Voy. aux Pièces justificatives
vous être utiles, je vous prie d'en disposer et d'être persuadé de la sincère reconnoissance avec laquelle j'ay Thonneur d'être, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Silène : Clodion.
11 rentrait à Paris dans le courant de juillet ou dans les premiers jours d'août au plus tard. C'est à cette époque, en effet, qu'il signait la quittance que nous ayons déjà transcrite ici, pour des échéances arriérées de son traitement d'élève pensionnaire du roi.
Louis XV venait de mourir et Clodion put encore assister, en reprenant possession de son atelier, deux mois après cet événement, aux transports de pur enthousiasme qui accueillirent l'avènement de son successeur. Partout, chez le pauvre comme chez le riche, on saluait avec délire l'aurore du nouveau gouvernement. Chacun répétait avec confiance ce qu'il avait entendu dire à ses voisins : que les abus allaient cesser, qu'on mettrait un frein aux dilapidations qui épuisaient le Trésor; que les dettes de l'État seraient promptement payées, après quoi l'espoir d'un meilleur avenir reconquérait tous les esprits. Qui aurait suspecté, à ce moment, les bonnes intentions du roi ? Le pays comptait absolument sur sa sagesse, sa modération, son honnêteté bien connues. Il inaugura son administration, en ce qui concernait le département des beauxarts, par le renvoi de l'abbé Terray. Celui-ci, en se retirant, laissait la place au comte d'Angiviller, qui prit la signature dès le 6 septembre de cette année. Le monde des artistes se félicita ouvertement de cette décision. En ce qui concernait Clodion, le contrôleur général disgracié l'avait protégé et employé, comme Lecomte, comme Cafïieri, comme Tassaert, à la décoration de son luxueux hôtel de la rue Montparnasse. 11 possédait de lui deux groupes, la Poésie et la Musique, qui reparurent à sa vente le 20 juin 1770. Le sculpteur ne gagnait rien à cette mutation. Et
du reste, de semblables événements, qui, en d'autres circonstances, l'auraient préoccupé, le laissaient assez indifférent au milieu de tout ce mouvement, de cette activité, de toutes sortes d'entreprises qu'il menait de front.
Il avait rapidement terminé le modèle de sa sainte Cécile, destinée au jubé de la cathédrale de Rouen, puisqu'il en parlait comme d'un travail très avancé, dès le 19 janvier 1777, dans une lettre adressée à l'abbé Terisse, où il traitait encore une fois des modes de transport employés ou à employer pour amener à Rome et à Paris les blocs de marbre qu'il avait fait extraire en Italie. Il lui écrivait :
A Paria, ig janvier 1775.
J'ai reçu, monsieur, votre lettre inssi que la lettre de change que vous y avés Joint de la somme de sept cent cinquante quatre livres pour parfait payement de vos deux blocs, jusqu'à leur arrivez à Rouen K
Il lui expliquait ensuite assez longuement le mode de transport le moins dispendieux pour les faire parvenir à destination. Il terminait ainsi :
Je marenge en conséquence pour que vous voyés, monsieur, le modèle de vostre sainte Ce'cile avancé avant votre départ.
J'ay l'honneur detire très parfaitement, Monsieur,
Vottre très humble et très obéissant serviteur.
Signé : CLODioti.
Il ne faut point s'étonner que Clodion parût attacher tant d'importance à cette négociation de marbres. C'était encore à la fin du xvin' siècle, grâce au nombre plus restreint des carrières en exploitation, grâce aussi aux difficultés de transport, un sujet de
i. yoy. aus. Pièces justificalives.