‹ Les Adam et ClodionChapitre 150 sur 177 · Baltard, Monuments de Paris · texte numérisé non relu

Baltard, Monuments de Paris

36o CLODION.

le baron Denon, et dont Percier et Fontaine, David, Chaudet, l'ébéniste Jacob, le célèbre Thomire, Biennais et Odiot lorfèvre faisaient partie. On leur fermait la porte de ces agapes que la jeunesse donnait en maintes circonstances, et notamment en l'honneur du peintre Guérin, pour célébrer la gloire de son Marais Sextius. Mais ou trouver, du reste, un souvenir de l'ancienne école? Ses plus brillants interprètes, peintres ou sculpteurs, ont tous quitté la vie ou renié leurs anciens dieux. De même que les grands peintres, Chardin et La Tour, les meilleurs sculpteurs, Tassaert, Falconet et Allegrain, avaient disparu; et ceux qui restaient, Fragonard, Greuze et Houdon, n'étaient plus que l'ombre d'euxmêmes, des incompris et, malheureusement quelquefois, des affamés. Écoutez ce que dit Greuze. Vous pourrez juger, d'après cette citation, de la misère de tous ses anciens collègues en renommée : « J'ai eu l'honneur, écrit-il au ministre, de vous faire « part de tous mes malheurs. J'ai donc perdu et le talent et le « courage. J'ai soixante et quinze ans, pas un seul ouvrage de « commandé. De ma vie je n'ai eu un moment aussi pénible à « passer'. » Le 12 germinal an VII, les deux Pajou, le beau-père et le beau-frère de Clodion, présentent eux-mêmes ime pétition tendant à obtenir que les travaux du gouvernement ne soient plus donnés à des protégés du ministre, mais à des artistes méritants et nécessiteux. Quels sont les noms de leurs nombreux cosignataires? Ceux des artistes les plus illustres et les moins délaissés : Chaudet et Lemot, Regnault, Gérard, Vernet et Valenciennes, Percier et Fontaine*.

Clodion, toujours endetté et misérable, à partir de la Révolution, dut se prêter comme les autres aux obligations du moment, mais sans se mettre pour cela entièrement à la suite de tous ceux

Page 1