Souvenirs de A/""" de Créqui
En outre d'un bronze, reproduction de la Cléopâtre dont il vient d'être parlé, une pièce entière, une grande salle de bains, appartenait toute seule à l'artiste. On y voyait de lui « des vases chargés « d'ornements, puis deux grands bas-reliefs de 10 pieds de long sur « 3 pieds et demi de hauteur, qui décoraient les deux milieux de tt cette superbe salle. Près d'un bassin de forme elliptique d'envic( ron 10 à 1 1 pieds de diamètre, une Naïade plus grande que na- « ture, couchée et appuyée sur son urne et placée entre deux « colonnes, sur un piédestal ovale qui lui fournissait l'eau chaude « et l'eau froide par de larges mascarons de bronze. Enfin, d'au- « très vases sur des cippes formaient jets d'eau sur les deux côtés '. »
Ce grand ensemble, en pierre de Tonnerre, sortait de l'atelier du maître. Il fit l'admiration des connaisseurs jusqu'à l'heure où Besenval, fuyant de Paris, arrêté à Villenaux-, incarcéré et mis en jugement, laissa son hôtel ouvert au peuple, qui se vengea sur ce qu'il y trouvait de la disparition de son propriétaire.
On a prétendu par erreur que Clodion avait également exécuté les sculptures décoratives du bel hôtel de Salm, aujourd'hui palais de la Légion d'honneur. On connaît maintenant, grâce à des documents authentiques ', le nom des artistes que le prince Frédéric de Salra-Kyrbourg chargea de ce travail : Guillaume Moitte, Philippe Roland et Jean-Louis Boquet. Au plus, notre sculpteur avait-il modelé pour le compte du petit souverain allemand la cire d'un bas-relief d'or moulu, encastré dans le bandeau d'une cheminée cl que le feu anéantit, ainsi que tant d'objets précieux, lors de la récente Commune.
Mais, à côté de cela, que de créations du maître nous restent
1. Nous croyons que les deux frises dont il est parlé plus haut se trouvent aujourd'hui en la possession de M. Field, qui les montra aux curieux lors de l'Exposition re'trospective du South-Kensington.