Demolombe. Cours, III, n° 354. Aubry et Rau, V, par
Laurent, Principes, 1, n° 545. Adde : Huc. Commentaire, II, n° 161.
Baudry-Lacantinerie et Houques-Fourcade. Des Pers., I, no 1909.
enseignent que la bonne foi des époux ne peut couvrir que les causes de nullité et non les causes d’inexistence. La logique, il faut le reconnaitre, devait les conduire jusqu’à cette extrème rigueur. En effet, toutes les raisons de texte (1), tous les motifs rationnels (2) devaient échouer devant ce raisonnement juridique (3) : la bonne foi seule est impuissante à rien produire; si, en cette matière du mariage putatif, la loi lui attribue certains effets, c’est à la condition de s'appuyer sur quelque chose de préexistant, sur un fait, sur un acte quelconque qu'elle vivifie et qu’elle complète, ou dont, tout au moins, elle empèche l’anéantissement rétroactif; mais là où il n'y a qu’une apparence, là où il n’y a rien, la bonne foi la plus insigne reste inféconde, elle ne peut se combiner à rien, elle reste bonne foi toute nue, intéressante tant que l’on voudra mais radicalement impuissante.
La situation, dit-on, est différente, quoi qu’on en dise, dans les cas de nullité, car, en définitive, il y avait, avant la sentence de nullité, un acte doué d'une vie précaire mais né réellement à la vie juridique, suffisant, dès lors, pour servir de matière à l’action vivifiante de la bonne foi. C’est l'éternel contraste, cher à la doctrine, du néant juridique et de l'acte
1. Baudry-Lacantinerie et Houques-Fourcade. Op. cit, II, n° 1906
. Ibid., n° 1907.