‹ Les Adam et ClodionChapitre 79 sur 177 · BACCHANTES ET SATYRE · texte numérisé non relu

BACCHANTES ET SATYRE

Groupe en terre-cuite par Clodion

' Collection de M le baron Edmond de Rothschild ^

modèles destinés à faire des bronzes de luxe pour les appartements, les terres cuites surtout, dont on trouvait un facile écoulement. Clodion contractait, à cet exemple journalier, le goût et l'habitude du genre qu'il adopta dans la suite, toutes les qualités et tous les défauts de ses maîtres : leur extraordinaire science du nu, leur extrême dextérité, mais aussi leur propension à abuser de cette facilité pour se perdre dans le détail et s'attirer de la sorte les objurgations de leurs contemporains et les reproches de nos critiques actuels. N'est-ce pas pour les Adam qu'a été écrit ce passage :

Le trait distinctif de la sculpture française, au xviii" siècle, c'est la recherche de la vie, des frémissements de Tépiderme unis à la grâce du mouvement, qui se traduit toujours par des lignes sinueuses et ne garde jamais la tranquille placidité de la statuaire antique. Les sculpteurs avaient la prétention de tout rendre avec la pierre, les rochers, les broussailles, les étoffes, et même ce qui est impalpable, comme ces lourds nuages de marbre tant prodigués dans nos églises et dans nos palais '.

Depuis le Salon de lyS^, Lambert et Nicolas Adam s'étaient abstenus de paraître dans les expositions. Le premier, rebuté par des injustices réelles ou imaginaires, usé avant l'âge et sentant peut-être dès ce moment les atteintes de la maladie qui devait l'enlever à cinquante-neuf ans, avait décidément abandonné la lutte. Le second en faisait autant dans un moment de dépit contre l'Académie, qui exigeait la prompte livraison de son Prométhée, dont tant d'occupations diverses retardaient forcément l'exécution. Tous deux laissaient le champ libre à leurs rivaux. Retirés sous leur tente, ils affectaient de ne plus avoir d'attention qu'aux faits de leur vie privée.

Nicolas-Sébastien avait, au demeurant, quelques bonnes raisons

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