W^ ARNOULD-PLESSY
Je vais voos parler de Gélimène.
JeanDe-Sylvanie Plessy est née à Metz, dans le mois de septembre de Tannée 1819, — qui le croirait?...
Oh ! les dates, elles sont cruelles I...
Son père avait été dans les Ordres ; mais, quand vint la Révolution, il jeta le froc aux. orties, se maria en 1801, et prit, en 1810, par suite de revers de fortune, la direction d'une troupe de comédiens ambulants.
À trois ans, la petite Sylvanie, élevée ainsi dans un milieu tout à fait théâtral, savait déjà un certain nombre de vers ; à six ans, elle récitait fort gentiment des fables de La Fontaine, et, à huit ans, elle savait le Misanthrope.
Cet âge est sans pitié. . .
Quand elle eut atteint sa dixième année, on l'amena à
^iO MADA^ME ARNOULD-PLESSY
Paris, et, grâce à ses remarquables diposilions, elle fut, en dépit des règlements, admise au Conservatoire ; elle y entra le 12 décembre 1830.
Ses maîtres furent Samson et Michelot.
Elle alla, sur ces entrefaites, jouer souvent sur une petite scène deia rue de Lancry, que dirigeait M. Sainl- Aulaire, un ancien artiste de la- Comédie-Française, qui avait cela de- particulier qu'au lieu de distribuer les rôles à ses acteurs selon leurs aptitudes, il les leur faisait tirer au sort, de façon que tel qui se sentait du goût pour les rois de tragédie se voyait échoir les bas comiques.
Un jour qu'elle jouait Mêlante^ de La Harpe, elle fut remarquée par le directeur du Théâtre-Français, qui l'engagea immédiatement.
Elle débuta, au mois de mars 1834, dans la Fille d*honneur.
Succès de beauté, succès de talent.
M. Scribe ne tarda pas à écrire un rôle pour elle dans Une Passion secrète, et elle le créa ayant pour partenaire M"' Mars elle-même, qui la patronnait.
Seulement, M"' Mars exigea que la débutante, qui était pourtant bien jeune, portât un pantalon pour se rajeunir, et cela parce que, dans la pièce, elle faisait sa fille ; or, M"' Mars consentait bien à jouer pour une fois l'emploi