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MORT DE SAINTE CÉCILE

Bas-relief en marbre par Clodion. — Cathédrale de Rouen.

inaugurait, après l'avoir remaniée, dans le courant de l'année 1774, en présence de l'archevêque de Narbonne, M^"" de Dillon, président des états, et de M. de Beauvau, gouverneur de la province. Aussi l'Assemblée adopta-t-elle sans discussion le projet présenté

I. « La hauteur entière de la statue était de i5 pieds 6 pouces. On lisait sur un des pieds du cheval le nom du fondeur {Simonneau fecit) ; toutefois, l'Almanacli de Montpellier ^onr Vannée 1759 assure qu'elle a été fondue par Balthazar Keller. Le total de la dépense, y compris les frais du piédestal, s'élevait à 25o,733 liv. 18. » (Montpellier, par Eugène Thomas, 1826.)

par un de ses membres, le baron de Faugères, et qui consistait à réunir autour de la statue primitive de Louis XIV les grands hommes de tout genre qui avaient illustré son règne : Condé et Turenne, Colbert et Duquesne, Lamoignon et d'Aguesseau, Fénelon et Bossuet. Ce programme grandiose sortait en partie du puissant cerveau de Pigalle, qu'on avait consulté le premier, et dont les prétentions parurent exorbitantes lorsqu'on traita avec lui les conditions d'exécution, 11 s'agissait de le remplacer, et comme les états généraux visaient à Téconomie , ils tentèrent de limiter autant que possible cette importante dépense. Les membres de l'Académie royale affichaient, à leur sens, des prétentions beaucoup trop exagérées. L'archevêque de Narbonne reçut la mission d'engager en Italie, à Rome où il se trouvait dans le courant de l'année 1774, des élèves de l'École de France, qui, en leur qualité de débutants, seraient de meilleure composition que des académiciens sur la question des honoraires. Les négociations suivaient leur cours lorsque M. d'Angiviller en fut informé. Le Directeur général se posa en défenseur de la hiérarchie, et, dans le cas particulier, il faut bien le dire, du bon goût mis en péril. Il écrivit aussitôt à M«'' de Dillon :

Monseigneur, une lettre que je viens de recevoir de Rome m'a suggéré quelques idées que j'ai cru devoir vous communiquer. Suivant cette lettre, qui est de M. Natoire, trois sculpteurs pensionnaires du Roi ont été chargés de faire des modèles pour la décoration d'une place de Montpellier, et les états, sur le vu des modèles, se détermineront en faveur des artistes qui auront le mieux réussi.

Je serai, monseigneur, toujours charmé des occasions heureuses qui se présenteront pour nos jeunes gens d'exercer leurs talents en entrant dans la carrière ; mais il me semble que lorsqu'une province forme le projet de quelques embellissements, il serait bien plus naturel qu'elle s'adressât à quelques artistes déjà distingués, tels qu'en fournirait le sein de l'Académie, car enfin de jeunes artistes qui sont entretenus par le Roi à Rome sont, à la vérité, des artistes à qui l'on a reconnu d'heureuses dispositions; mais ce ne sont point des hommes

formés. Tous ne parviennent même pas à rAcadémie. Les employer pour des monuments durables comme ceux faits pour décorer une ville est, sans doute, s'exposer à n'avoir que des ouvrages faibles et qui n'attesteront pas aux yeux des étrangers le mérite national dans les arts.

Je sens que c'est peut-être la dépense que l'on craint. De Jeunes artistes qui n'ont encore aucun nom se contentent de peu, tandis que des artistes déjà renommés mettent un haut prix à leur ouvrage. J'en conviens ; mais un morceau faible ou mauvais est toujours fort au-dessous de son prix, quelque faible qu'il soit, au lieu que ceux des grands hommes, quoique bien payés, sont toujours au-dessus de ce qu'ils ont coûté.

Telles sont, monseigneur, les réflexions que mon amour pour les arts m'a suggérées et que je soumets entièrement à vos lumières '.

Cette intervention porta ses fruits, et M. de Dillon, renonçant à ses projets, vint, au nom des états du Languedoc, chercher à Paris ce qu'il avait vui instant pensé trouver à Rome. A la suite de longues hésitations, qui durèrent deux années entières, son choix se porta définitivement et en premier lieu sur Clodion, à qui Ton adjoignit dans la suite Pajou et Jullien. Une délibération des états du Languedoc du 3i décembre 1776* confiait au sculpteur l'exécution d'un groupe composé de deux figures, celle du prince de Condé et celle du maréchal de Turenne. L'original du traité qui intervint à ce moment entre l'assemblée des états et Clodion n'existe pas aux archives de Montpellier, qui possèdent un certain nombre de documents intéressants sur cette affaire. Nous pensons qu'il était formulé dans les mêmes termes que celui que Pajou passa dans la suite (octobre 1784) pour le même objet avec la province. Pajou recevait la commande d'un groupe qui comportait les figures de Colbert et de Duquesne a à concevoir dans la proportion de dix pieds de hauteur, ainsi que d'un bas-relief ». L'assemblée lui assurait, à titre d'honoraires fixes,

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