Ibid
ment d'abord, puisqu'il figurait, dès 1745, dans les jardins de Choisy, et que, d'autre part, le même état précité de 1767 en établit le parfait payement, soit le versement de la somme de 4,000 livres entre les mains de son auteur.
En dépit de ces commandes, de tout ce travail et des quelques rémunérations qu'il parvenait' à encaisser, Adam le cadet, aussi bien que son frère, ne pouvait sortir de la gène et ne cessait de crier misère. Il fallait que leur pénurie fût en réalité bien grande pour expliquer des démarches misérables qui coûtaient certainement à leur orgueil. Le 5 avril 1742, ils écrivaient déjà : « Sigisbert « et Nicolas Adam, sculpteurs du Roi, exposent à Alonseigneur « qu'ils ont épuisé leur bourse, celle de leurs amis et leur crédit, « et que, pour raison des emprunts qu'ils ont faits pour dépenses « de bouche et entretien d'ouvriers, ils sont pressés de toutes parts « et poursuivis en justice; et que, pour satisfaire en partie à tous « ces créanciers, ils supplient Monseigneur de leur faire ordonner « sur leur ouvrage de Neptune un acompte de 6,000 livres dans ": le courant de ce mois, temps de leur engagement sans plus de « délai; grâce qu'ils espèrent d'autant plus que c'est le premier « travail qu'ils aient achevé pour le Roi depuis neuf ans qu'ils sont « de retour d'Italie, et conséquemment le premier fond qui leur « entrerait si on les payait en entier et le seul bien qu'ils possèdent « à présent. » La réclamation parut pressante à l'ordonnateur des dépenses, car il retournait cette supplique, peu de jours après, à Gabriel avec cette apostille : « S'il y a du fond encore pour cet « ouvrage, je consentirai à aider les sieurs Adam et ce sera sur ce « que me marquera M. Gabriel que je me déterminerai. » Nous ignorons dans quels termes le fameux architecte répondit, mais on n'en tardait pas moins à s'exécuter, et dans ces délais la situation des deux frères s'aggravait singulièrement. Veut-on d'autres preuves de leur misère ? Une lettre de Lépicié, secrétaire de l'Académie,
adressée vers ce moment à M. Orry, nous apprend que Nicolas ne peut même pas faire la dépense d'un bloc de marbre pour son morceau de réception, et qu'il supplie très humblement qu'on lui en procure un gratuitement. N'est-ce pas Lambert Sigisbert qui, désespérant d'obtenir le règlement de ses principales créances, réclame à cor et à cri celui d'une somme de 89 livres pour frais d'un nettoiement de Mars caressant l'Aînoiir? Du reste, voici, d'après une pièce fort authentique, leur situation de créanciers vis-à-vis de l'État en 1749, c'est-à-dire six années plus tard. Coypel, entremetteur des fonds affectés aux artistes, reconnaît qu'il est dû encore en ce moment 33,000 livres à Adam l'aîné et 9,000 livres à Adam le cadet, tandis que le compte de Pigalle s'élève seulement à 8,000 livres celui de Falconet à 8,800, celui de Lemoyne à 6,800; nous ne parlons pas de Francin, de Vinache, de Verbrecht, qui présentent à eux trois un arriéré de 20,000 livres'. Les deux frères avaient, on le voit, quelques titres à se plaindre d'une administration qui les payait si mal.
Le mausolée du cardinal de Fleury faisait le fond, la pièce de résistance du plus jeune au Salon de 1743. Le bronze de la sainte Victoire, terminé, l'accompagnait. Quant à l'aîné, son envoi se composait de quatre figures d'importance, qui témoignent de l'estime qu'il inspirait malgré tout encore au monde des amateurs. Le premier de ces morceaux, un groupe en modèle de terre . cuite, représentait Pygmalion; le Mercure de France, peu pénétré, à ce qu'il semble, de l'étendue des connaissances mythologiques de ses concitoyens, le décrit ainsi : « Pygmalion, statuaire de Tance tiquité, achève la statue d'une jeune fille à laquelle il donne par « son art tant de grâces, qu'il en devient passionnément amoureux. « Il la pare de fleurs, de joyaux, de draperies. Vénus donna