FRONTISPICE
Dessiné et gravé par Lambert-Sigisbert Adam, pour le catalogue de sa collection d'antiques.
trouver un placement avantageux, notamment en l'année ij55,
dans le courant de laquelle il s'adressait à cet avocat que nous avons déjà cité, et qui rédigeait en son nom une longue lettre-réclame comprise dans le fascicule de juin du Mercure. L'étude de ce document, qui nous écarterait maintenant de la suite de notre sujet, viendra plus tard en son lieu et place'. La situation des Adam s'améliorait suffisamment et l'obligation de terminer le plus promptement possible leur œuvre de restauration leur donnait assez de travail pour qu'ils songeassent à appeler auprès d'eux leur frère François-Gaspard. Ce dernier fîls de Jacob-Sigisbert avait suivi les traditions de la famille et formé son goût et son expérience à l'école de son père. Celui-ci, ainsi que nous l'apprend Dom Calmet, avait décidé de se séparer de lui et de l'envoyer à Paris pour y continuer ses études. Gaspard Adam se mit donc en route, d'après cette indication, dans les commencements de l'année 1729.
Ce voyage de la Lorraine à Paris n'était point alors une médiocre entreprise. Il durait le plus communément une grande semaine, et le coche qui, venant de Strasbourg, passait à Nancy le samedi soir, n'arrivait dans la capitale que le vendredi suivant. Ceci, bien entendu, lorsque tout se passait dans l'ordre, lorsqu'on évitait des accidents assez fréquents et semblables à celui du comte de Boufïlers-Fléville % dont la chqise roulait non loin de Saudrupt, dans une masse de neige, d'où on le retirait à demi mourant. Parfois aussi le voyageur parti pour fournir cette longue traite s'arrêtait-il à toutes les étapes du chemin, et, soit qu'il fût séduit par les charmes du pays qu'il traversait, soit que les difficultés du voyage l'épouvantassent, s'attardait, demeurait et terminait son odyssée dans quelque ville de passage comme Bar ou Châlons. Telle fut vraisemblablement l'histoire de Gaspard Adam ; il ne