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dollars, soit environ 100 millions de francs

La Compagnie Edison pratique, depuis 1910, la participation aux bénéficesavec actionnariat ouvrier ; son règlement d’actionnariat a été modifié le 3 février 1913. Chaque ouvrier ou employé ayant au moins deux ans de services ininterrompus dans la société a droit à une part de bénéfices proportionnée au montant annuel de ses salaires ou appointements.

Celtepart est basée sur le chiffre du dividende revenant aux aclionnaires capitalistes et est égale au quart, à la moitié, aux trois quarts ou à la totalité de ce diviende, suivant que le salarié est en service depuis plus de deux, trois, quatre ou cinq ans (1).

Les bénéfices revenant au personnel sont remis entre les mains de mandataires ou Ctrustees », qui les inscrivent au compte de chaque travailleur. Ces «trustees » sont au nombre de sept : le directeur général de la compagnie, le trésorier et le conseiller juridique, plus deux salariés de la société élus par leurs collègues et deux directeurs chôisis par le président de la compagnie. Les «trustees » peuvent placer l’argent qui leur est remis par la Société Edison soit en actions, soit en obligations de cette

. I. Ainsi, une année où le dividende aura été de 10 0/0, un employé gagnant 1.000 dollars et ayant six ans deservices aura droit 100 dollars ; un ouvrier gagnant 500 dollars et ayant trois ans et demi de services, à 25 dollars, etc.

P. Aignan II

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société, qui constituent le patrimoine collectif dw personnel sous le titre de « fonds de placement » (invesiment fund). | - Tout ouvrier ouemployé peut accroître son compte par ses versements personnels, jusqu’à concurrence chaque année de 5 0/0 de son salaire. Il peut également retirer en espèces une parlie de son compte, moyennant un” préavis de trenie jours el à la condition de laisser une somme sulfisante pour acheter une action de la Compagnie ; il perd alors, pour le montant du retrait, tout droit au dividende de l’année en cours. re Chaque ‘année, les dividendes du fonds de placement sont distribués entre les membres participants proportionnellement au compte de chacun d’eux : celui qui désire ne pas toucher son dividende peut le laisser à son compte. F Les salariés qui quittent la société, pour quelque cause que ce soit, reçoivent le montant de leur compte, au choix des « trustees », soit en éspèces, soit en actions de la société évaluées à un taux moyen fixé par les «trustees » : c’est alors seulement que nous trouvons lactionnariat individuel. De plus, la Compagnie Edison accorde aux membres de son personnel qui cessent de travailler par vieillesse ou maladie, s’ils ont accompli au moins dix ans de services, des pensions de retraite pouvant-aller jusqu’à » 50 0/0 de leurs salaires.

LES ue.

À la dissolution de la société, ou à la liquidation

-du fonds de placement si les « trustees » le décidaient

au cours du fonctionnement de la société, l’actif doit

être partagé entre les salariés proportionnellement

‘au compte de chacun d’eux.

Ce système d’actionnariat, qui fonctionne depuis près de dix ans, « a parfaitement réussi et est également apprécié de la direction comme du personnel »,

ainsi que nous l’affirmait le 15 juillet 1919 M. Allen,

secrétaire du « Brooklyn Edison Investment Fund ». Le nombre des vieux employés ne cesse de croître chaque année. Au 1* juillet 1919, 414 d’entre eux étaient devenus actionnaires de la compagnie et possédaient ensemble 2. 086 actions.

Le rapport présenté le 24 février 1919 ÉaeME Brady, président, à l’Assemblée générale des actionnaires de la Compagnie Edison (r), indique que les bénéfices

distribués au personnel, à la clôture de lexercice

1918, se sont élevés à 121.533 dollars, soit près de 700.000 francs, sur un ensemble de bénétices d’en-

viron 9 millions de francs.

20 La Procter and Gamble Company, de Cincinnati, dont la fondation remonte à 1837, est la fabrique de savon la plus importante d'Amérique. Elle fut la première à appliquer aux Etats-Unis la participation

1. Annual Report for the year ending december, 31, 1918 (RrooEIya Edison C, 1919).

aux bénéfices, qu’elle inaugura en 1887 (1); elle y ajouta en 1903 l’actionnariat ouvrier, dont le principe a été quelque peu modifié le 1° juillet 1919. Peuvent participer aux bénéfices tous les travailleurs enservice à la compagnie depuisau moins trente jours et ne gagnant pas plus de 2.000 dollars par an (2). Le pourcentage de participation par rappoit aux salaires varie de 10 à 20 0/0 suivant la durée des services. Les parts de bénéfices revenant aux salariés ne leur sont pas versées directement, mais sont remises à des « trustees ».qui les portent au compte de chaque ouvrierouemployé, pour permettre l'achat d'actions de la société d’une valeur nominale de 100 dollars ; ce compte s’augmente des versements mensuels effectués par le participant à raison d’au moins 5 o/o de son salaire (3) et, éventuellement, des dividendes qu'il voudrait laisser à son compte. L'achat des actions se fait par les « irustees » au cours général du marché. Depuis 1919, des certificats d’un huitième d’action sont remis aux travailleurs

1. Cette société renonça à la participation aux bénéfices pureet simple, parce qu’elle s’aperçut que la plupart de ses ouvriers gaspillaient leur boni annuel, dès qu’il leur était distribué.

2. La limite était précédemment de 1.500 dollars par an. Les chefs de service ou employés supérieurs reçoivent des gratifications spéciales, qui ne rentrent pas dans le plan général de participation.

