‹ Les Adam et ClodionChapitre 36 sur 177 · Ce bas-relief porte exactement 4 pieds et demi de long · texte numérisé non relu

Ce bas-relief porte exactement 4 pieds et demi de long

2. Tous ces bas-reliefs avaient été' commandes au même moment : un Saint Charles à Bouchardon, une Mort de saint Philippe à La Datte, etc., etc.

20 décembre 1740.

Je viens d'avoir Plionneur de recevoir votre lettre par lequel vous me demandé en quel état et mon barlief. J'ai l'honneur de vous dire que je travaille après la cire; j'ai touclié 5oo livres à conte, pour de la bronze, je n'en é point reçu.

La perfection de l'ouvrage explique et excuse amplement les nombreux retards que le sculpteur avait apportés à sa livraison.

La curiosité que produisit, dans le monde des amateurs, la vue des premières productions de Lambert et de Nicolas Adam, jointe à la renommée qui s'était attachée à leur nom, depuis le jour où le duc d'Antin les avait choisis pour les grands travaux de Versailles, ne tarda pas à leur valoir la clientèle des gens à la mode.

Vers la fin de Tannée lySS, Gaston-PYançois de Rohan-Soubise, plus connu depuis comme maréchal de Soubise, les chargea d'une partie considérable de la décoration du nouvel hôtel de Soubise. La construction de cette demeure princière, que l'on a transformée de nos jours en palais des Archives, datait de fort loin. Elle avait reçu successivement les appellations d'hôtel des Grâces, de Clisson, de Guise et enfin d'hôtel de Rohan. Elle comptait déjà près de trois siècles d'existence, et c'est assez dire combien, entre les mains des princes et d'aussi puissantes familles, elle avait subi de changements, de transformations et d'agrandissements. En 1697, François de Rohan, prince de Soubise, l'avait fait reconstruire presque en entier*, et dans ses nouveaux salons

I. François de Rohan-Soubise acheta, en 1 685, l'hôtel de Guise; il y fit plusieurs embellissements; les bâtiments sont d'après les dessins de Le Maire, l'escalier est peint par Brunetti, la chapelle par Nicolo del Abbate, les appartements sont peints par MM. Boucher, Restent, Carie Vanloo etNatoire; au-dessus de la grande porte, Hercule et Pallas, par Coustou le jeune ; dans la cour, les Quatre Saisons, par Le Lorrain; le salon ovale, décoré par Adam l'aîné et Lemoyne; les appartements sont du dessin de Boffrand. {Le Géographe parisien, lySg.)

trônait cette princesse de Soubise dont la beauté avait si bien servi le grand roi, tandis que son habileté servait non moins bien son mari'. Le petit-fils de ce François de Rohan, Louis-François-Jules de Rohan, marié à une Ventadour et mort en 1724, avait laissé cinq enfants, dont Charles, qui fut le cardinal de Rohan, et le maréchal prince de Soubise. Ce dernier entreprit à son tour, en \j35, dans l'intérieur de son palais, de nouveaux embellissements pour lesquels il recourut à nos sculpteurs nancéens. Les appartements ainsi décorés occupent deux étages d'une partie de l'hôtel des Archives actuel. Ils contiennent des merveilles d'art fort rares en France, et entre autres une suite unique de compositions de Natoire. Tous les bas-reliefs, les stucs, les dorures, les ciselures et les sculptures en plein bois ont gardé, ainsi que les peintures, la netteté des premiers jours. L'œuvre d'Adam le cadet comprend, dans cet ensemble, une partie des plus importantes et des plus intéressantes : la décoration principale d'une pièce qui précédait l'ancienne chambre à coucher et qui porte aujourd'hui le nom de troisième salle du musée, au premier étage. « L'architecte et le décorateur, « a dit un éminent critique, se sont ici surpassés; d'abord de « grands personnages en stuc surmontant la corniche se détachent « sur le plafond dans l'axe de la pièce; ils ont été exécutés par Ni- « colas-Sébastien Adam. Au-dessous de chaque figure, dans la cor- « niche, est un trophée d'armes et d'attributs; les angles de cette « même corniche présentent, dans des médaillons entièrement dorés, « des scènes mythologiques gravées en très bas-reliefs ; enfin les « quatre panneaux principaux des trumeaux sont décorés de mé- « dallions ovales, dorés aussi, d'un très faible relief et séparés par « des glaces'. » D'après Hébert, les personnages seuls de la cor-

1. Ce fut grâce à l'influence de cette femme que François de Rohan dut de voir changer son titre en celui de prince.

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