire cy devant Secrétaire du dit Chapitre.

On ordonna qu'on tiendroit la Cour des suiels de Chapitre au Cloître de S. Pierre, en en estant la chaire qui despareille les bancs.

Pource que le revenu du Chapitre est tel qu'il mérite d'avoir un receveur particulier , ou élut pour cela P. RuUi notaire.

Cl. Molier avoit les deux cloches de Vandeuvres de gage pour 40 florins : L Collombe en avoit deux autres pesans 266 livres, qu'il a achetées des fourrageurs à deux sous trois

Aa

cxciv Extraits des

deniers la livre. Ordonné qu'on les obligeroit à les apporter aux Ualles.f

On paya un cheval qui avoit été gâté en menant l'artillerie à la Cluse.

Ayant ouy le prédicant de lussy, on luy accorda des lettres qu'il pût prescher, battiser , et espouser partout le mandement.

14 Marx. ^^ 14 ^^^^ ^n parla de frère Guy Furbity et on résolut

que l'on luy iroit parler, et si l'on connoissoit qu'il fût obstiné à demeurer dans la désobéissance, qu'on le changeroit dans la prison de derrière S. Pierre.

On ordonna sur la représentation de M. le Lieutenant de quelle manière on élabliroit des tuteurs aux pupilles.

On arrêta que les châteaux de Gaillard et de Peney seroient abbattus, et on en donna la charge aux Châtellains.

Ordonné qu'on iroit prendre les cloches qui sont chés Dom. Franc pour les mener en la Halle.

Deux procureurs de Valeiry vinrent faire la reconnoissancc et fidélité au nom de tous les autres comme suiets du Chapitre, yj , Le 18 Mars arrivèrent de Berne Amy Bandiere, Mich. Sept,

Gt Amy Porral Ambassadeurs.

Parce qu'il sembloit extraordinaire de faire sortir de la ville les femmes de ceux qui l'ont abandonnée, lesquelles sont demeurées et ont porté les charges, veu même qu'on a saisi et pris par inventaire tous les biens de leurs maris , on résolut qu'on laisseroit ces femmes dans la ville iusqu'à ce qu'il en soit autrement connu.

Le Châtellain de Thy rapporta que le bruit estoit au dit lieu et dans les lieux voisins que l'on levoit des soldats qui alloient en Bourgogne et estoient payés à S. Montsel : on ordonna qu'il feroit publier que nul ne seroit si hardy que de sortir du mandement pour aller à la guerre sans permission, sur peine de nôtre indignation.

Les sus dits Ambassadeurs rapportèrent qu'ils s'estoient acquittés de leur charge envers Messieurs de Berne touchant ce qu'ils demandent qu'on leur laisse l'authorité que M. l'Eve-

Heyistres publics. cxcv

que avoit, et le vidomnat; lesquels avoient répondu qu'ils vouloient avoir une entière response si nous voulions faire cela ou non , après quoy ils aviseroient de iurer la bourgeoisie, ne voulans point en parler qu'ils n'eussent eu la dite response. Sur quoy on résolut de bien aviser et penser à leur faire une réponse qui soit à l'honneur et utilité de la ville, et de laquelle ils ne soient point indignés.

Le 16 Mars on reçut des lettres de Messieurs de Berne par 16 Murs. lesquelles ils nous prioient que nous préparassions nos nefs et galères pour nous trouver avec elles à Morges le 20. de ce mois au soir, pour aller attaquer le château de Chilien. On résolut de le faire , et pour ce suiet d'envoyer cette nuit deux guets autour du lac pour faire revenir les nefs, corsières, et nagelles, et les batteliers de cette ville, et leur ordonner d'être icy dans deux iours sans faute : on ordonna aussi d'envoyer les deux nefs armées, deux autres grandes nefs, et les autres que Ton pourra, et on élut Mich. Sept et Fr. Favre pour les conduire, ausquels on donna charge de donner les ordres aux batteliers et à ceux qui iront avec eux , et d'avoir soin de l'artillerie : ou arrêta aussi de faire 50 balles de laine ou de bourre pour porter sur les barques , et de faire cuire du pain , afin que tout soit prest pour partir le 18. au soir.

Le 17 Mars parce qu'on a appris que quelques uns levoienl /r » des gens pour aller en Bourgogne , et qu'il est à craindre (ju'on ne les assemble aussi tôt contre nous ou contre Messieurs des Ligues que contre d'autres , on résolut que l'on feroit des cries par toutes nos Châtellenies que nul n'aille à la guerre sans nôtre permission, à peine de nôtre indignation.

