I. Œuvres du marquis de Villette
« teurs de l'Académie ». Puis venait un avis semblable de Berruer, de Houdon, de d'Huez *. Clodion façonnait rapidement, de son côté, une grande composition que l'on a pu voir, il y a quelques années encore, chez un amateur, et dont le sujet principal se composait d'Amours gonflant un aérostat, surmontés de Renommées -. Disons tout de suite que le projet de ce monument ne put s'exécuter. Le 4 août 1785, Pierre demandait les ordres du Directeur général « au sujet de l'exposition des modèles ou esquisses « faits par Messieurs de l'Académie pour constater aux Tuileries a l'expérience de la découverte aérostatique, et ce, d'après les or- « dres donnés en haut lieu. Les modèles devaient-ils être ou non « payés? Trouvait-on les esquisses au Salon avec les autres « ouvrages académiques? »
1. Archives nationales, O' i2i5, lettres des 4 et 22 mars 1785.
2. M. E. de Concourt, qui a écrit sur le maître les pages les plus fines, raconte, dans un de ses ouvrages, un incident relatif à cette belle composition, et où il figure lui-même :
(( Je sortais du collège. J'avais 1,200 francs pour m'habiller et le reste. L'objet « d'art de 5o francs était pour moi la commode d'un million pour M. de Rothschild. « Dans ce temps, j'entrais un jour par hasard à l'hôtel de la rue des Jeûneurs. On « venait de mettre, sur la table de vente, une grosse chose ronde sur laquelle j'aper- « cevais, en m'approchant d'un côté, une Renommée sonnant de la trompette, de « l'autre, un Eole aux joues gonflées, et au-dessous de la Renommée et de l'Eole, « autour de la sphère, des amours, des amours, des amours dans toutes les poses, 0 dans toutes les suspensions, dans tous les renversements, dans toutes les dégringo- « lades, montrant leurs petits culs nus et leurs dos ailés : des amours en train de « tendre un filet autour d'une montgolfière sous laquelle d'autres amours entretenaient <i un feu de gerbes de paille. C'est le plus extraordinaire Clodion que j'aie rencontré, « un ouvrage où le sculpteur, prodigue de son talent, a, sans compter, laissé tomber « de son ébauchoir tout un peuple d'enfants. La terre cuite était à 200 francs : je la « poussai, avec les émotions d'un homme qui ne sait pas comment il payera, à « 5oo francs. Il y eut une timide enchère, et j'eus la perception qu'à 52o francs la « terre cuite était à moi; mais, que voulez-vous? l'acheteur d'objets d'art à 5o francs 0 prit peur et se détourna du clignement d'œil de Jean. Cette terre cuite, je la retrou- (I vais à l'Exposition de 1867 : elle appartenait à M. Beurdeley, qui, disait-on, en « demandait 25, 000 francs. Au jour d'aujourd'hui, ce n'est pas cher. »
[La Maison d'un artiste, p. 184.)
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