Archives nationales
2. Archives nationales, O' 1194. Le montant de la dépense lui fut payé intégralement par M™«, de Pompadour elle-même.
de Frédéric le Grand et la place de son premier sculpteur avec dix mille livres de pension. 11 terminait en implorant la bonne volonté de la favorite et en la priant de seconder auprès de ses supérieurs la demande qu'il faisait d'un autre logement ou une augmentation de pension. Malgré cela, orsque les gratifications attribuées à De Troy, à Parrocel et à Coypel vinrent peu de temps après à vaquer par suite de leur décès, Adam l'aîné fut complètement oublié dans cette distribution, dont La Tour, Colin de Vermont et Chardin bénéficièrent. De même l'atelier abandonné par Coypel passa à Boucher, celui de Boucher à Restout, ©t celui de Restout à Vien, « jeune peintre arrivé, disait le rédacteur de la Direction, depuis « peu de temps de Rome ».
En dépit du ressentiment que lui causaient ces passe-droits répétés, il se trouvait assez peu fortuné pour accepter avec reconnaissance la commande d'une statue de l'Abondance destinée à figurer dans les jardins de Choisy. On en avait fixé le prix à 10,000 livres, et le sculpteur la commença aussitôt. Cependant les fatigues, la maladie, l'état d'un esprit usé avant l'âge par un excès de travail en retardèrent la terminaison jusqu'en lySS, cinq années après que le modèle en plâtre eut paru au Salon de lySS. Elle fut vraisemblablement transportée à la place qu'elle dut occuper d'après le plan primitif de l'ordonnateur des bâtiments, mais elle n'y demeura que jusqu'en 1778. A cette date, le roi Louis X'Vl la donna en présent au comte de Maurepas, son premier ministre. Elle fit le voyage de Pontchartrain, avec d'autres morceaux de sculpture réputés, et parmi ceux-ci notamment, le Ganymède de Fràncin**
Le bénéfice bien minime que Lambert Adam pouvait retirer
1. En 1785, Pajou réclamait la restitution d'un certain nombre de statues enlevées par M. de Marigny et, entre autres, de l'Abondance. Celle-ci aurait-elle été à Ménars?
d'un semblable ouvrage ne le mettait point à l'abri du besoin. Il fallait vivre toutefois, et pour cela faire appel à la bourse des amateurs les plus célèbres, aller frapper à la porte du duc d'Orléans, au Palais- Royal ; de M. de Chevreuse, à son hôtel de la rue Saint- Dominique; de M. de la Live, rue Neuve-du-Luxembourg; de M. de Saint-Aignan, au quai Malaquais ; de M. de Choiseul; puis chez le baron de Thiers, à la place Vendôme, et tout proche de là, chez M. Blondel de Gagny; chez M. de Voyer, rue des Bons- Enfants; chez le comte de Salvert, rue Française; chez Watelet; chez M. de Mena-Buoni ; chez Collet', etc. A partir de ce moment aussi, plus de grandes compositions, plus de figures de six ou huit pieds, de proportions dont on ne peut aisément trouver la place. Le sculpteur, abandonnant le grand art, se rejetait sur les petits sujets. En lySi, il exposait une esquisse en terre cuite représentant Minerpe qui, cachée sous la figure de Mentor, se fait connaître à Télémaque, et une autre, l'Amour aveugle guidé par la Folie. En lySS, il allait jusqu'au portrait et modelait celui de M. Guichard, agent du duc Charles de Lorraine en France, et celui d'une Jeune fille dont le nom nous est resté inconnu. De ces productions diverses peu ont passé par les grandes ventes publiques. En outre du marbre Un enfant sur un dauphin, qui passa par le cabinet Crozat de Thiers, on trouve cités de lui en 1786, le 3 mai, dans la collection Lerouge, deux beaux bronzes bien réparés, dit le catalogue, l'un représentant Bacchus avec une coupe et des raisins, l'autre Ariane, et en 1787, lors de la vente des objets d'art du chevalier Lambert, un Neptune et Un faune portant un enfant. Ajoutons à cette brève énumération quatre dessins à la mine de plomb sur vélin, dont un buste de Noël-Nicolas Coypel, et nous aurons la liste des pièces attribuées à Adam l'aîné, qui