Sur ce que l'on avoit arrêté il y a quelques iours que Furbity eût à observer la sentence faite contre luy, ou bien soutenir ses propos par la S^e Ecriture , sur quoy il avoit demandé qu'on luy baillât une Bible et les articles par écrit pour y répondre , ce qu'on luy avoit accordé ; on nous a rapporté qu'hier comme on luy eût baillé une Bible, avec les articles de la puissance du Pape et des prêtres, de l'observation des iours et des viandes, de la Messe, et choses semblables, il avoit dit; «Qu'est ce qu'une Bible? ic pensois que

cxcvi Extraits des

« Messieurs eussent quelque discrétion pour m'ôter d'icy et ^ me mettre chés quelque bon marchand à mon aise , mais « l'on me fait comme le Roy fit à S. Blanchier , auquel il « osta tous ses droits, papiers et écrits, puis luy demanda à « faire conte ; le pauvre homme ne pouvant venir à conte « sans ses papiers fut pendu : vous entendes, ie suis sans mes « livres et l'on veut que ie réponde: certes ie ne veux point « disputer en prison et seulement avec une bible, car ie ne « saucpis vuider en un an ce qu'on me demande : ainsi rap- « portés le à Messieurs. » Sur ce rapport on ordonna que puis qu'il se iouoit de la iustice il changeroit de prison , comme on l'avoit résolu il y a 3 iours.

Les tuiles du convent de Palais furent vendues à 33 sous le millier.

On confisqua pour les murailles de la ville 16 escus que Cl. Curtet avoit trouvés dans une bourse en la iournée de Coiogny, parce qu'il avoit laissé sa compagnie pour piller.

10 Mars. Le 19 Mars on fit marché avec des massons pour mettre à

bas les murailles du château de Gaillard du côté de la ville pour 6 0 florins.

'^0 . Le 20 Mars selon l'arrêt fait sur la lettre de Messieurs de

Berne, on ordonna qu'auiourduy on envoyeroit des batteaux avec de l'artillerie et du pain à la discrétion des conducteurs; on élut Fr. Chamois avec Fr. Favre, parce que Mich. Sept ne voulut pas accepter la charge; on leur bailla vint écus d'or pour les besoins qu'ils pourroient avoir, et ils prirent avec eux cent hommes tant batteliers que soldats, ausquels ils promirent quatre sous par iour.

^^ * Le 21 Mars Valentine veuve de Cl. Salomon dit Pasta hô-

pitalier demanda qu'on luy remist les biens que feu son mary et elle mirent en l'hôpital, comme on le leur avoit promis: et en particulier qu'on luy remette la maison que son mary avoit, et un pré qui est de la confrérie de S. Eloy et S. Sebastien. Ce qu'on luy accorda.

L'hôpitalier demanda qu'on fît une grange en l'hôpital Bolomier.

La veuve de L Fabry exposa que l'hiver passé elle bailla

Registres publics. cxcvii

par l'ordre de Messieurs les Sindics un tonneau de vin blanc à Laurent Mesgret appelle le Magnifique , dont elle demande le payement. Ce qu'on luy accorda.

Cl. Boulard, cy devant Religieux de Rive, exposa sa pauvreté , et qu'il avoit employé tout son temps en ce couvent . requérant qu'on luy donnât pour l'amour de Dieu une robe pour se vestir des biens du dit couvent. Ce qu'on luy accorda.

On représenta que plusieurs n'ont point démoli leurs maisons aux fauxbourgs, méprisans les cries. Ordonné qu'on exécutera les cries contre eux.

Le 24 Mars m'^'' Guill. Farel fit une grande exhortation afin ^i "«>•,«. qu'on pourvût que l'Evangile fût presché dans les parroisses suiettes à la ville, aussi bien que dans la ville, et remontra qu'afin qu'on s'y pût assembler, il seroit bon d'y mettre des cloches. On ordonna qu'on en mettroit une à Sattigny parce que c'est le milieu de la terre de Peney , et qu'on y mettroit le prescheur qui presche à S. Germain. On résolut d'envoyer aussi un prescheur à Celligny.

Parce que le châtellain de Peney a rapporté qu'il y a deux cloches à Neidans dans un puits, on luy ordonna de les faire tirer de là, d'en laisser une au dit Neidans et de faire amener l'autre icy, laquelle peut être on envoyera en la terre de Peney.

On résolut que quand M. Du Crest Seig"" de Machilly seroit venu, on luy écriroit par un guet touchant ce qu'il soutient les prêtres à lussy.

Ordonné que le Conseil iroit auiourduy à Plainpalais pour voir où on bâtiroit des granges.

Ordonné qu'afin de vivre dans une plus grande union , on feroit défense par les dizaines qu'aucun n'eût à aller ouir la Messe, ni faire Sacrement Papal hors de la ville, lequel on n'oseroit faire dedans, et que ceux qui le feront demeurent dehors et soient estimés ennemis de la ville.

On donna charge à Cl. Pertemps trésorier de faire porter en la halle du Moulard les cloches du pillage, soit entières soit brisées.

cxcviii Extraits des

On ordonna au Chatellain de Peney de faire démolir le château de Peney, et sur tout [maximement) le portail et la muraille du côté du Rône, et en suite tout le reste.

Sur la plainte de ceux du haut de la ville on ordonna que le marché aux fromages se tiendroit en la place devant nôtre Dame la neuve comme on faisoit autrefois.

I. Pecollat commis sur Bellerive ayant représenté que ceux du dit lieu sont bien éloignés de Gaillard pour aller à la Cour, et qu'ils avoient accoutumé d'avoir un Chatellain, on ordonna que ledit I. Pecollat tiendroit la Cour ausdits suiets de Bellerive, comme on la leur tenoit autrefois.

