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SUR L.\ STÉREOCHIMIE DE L AZOTE

Si avec le cyanure de potassium on prépare du cyanure d'argent et que l'on recommence la môme opération, on obtient une carbylamine, comme si l'argent était fixé cette fois à Tazote :

CHM + Ag — Az = C = Agi + CH«-Az = C

Méthane iodé. Cyanure d*argenl. Méihylcarbylamjne.

La diphénylhydrazine symétrique O'H^-AzH-AzH-C^H^ se transforme avec la plus grande facilité en benzidine AzH^-G^H^.C^H^-AzH^, et il a fallu ici que les deux atomes d'azote se détachent et que les deux restes de carbone se soudent. Et ce n'est pas là une réaction qui se fait en petite quantité, car les rendements sont voisins de ceux que prévoit la théorie.

On pourrait multiplier ces exemples, mais cela est inutile. Il suffit de constater que l'azote est un élément très mobile, apte à subir des transpositions moléculaires, et c'est cette mobilité spéciale qui fait que les recherches pour déterminer la forme de l'édifice moléculaire de l'azote sont si ardues et si délicates.

C'est l'étude des oximes de la série aromatique qui a révélé, pour la première fois, une isomérie stéréochimique. M. Beckmann (Z). Chem, G., t. XX, p. 1509 et 2766) a trouvé que si l'on transforme, au sein de l'éther, la benzaldoxime en chlorhydrate et que l'on régénère ensuite l'oxime, le corps obtenu n'est plus identique au premier. Tandis que le corps primitif fond à 35"*, le second fond à 125* et régénère, par distillation dans le vide, le composé fusible à 35**. Le premier de ces composés est désigné sous le nom de benzaldoxime a; le second, sous le nom de benzaldoxime g (*). De môme, le benzile C'fl^-CO — CO-C^H^ a permis de préparer deux monoximes et trois dioximes. Ces faits se sont ensuite multipliés grâce surtout aux travaux de M. Hantzsch et de ses élèves.

On a proposé un certain nombre de théories pour expliquer ces isoméries. L'une d'elles est due à M. Behrend {D. Chem. G., t. XXllI, p. 454), qui suppose que dans l'azote quintivalent trois des valences

(') M. Beckmann considéra ces deux oximes comme des isomères de constitution répondant aux formules :

C«H5 — CH = AzOH

C«H5 — CHîf I

\Az — H

sont dans un même plan, tandis que les deux autres sont dans un plan perpendiculaire à ce dernier et sont douées de pôles de noms contraires, ce qui peut donner naissance à des isomères, comme le montrent les deux figures suivantes :

On peut appliquer la théorie de M. Behrend à Tazote trivalent ; elle conduit à la prévision d'isomères de même ordre que s'il était quintivalent. Supposons Tazotc trivalent, ayant les valences dans un môme plan, et de plus, douées de polarité, c'est-à-dire que les deux valences supplémentaires qu'il peut posséder, soient déjà désignées électriquement par les signes + et — , nous allons obtenir ainsi deux isomères de la benzaldoxime que nous pouvons représenter par les deux schémas suivants :

cm-

Nous concevons très bien que faction des différents réactifs puisse donner aussi naissance à des isomères, l'élément électro-négatif se fixant au pôle positif et inversement; mais si cette théorie prévoit bien l'existence de deux isomères de la benzaldoxime, l'un stable et l'autre moins stable, elle n'indiquera rien sur la genèse de ces corps, sur la façon dont ils se comporteront vis-à-vis des réactifs, et la polarité de l'atome de l'azote n'est pas démontrée.

La seconde théorie est celle de M. V. Meyer.

M. V. Meyer (Z). Chem, G., t. XXIII, p. 567) ramène cette isomérie

Goo5^le

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