I . Journal de Paris
CQ
UJ
UJ
UJ <
sujets, un groupe, une frise, des bas-reliefs^. A Rome, les élèves se révoltaient et donnaient encore plus d'inquiétude au peintre Menageot, leur directeur, qu'ils n'en avaient inspiré à Lagrenée, son prédécesseur, qui signalait dès 1787 ces ferments de désordre. Dans le sein de l'Académie surtout, la lutte s'accentuait. Le 27 mars 1790, les agréés présentaient un mémoire à l'effet «d'être « partie intégrante de la Société », d'où une discussion acrimonieuse qui se terminait par le procès-verbal suivant : « Messieurs c( les Académiciens présents à l'Assemblée générale ont demandé « d'aller aux voix sur cette question ainsi posée : Messieurs les « Sociétaires approuvent-ils ou désapprouvent-ils la démarche et « les prétentions des agréés ? Sur cette question ainsi posée, Mes- (c sieurs les Académiciens ont mis dans l'urne une fève blanche « pour l'approbation, une fève noire pour la désapprobation. Le « scrutin, ouvert par MM. Guérin et Renaud, scrutateurs, mes- « sieurs les Sociétaires étant au nombre de vingt-neuf, deux « d'entre eux n'ayant pas voulu voter, vingt-trois voix ont été « pour la désapprobation et six pour l'approbation. » Clodion se trouvait au nombre des réclamants et supportait, par conséquent, une part de cette défaite. Il est vrai que le triomphe de l'École ne
I. La Société des amis des arts eut trois expositions, en 1789-90-91. Clodion exposa en 1789.
Est-ce pour répondre à une convocation de cette Société que Clodion a écrit la lettre suivante :
« Monsieur, j'ay l'honneur de vous faire part qu'une incommodité de goutte, qui « me tient depuis les reins jusqu'au pied, me met hors d'état de pouvoir dans ce (I moment sy faire le service pour lequelle j'ay été nommé, et si je ne vous l'ait pas « fait savoir plus tôt, c'étoit l'espoir que j'avoit que cet état ne dureroit pas et de me « rendre à l'assemblée le jour que vous m'avez faite l'honneur de me marquer par lettre.
« Je vous prie, monsieur, de témoigner à MM. les Commissaires mes regrez et 0 de me croire avec respect, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
« Clodion.
« Ce 20 juillet 1789. »
(Nouvelles Archives de l'art français.)
fut pas de longue durée; M. d'Angiviller, le protecteur né et le défenseur obligé de tout ce système, avait bien assez à faire de combattre en son nom propre, sans se dévouer encore pour l'Académie. Il résista cependant quelque temps; mais il dut céder un jour, emportant dans son exil, à Hambourg, le souvenir des grossières injures de ses adversaires, de cette haine qui faisait imprimer dans les journaux, et ceci à propos de quelque gâcheur de plâtre peu méritant, des violences de ce genre : « D'Angiviller, « cet homme de la lie des tyrans, si engraissé par ses pirateries « sur les artistes, tient encore avec insolence la verge de fer que « la liberté n'a pu parvenir jusqu'ici à rompre dans ses mains, « et vient dernièrement d'en frapper un homme du premier « mérite; c'est un sculpteur nourri dans les écoles d'Italie', etc. »
La masse des artistes s'était peu à peu ralliée au nouvel ordre de choses. Pajou donna l'exemple l'un des premiers et rompit résolument avec ses obligations passées. Il abandonna, dès la fin de 1789, d'une façon quelque peu théâtrale, trois pour cent des sommes à lui dues pour ses différents travaux depuis 176g. Et l'Assemblée répondit à cette preuve de désintéressement par un ordre d'inscription au procès-verbal de la séance, avec mention des services qu'il avait rendus pour la conservation des arts.
Clodion perdait ainsi, dans tous ces changements, un certain nombre de bons clients pris à la noblesse et à la finance; mais, d'autre part, il applaudissait secrètement à la disparition de cette Académie, contre laquelle il nourrissait un peu de rancune et dont tous ceux qui l'entouraient, ses frères en premier lieu, saluaient la disparition, sans trop savoir pourquoi, avec un réel enthousiasme. N'était-elle point demeurée à leurs yeux l'image du monopole rigoureux et tyrannique? Aussi l'arrêt de la Convention qui la