Registres de l'Académie royale de peinture
25o CLODION.
« de 5oo livres sur les Bâtiments et un logement consistant en une « maison siluée rue du Champfleury, près du Louvre; depuis trente « ans, il n'a rien touché de sa pension. 11 est dans la misère, près « de perdre la vue, et ne sachant dans quelle situation il laissera sa « veuve et ses deux enfants qu'il destine aux arts ' . »
Nicolas Adam n'était pas le seul parent que Clodion eût à soutenir de ses conseils, à aider trop souvent de ses deniers. Son frère aîné, Sigisbert Michel, venait de rentrer d'Allemagne, aussi pauvre et plus inconnu dans son propre pays qu'en 1761, à l'époque où il quittait Paris. De ces huit années qu'il avait passées à la cour de Prusse, il ne rapportait ni un sou vaillant ni une recommandation. Bien accueilli par Frédéric, installé, dès son arrivée, dans les mêmes titres et fonctions que son prédécesseur, mis en possession de l'ateher de François-Gaspard Adam, que Nicolaï nous dépeint comme un logement agréable, dont les fenêtres donnaient sur le jardin royal-, Sigisbert pouvait croire, dans les premiers temps de son habitation, qu'il allait passer à Berlin des jours tissés d'or et de soie. L'avenir se chargea de le détromper cruellement. On l'avait appelé, disait-on, pour entreprendre et exécuter de grands travaux. On lui avait fait entendre qu'il aurait chaque année, pour le moins, la commande d'une figure, — lorsqu'il eut donné les derniers coups de ciseau à celles ébauchées par son oncle, le surintendant feignit de l'oublier; — qu'il serait payé, et jusqu'à la fin de son séjour il ne toucha pas un thaler du Trésor ; qu'il serait entretenu aux frais du roi de Prusse, et il mourait de faim. 11 espérait par cette voie arriver à la réputation et, malgré tout, demeurait ignoré; malgré la réclame qu'il tentait de faire autour de lui ; malgré cette invitation pressante qui paraissait dans les gazettes, dans les Guides : « On rencontre dans