Lapres disnée comme le Conseil revenoit de Plainpalais visiter pour clorre la Corraterie , le Curé de Celligny accompagné d'un homme du dit lieu mandement de Peney requirent qu'il leur fût permis de chanter messe à Celligny iusqu'à ce qu'on vive autrement aux lieux circonvoisins. On répondit qu'on avoit résolu auiourduy de leur envoyer un prescheur qui commenceroit à prescher dès le lendemain, et qu'ils ayent à l'ouyr et à le bien traitter.

L'après souper on lut une lettre de M" de Nemours disant que quelques uns qui menacoient les Moines d'Entreraont s'esloient retirés en cette ville. On luy répondit, que si nous en savions les noms , nous en ferions enquête et iustice.

êS Mars. Le 28 Mars pource que M. de Verey qui vint avant hier

s'en veut retourner et que Messieurs les Sindics avoient affaire avec luy, on ne tint point le Conseil.

^^ ' Le 29 Mars L Bordon apporta une petite arche des droits

du couvent de Palais scellée du sceau de la Ville, qui luy avoit été remise, et a déclaré que le secrétaire Magistri a le reste des droits du dit couvent , ass. les meilleurs actes.

Le Chastellain de Nion ayant montré des lettres de Messieurs de Berne portans que la barque de Chillon s'est enfuye l'on ne sait où, et que l'on craint que l'on y ait mis nos pauvres frères prisonniers, on arrêta d'y envoyer des parens des dits prisonniers afin qu'ils facent plus de diligence pour en avoir des nouvelles.

Estienne Dada exposa qu'à Noël quand il étoit à Lion avec

Registres publics. cxcix

le Seig*^ Moro, il emprunta au nom de la ville 20 écus d'or de Léger Mestrezat , suppliant qu'on les rende: il dit encore qu^il avoit reçeu des lettres de quelques marchands de Milan, qui luy demandent si leur marchandise sera assurée de passer en cette ville. On répondit qu'on rendroit les 20 écus ; que pour ce qui est des 3Iilanois , ils seront assurés rière nous avec leur marchandise , et que nous leur ferons plaisir et service.

I. Gringallet et les autres de la Cité requirent que la porte Tartasse leur fût ouverte pour les commodités de ce quartier là, qui sans elle est plein d'immondices. Ordonné d'attendre que nos gens qui sont à Chilien soient revenus.

La ville ayant besoin d'argent, tant pour payer les créanciers, que pour en envoyer au camp, et pour travailler aux muraille et fortifications, on vendit une pièce de pré des biens des confrairies de S. Eloy et S. Sebastien des archers, et une autre entre l'Arve et Plainpalais.

Le 31 Mars le procureur de Vandeuvres au nom de toute ^' ■^'""^• la parroisse requit qu'on leur accordât leur grosse cloche , et une messe tous les Dimanches; et par ce moyen ils sont contens d'avoir touiours le Sermon après ladite messe. Parce que plusieurs autres parroisses demandoient la même chose on arrêta qu'on feroit venir tous les procureurs des parroisses et tous les Prestres , et qu'on leur diroit comment ils se doivent gouverner : après quoy on leur pourvoira des cloches.

On vit des lettres du Roy de France et de Messieurs de Berne en faveur de Guy Furbiti prisonnier, et on ouït Guillaume son frère: Sur quoy avisé qu'avant que le relâcher on essaye si l'on pourra avoir m^e Ant. Saunier, et les fils de I. Philippe et de L LuUin : touchant ses dépens on en résoudra en conseil des 200 : et si son frère luy veut bailler des gardes à ses dépens, il sera relâché par la maison de la prison.

Le Samedy 1 Avril on répondit à la lettre que le Roy de ' '*''■'' France nous avoit écrite à la sollicitation de M"* de Nemours par laquelle il dit que nous laissions ceux de Thy en leur Religion Chrestienne.

ce Extraits des

Sur le soir arrivèrent nos batteaux et nos gens qui ont été avec l'armée de Messieurs de Berne devant le Château de Chiilon , qui fut pris par force mécredy dernier 29 Mars à midy; auquel furent trouvés messire Fr. Bonnivard cy devant prieur de S. Victor, qui avoit été pris avec un saufconduit, et étoit détenu par le Duc il y avoit plus de six ans et ôtoit en une prison étroite : comme aussi I. d'Arlod Capitaine de la Cavalerie {des chevaucheurs) I. Lambert procureur gênerai, et Thibaut Tocker marchand Allemand bourgeois de Genève, qui furent pris à Copet l'automne passée sur la foy des Gentils. On les délivra de ce château , et ils revinrent ioyeusement avec l'aide de Dieu , dont le peuple fut fort réiouy.

(Nous interrompons ici notre reproduction des extraits des registres publics; la réformation était établie dans Genève; grâce à la démolition du château de Peney et à la prise de celui de Chilien , son indépendance était désormais assurée ; il resterait maintenant à voir par quelles institutions nos pères consolidèrent leur œuvre naissante, ceci pourrait devenir l'objet d'une seconde étude, de tous points non moins intéressante que la première).

Page 1