3. Un versement initial de 2 1/2 o/o par action, qui avait été exigé à l’origine, a été supprimé en 1919, dans le but de faciliter l'accession de lactionnariat à un plus grand nombre d'ouvriers,

. dès que le montant de leur compte le permet, ce qui a l'avantage de leur fournir de suite une preuvetangible de leur propriété. |

Les dividendes des actions sont versés à leurs titulaires ; mais les actions elles-mêmes restent éntre les mains des « trustees » et sont inaliénables tant que le participant reste au service de la compagnie.A son départ ou à son décès, les « trustees » en remboursent, à lui ou à ses héritiers, la valeur au cours du jour (tr).

Au 1e" août 1919,le nombre des participants dépassait 3.000 et le nombre de leurs actions atteignait 5.000, ayant une valeur approximative de 3 millions et demi de dollars, sur un capital social de 24 millions de dollars.

La société a institué en 1917 des comilés d’employés, à raison d’un comité dans chacune de ses trois exploitations : leurs membres sont élus par les salariés dans la proportion d’un délégué par 50 em- : ployés. Ces comités se réunissent une fois par mois

1. Les héritiers reçoivent, en outre, la valeur des salaires d’une année entière. Par ailleurs, la société accorde, après vingt ans de services, des pensions de retraite de 75 0/0 de leurs salaires aux ouvriers âgés de soixante ans et aux ouvrières âgées de cinquante ans au moins, moyennant un prélèvement annuel de 6 dollars par 1.000 dollars de salaires, la société doublant elle-même ce versement. Au-dessous de vingt ans de services, la pension est réduite en proportion du nombre d'années manquant pour atteindre ce chiffre. Les mêmes pensions sont accordées en cas d'incapacité absolue de travail.

avec des mandataires de la direction pour discuter. les questions intéressant la marche générale de Îles compagnie et les conditions du travail. Il existe une commission exéculive permanente composée de trois employés élus par les comités et de quatre membres: choisis par le président de la société. En outre, depuis: le 1°* octobre 1919, trois employés sont admis à faire partie du Conseil des Directeurs : ils sont élus par l’assembléegénérale des actionnaires de la société et pris parmi les candidats présentés par les comités d'employés (1).

L’actionnariat ouvrier fonctionne depuis plus de seize ans à l'entière satisfaction de la direction comme du personnel ex pendant ce temps, aucune grève ne s’est produite dans cette compagnie (2).

3° La John B. Stetson Company est une grande fabrique de chapeaux de féutre de Philadelphie, fondée en 1865. Elle pratique la participation aux bénéces depuis 1894 et l’actionnariat ouvrier depuis 1902.

Il y a une trentaine d’années, cette société éprouvait de très grandes difficultés à se procurer des travailleurs assidus : 35 0/0 {seulement de ses ouvriers

- 1. Une notice illustrée sur cette société, donnant le détail du fonctionnement de son actionnariat, a paru dans la revue de New-York intitulée: Forbes Magazine, du 23 août 1919, sous le titre: How big Gompany sausfies workers. 2. Renseignements fournis le 23 juillet 1919 par M. Rogan, ‘secrétaire de la compagnie.

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travaillaient d’une manière régulière. La compagnie Jeur offrit donc, en 1894, un boni sur les bénéfices -de 5 0/0 de leurs salaires, à la condition qu'ils s’abs-

tinssent de tout chômage, et la proportion des travailleurs assidus s’éleva l'année même à 50 0/0 ; le boni ayant été, par la suile, porté à 10 0/0, cette proportion atteignit 65 0/0: D

Plusieurs modifications ont eu liéu depuis l'institution de la participation,el actuellement tout ouvrier engagé depuis au moins six mois reçoit un boni variant de 5 à 10 o/o de son salaire, suivant le nome bre de ses années de services,

Depuis 1go2, la répartition n’a plus lieu en sspèses À cette date, la société augmenta le chiffre de son. capital social et le conseil des directeurs décida de mettre en réserve 5.000 des actions nouvelles de 100 dollars, pour les offrir, avec une prime de 1 0/0, aux membres de son personnel en représentalion de leurs parts de bénéfices. Les titres ne sont pas remis aux participants, mais à cinq mandataires où «trustees » choisis par la compagnie : en

dehors des cas de décès ou de départ de la société,

ils ne sont transférés à leurs propriétaires rée's qu’au bout de quinze ans.

Les dividendes revenant aux actions du travail sont portés, comme les bonis de participation, aux comptes individuels des ouvriers ; mais ceux-ci peuvent relirer chaque année une somme égale à 5 o/o

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de la valeur d’érhission des actions qu'ils possèdent.

Au 1 septembre 1919, un quart des salariés élaient devenus actionnaires de la société et possédaient environ un dixième du capital social (1).

Les membres du personnel n’ont pas de comités permanents, comme dans la Procter and Gambie Ce. Mais, chaque fois qu'il survient une difficulté, ils nomment des délégués en nombre prévu par le règlement et les envoient à l'inspecteur et au directeur des travaux de la compagnie : si la difficulté ne peut être solutionnée, l'affaire est soumise au comité de direction, qui décide en dernier ressort.

Ce système, en vigueur depuis près de dix-huit ans, a parfaitement réussi, comme nous l’attestait, le 2 septembre 1919, M. Milton-Gehris, second viceprésident de la compagnie: « Les relations avec nos employés, écrivait-il, ont toujours été très cordiales et nous formons véritablement une grande famille, autant qu'il est possible de le faire dans une entreprise industrielle, » |

1. Dès 1879, la Société à fondé, pour aider ses employés à acheter des maisons à bon marché, une association de crédit immobilier qui, après de modestes débuts, est devenue actuellement une importante association de plus de 3.000 membres, titulaires d'environ 164000 actions, dont près de 5.000 ont été souscrites par la Compagnie Stetson en faveur de son personnel. Cette société aide ainsi, chaque année, 70 à 100 de ses employés dans l’achat de maisons.

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