‹ Les Actions Dynamiques du Psychisme sur le Physique: Essai de Confrontation des PsychothérapiesChapitre 13 sur 17 · ENTRE · texte numérisé non relu

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suggestion étrangère (persuasion, électro-coagulation d’une ou deux verrues, parmi un semis dense de. ces formations, mise en scène plus ou moins théâtrale destinée à impressionner le malade), a trouvé en lui-même le moyen de défaire ce qu'il avait contribué à faire. Les choses se passent comme si le psychisme exerçait sur la nutrition des verrues une action électro-dynamique de même direction et de même effet que les ions magnésiens. |

Cette action dynamique du psychisme sur les fonctions trophiques s’exerce dans tous les domaines de l’économie.

Dans de nombreux cas d’eczémas rebelles que certains dérmatologistes ne craignent plus, aujourd’hui, de considérer comme « nerveux », la psychothérapie amène des guérisons radicales.

Mais c’est sur les fonctions de l’appareil digestif que ces actions sont le plus fréquentes. Peut-être parce que les notions d'anatomie et de physiologie que le profane a sur ces organes sont plus répandues, encore que rudimentaires et presque toujours fausses, que celles qu'il a sur les autres fonctions, et que ces notions, même et surtout inexactes, favorisent la représentation de symptômes maladifs auxquels le premier trouble réel ouvre la voie. Peut-être aussi parce que les fonctions digestives sont liées à des conceptions infantiles du problème de la reproduction, ainsi qu’on peut l’inférer de la signification symbolique de très nombreux symptômes névropathiques.

Il n'importe. C’est un fait que la majorité des névropathes qui nous demandent de les secourir sont affligés de troubles intéressant le tube digestif, en particulier l’estomac. Et c’est à un point tel que l’on pourrait dire, en forçant les choses un peu, très peu : il n'y a pas de maladies d’estomac, il n’y a que des névroses gastriques. L’on objectera sûrement que les gens en difficulté avec leur tube digestif sont déprimés parce qu'ils souffrent. Mais on accordera que les gens bien équilibrés psychiquement n’ont jamais de difficultés sérieuses,

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ni durables, avec leur estomac ou leur intestin. Et d’ailleurs, les médecins ne s’y trompent point, en général. Quand un malade vient exposer d’une voix dolente la longue liste de ses malaises, avec le renfort de notes écrites, à la fois vagues et minutieuses, ce malade est classé : pour la plupart des médecins, c’est un névropathe, c’est-à-dire un raseur. Est-il besoin d'y insister ? Si l’on fait la part des ulcères gastriques, lesquels ulcères ne s’observent d’ailleurs que. chez des névrosés à tendances dépressives, des tumeurs congénitales ou acquises, de quelques rares malformations, des gastrites atrophiques, à quelle étiologie rapporter l’immense majorité des malaises gastriques que présentent, leur vie durant, les trois quarts des gens qui sont la clientèle des spécialistes ?

Les constipés sont gens rarement en ordre au point de vue psychique. La colite muco-membraneuse commence à être considérée assez généralement non comme une entité morbide, mais comme faisant partie d’un syndrome névropathique. C’est d’une telle évidence que le caractère névrotique de ce trouble fonctionnel ne pouvait, à la longue, manquer d’apparaître aux yeux des médecins le plus obstinément tournés vers les explications exclusivement organiques des maladies.

Il n’est pas d’organe, pas de fonction qui ne soient susceptibles d’être troublés par des causes psychiques. En établir la liste ne rime à rien dans un travail où l’on s’en tient par nécessité aux généralités. On ne peut cependant pas ne pas souligner la fréquence des troubles fonctionnels dans la sphère sexuelle, et, plus précisément, dans la sphère génitale. C’est chez les femmes que ces troubles sont le plus constants. Existe-t-il réellement des causes organiques capables d'expliquer les douleurs de la menstruation qu'éprouvent la majorité des femmes ? On admet volontiers que les gens bien portants ne se doutent pas de l'existence de leurs organes, que toutes les fonctions normalement accomplies procurent du plaisir plutôt que de la douleur. Pourquoi les fonctions génitales de la femme seraient-elles une exception si cons-

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tante à la règle ? Les femmes bien équilibrées psychiquement ne liennent aucun compte de leurs règles, elles ne modifient en leur honneur rien à leur mode de vie. Mais ces femmes sont l'exception. La plupart des femmes prennent, à chaque menstruation, des aspects cadavériques, pleurent, éprouvent le besoin de se mettre au lit. Ces symptômes, d’origine complexe, sont soigneusement transmis de mère en fille et empoisonnent l'existence de millions de femmes.

N suffit d'y réfléchir pendant vingt secondes pour se rendre compte de l'importance capitale qu'a pour toute jeune fille l'installation des règles. C’est un véritable traumatisme psychique. Certaines enfants en sont bouleversées, mais se donnent garde de dire leur émoi.

Les irrégularités de la menstruation sont à un très haut degré sous la dépendance de l’inconscient. Combien souvent un simple retard de règles, chez une femme jeune et habituellement bien réglée, ne traduit-il pas le désir plus ou moins: conscient de retenir pour toujours, par l’espoir ou la menace d’une grossesse, l’homme auquel elle s’est donnée ?

Ce n’est pas par hasard que les règles, à l'exception des malades chez qui cette fonction est insérée dans ün complexe, et chez qui la suppression ou la réapparition des règles déclanche de véritables états de psychose, et toutes réserves faites quant aux relations des déséquilibres psychiques avec les fonctions ovariennes, ce n’est pas par hasard que les règles ne provoquent aucun symptôme chez certaines aliénées.

Ce n’est pas non plus par hasard que l'accouchement est un acte si laborieux et si douloureux chez des femmes que leur conformation physique destine à de faciles maternités, alors que tant d’aliénées déposent leur faix sans la moindre difficulté.

Tous les accoucheurs ont observé la lenteur de la dilatation du col et les complications de l'accouchement qui surviennent, par exemple, chez une femme multipare que son

mari vient d'abandonner, et qui est anxieuse de cette nouvelle charge. Elle « retient » son fœtus.

On connait de nombreux cas de femmes hystériques qui, pour des raisons complexes, ont simulé une grossesse au point de mobiliser, le terme venu, médecin et sage-femme.

Les migraines, la majorité des incontinences nocturnes d'urine chez les enfants, la plupart des asthmes dits essentiels, un grand nombre de pseudo-cardiopathies, un très grand nombre de tuberculoses, etc., autant de symptômes corporels engendrés par le psychisme.

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