‹ Les Adam et ClodionChapitre 35 sur 177 · Registres des procès-verbaux de l'Académie · texte numérisé non relu

Registres des procès-verbaux de l'Académie

3. Dom Calmet, toujours fort susceptible quand il s'agit des mauvais procédés des étrangers à l'égard des Lorrains, et notamment à l'égard des Adam, insinue que « Nicolas-Sébastien se trouva dans le cas d'avoir un sujet des plus difficiles à traiter, Prométhée dévoré par un vautour; qu'il se vit même obligé, contre l'usage ordinaire, de faire son modèle dans un endroit renfermé de l'Académie ; qu'il n'eut pas la liberté de choisir son sujet, mais que malgré cette exception, causée vraisemblablement par quelque jalousie, il fut assez heureux pour voir son ouvrage applaudi de toute la Compagnie ». {Bibliothèque lorraine.)

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Ces formalités avec rAcadémie étaient à peine remplies, que Nicolas-Sébastien Adam se révéla au public parisien, et Ton peut dire hardiment qu'il débuta par un coup de maître. C'est, en effet, à la fin de ij35, dans les premiers mois de l'année lySG, qu'il jeta la première pensée, le premier modèle d'une œuvre supérieure, d'un bas-relief, le Martyre de sainte Victoire à Rome^ qui, fondu quelque temps après, prit place dans la chapelle de Versailles. Ce beau morceau était appelé à soutenir une concurrence redoutable, opposé comme il l'est aujourd'hui encore à des bas-reliefs de semblable dimension, dont les auteurs se nommaient Slodtz, Bouchardon, Coustou, Ladatte, Vinache-. Il en triompha cependant, et non seulement ce bronze l'emporte à nos yeux sur toutes les sculptures que nous venons de citer, mais peut passer sans trop d'exagération pour l'une des productions les plus parfaites de notre École française. On y sent comme un souffle de la grande tradition italienne, et l'on juge combien l'étude des maîtres avait profité au sculpteur. Le personnage de la sainte mourante et se laissant aller avec le mouvement saisissant d'un corps que la vie abandonne, mouvement qui toutefois reste plein de dignité; celui de l'exécuteur, qui retire à lui les liens avec lesquels il avait maintenu jusque-là sa victime ; celui enfin du grand prêtre, qui montre à cette martyre les statues des faux dieux; tout cela, ainsi que les figures d'un enfant agenouillé, des cavaliers romains et des spectateurs de ce drame, est d'un modelé admirable et d'une incomparable science. Nicolas-Sébastien exposa, au Salon de lySy, la terre de ce bas-relief, qui ne fut fondu qu'en 1740. Voici une curieuse lettre de l'artiste, ayant trait à cette opération. Elle fait, du reste, peu d'honneur à ses connaissances grammaticales :

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