Lettre de Sigisbert Michel à l'empereur Joseph II
dans le but trop évident d'apitoyer les autres sur son sort. En effet, Sigisbert-François Michel, et il ne peut être question que de lui, du premier sculpteur du roi de Prusse, académicien de Saint- Luc, frère et associé de Clodion, était né en 1729. Il avait donc, en donnant à cette lettre la date de 1786, peu de temps avant la mort du roi de Prusse, il avait, répétons-nous , non point soixantedix-huit, mais cinquante-huit ans. Quant à ces marbles, pour lesquels il avait suei sang et eaux, il les estimait plus peut-être qu'ils ne valaient, surtout si l'on songe que son oncle Gaspard Adam les lui avait laissés ébauchés, et même assez indiqués pour qu'il ne lui restât plus qu'à les terminer. Ceci dit, sans attaquer en rien la valeur d'un artiste évidemment fort ingénieux et d'un très habile ouvrier.
La Révolution faisait cependant de rapides progrès et l'ancienne organisation académique s'en allait du même pas au néant. Les idées séparatistes, le goût du self government prenaient chaque jour de plus en plus de force. Le salon de la Correspondance de Pahin de la Biancherie avait fermé ses portes, mais pour être remplacé par une quantité d'associations nouvelles aux noms singuliers : par la Société de jeux gymniques, que Le Brun ouvrait, en 1789, dans l'hôtel du comte d'Orsay, rue de Varennes; par la Commune des beaux-arts, qui tenait, avant le 10 octobre 1790, ses séances à l'Archevêché, et, après cette date, rue Hautefeuille, n" II, les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, à cinq heures du soir* : réunion de gens déclassés, qui tentait de se couvrir du nom de Pajou, en le déclarant son président, ce qui donnait lieu à une énergique protestation de la part du maître ; par la Société des amis des arts^ enfin, due à un caprice de Charles de Wailly, à laquelle Clodion se ralliait et où il envoyait, la première fois, huit