‹ Les Adam et ClodionChapitre 106 sur 177 · Archives nationales. Correspondance des directeurs · texte numérisé non relu

Archives nationales. Correspondance des directeurs

2. Cette statue fut installée le i3 avril 17C3. Un coup de canon fut tiré au moment où la statue passa devant la demeure de l'artiste. (Année française, par Marseul, 1778, t. III, p. 39.)

sa tante, Barbe Adam, à cette vieille fille que les soias domestiques avaient tenue assez éloignée de l'étude du français pour qu'elle ait laissé des pièces du genre de celle-ci ; c'est une quittance donnée au nom de son neveu, seul document qui nous reste de son style :

J'ay reçue de M. Chochin la some de soixante et quin livre pour un cartié de la gratification annuelle du à Claudion Michelle pendant son séjour chez M. Vanlo à Paris le i5 juillet 1763.

Barbe Adam.

Clodion, fixé dès lors sur les deux graves questions du gîte et de la table, s'occupa fort activement de se concilier le public parisien. Pour y arriver, il fallait avant tout paraître aux expositions, et pour cela passer par l'Académie. Les membres de cette société avaient seuls, on le sait, le droit d'envoyer tous les deux ans leurs œuvres aux Salons du Louvre. Nous ne parlons point ici des expositions de la place Dauphine, ni de celles qui se donnaient dans le local de l'Académie de Saint- Luc. Ces dernières nécessitaient d'ailleurs des conditions d'admission presque semblables. Les artistes incompris, les médiocres, sauf de très rares exceptions, en composaient la clientèle.

Il avait franchi les différents degrés d'initiation qui devaient le mener à l'Académie : le grand prix, le temps à l'École des Élèves protégés et à l'Académie de Rome ; il se trouvait donc tout porté pour passer des premiers à l'agrégation.

Quoique arrivé en temps utile pour envoyer de ses productions au Salon de 1 771, il n'avait pu en profiter, par suite de l'absence de ce titre. Il assista, sans y prendre part, aux succès de ses conscrits de l'École, de ses anciens camarades du palais Mancini, qui, revenus avant lui à Paris, avaient déjà rempli les épreuves voulues d'admission. Les œuvres de ces nouveaux abondaient au Salon de 1771 . On y voyait, de d'Huez, une Vénus, un portrait de La Con-

damine et le modèle d'un fronton pour l'École militaire; de Mouchy, un modèle également destiné à ce nouvel édifice et deux figures en plâtre : la Noblesse et l'Amour de la patrie ; de Lecomte, des bas-reliefs, les Sept Sacrements, des esquisses : une Bacchanale d'enfants, et le Triomphe de Terpsichore, qui devait trouver sa place dans le nouvel hôtel de M"" Guimard; de plus, une statue de marbre, Œdipe détaché de l'arbre par Faustulus, son morceau de réception, actuellement dans les salles de la sculpture moderne au Louvre. Houdon avait envoyé le plâtre de son morceau de réception, le Morphée, et plusieurs portraits de sa façon, « tous d'une « ressemblance et d'une vérité qui frappaient » {Affiches de province); Berruer, le projet d'un mausolée de M. le comte d'Harcourt; Gois et Monot, différents morceaux. Toute cette production, quoique fort estimable, faisait encore mieux ressortir l'exposition des maîtres, à qui elle servait de repoussoir : le buste de Madame la Dauphine, Marie-Antoinette, par le vieux Lemoyne; les modèles des mausolées de M. de Brou et de Stanislas, roi de Pologne, duc de Lorraine, présentés par Vassé; deux statues, par Caflfieri, l'Eau et l'Air, qu'on avait placées à la suite de ses bustes de Quinault, de LuUi et de Rameau. Pajou, en vrai courtisan, n'avait travaillé que pour M"" du Barry; il offrait en première ligne aux curieux le buste de la comtesse, cette terre cuite reproduite à l'infini de nos jours, qui « rappelle à tous les regards, « disait le Mercure de France, les charmes de la beauté, aux « élèves des beaux-arts les traits de leur protectrice » ; puis trois esquisses en terre cuite, une Vénus enchaînant l'Amour, un Amour donnant à Vénus le prix de la beauté, et une Hébé; ces figures, destinées à la favorite, n'étaient que les modèles des marbres originaux. Dans cette exposition, en somme, peu de grands ouvrages, mais bien plutôt des esquisses, beaucoup d'esquisses, des modèles, des plâtres, des terres cuites.

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