‹ Les Adam et ClodionChapitre 57 sur 177 · JUPITER · texte numérisé non relu

JUPITER

Figure par Françoia-G.ispard Adam. — Jardins de Potsdam.

temps de pensionnaire jusqu'en novembre 1745. Nous aurons à reprendre le détail de son existence en Italie pendant ce temps, à mesure que nous avancenjns dans cette biographie. Quant à présent, nous retournons à ses deux aînés, à leur vie pendant l'année 1741, et notamment au Salon qui ouvrit ses portes le 25 août.

A cette exposition Lambert-Sigisbert ne présentait que des morceaux d'une médiocre importance, et l'on y sentait de plus en plus une injuste diminution des grandes commandes et de la faveur publique. Adam l'aîné envoyait trois objets : 1° un buste en plâtre « représentant le portrait du Roi en grand, fait d'après Sa Majesté, « qu'on doit exécuter, dit le Mercure^ en marbre blanc; 2" un « modèle en esquisse d'un Apollon sur un piédestal, groupé des « génies de la guerre et des arts; enfin un modèle en plâtre d'Une « petite /il le appuyée sur une coquille, se jouant avec un jeune tigre a qu'elle retient par la queue pour l empêcher de se lancer sur un « oiseau quelle en écarte en s' éclatant de rire. Ce morceau fait « pendant, ajoutait le catalogue, à un autre enfant pincé par une « écrevisse, qui parut l'année dernière au même Salon et qui doit « être exécuté en bronze. » D'Adam le cadet, de plus petites choses encore, qui provoquent malgré cela une longue description du gazetier. D'abord, « un petit modèle en plâtre : Junon ayant « ordonné à Argus qui avait cent yeux d'observer les actions de « Jupiter, son époux, ce dieu, irrité de la vigilance de cet espion, « dont partie des yeux veillait lorsque l'autre était abattue du som- « 77îeil, commanda à Mercure de l'endormir au son de la flûte et « de lui trancher la tête. Junon, pour conserver sa mémoire et « récompenser sa fidélité, attacha ses yeux à la queue de son paon, « qui représente encore dans son plumage la rnultiplicité de ses yeux. « Puis un autre modèle en plâtre qui fait pendant, représentant « Cléopâtre, la dernière reine d'Egypte, dans le moment qu'elle

« remporta le prix de la gageure quelle avait faite avec le triumvir « Marc - Antoine de consommer à elle seule 1,500,000 sesterces. « Cette reine, portant à ses oreilles deux perles qui étaient des che/s- « d'œuvre inestimables de la nature, en tient une qu'elle montre et « qu'elle va mettre dans une coupe remplie de vinaigre pour la dis- « soudre et l'avaler. Cette coupe lui est présentée par un enfant à la « fin du repas. » Les compliments obligés suivent cette débauche de mythologie et d'histoire. « Ces deux illustres frères soutiennent « avec beaucoup d avantage la grande et illustre réputation qu'ils « se sont déjà acquise. »

Nous n'avons aucune indication précise sur la suite que Nicolas-Sébastien a donnée à son modèle de la Cléopâtre. L'a-t-il reproduite en bronze, ainsi qu'on le faisait à l'époque pour des œuvres d'art de ce genre? Nous n'avons trouvé, dans les différentes ventes du siècle dernier ni dans celles du xix% aucune indication de son passage. Quant à la Junon, l'ébauche lui en avait été commandée pour le Roi. Il n'en termina pas la figure, par suite d'une observation qu'on lui fit et qui paraît assez puérile. On lui donna à entendre que ce groupe serait bientôt défiguré par la poussière qui se logerait dans les plumes du paon placé près de Junon'. Le sculpteur eut la complaisance de se rendre à une critique aussi discutable et d'en rester là de son travail.

Les pièces qui composaient l'exposition d'Adam l'aîné sont plus connues, et son buste du Roi donna lieu à des incidents fort curieux qui valent un récit. Disons auparavant que l'esquisse de V Apollon se rapporte vraisemblablement à un projet de décoration pour les jardins de Choisy, dont l'idée fut reproduite plus tard par Coypel dans un mémoire du 3 mars 1752.

Le catalogue explicatif du Salon de 1741, publié par le

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