MAISON DES ADAM, A NANCY
cette curieuse décoration qui, par la grandeur de ses proportions
et par la multiplicité des détails, a certainement employé des heures nombreuses de leur travail. On y retrouve, et ce rapprochement est des plus intéressants, la plupart des sujets que les descendants de Jacob-Sigisbert ont aimé à traiter : le Neptune et l'Amphitrite, entre autres, que Lambert-Sigisbert fait entrer dans la plupart de ses compositions.
Cependant les fils du sculpteur grandissaient, tandis que luimême se trouvait déjà dans l'âge où les forces décroissent. Lambert-Sigisbert venait, en 171 8, d'entrer dans sa dix-neuvième année. Son père, qui semble avoir apporté une grande sollicitude à l'éducation artistique de ses fils, s'aperçut bientôt qu'il n'avait plus rien à enseigner à son aîné, associé par lui jusqu'alors à la plupart de ses travaux. « Lambert-Sigisbert avait appris, dit l'auteur de la « Bibliothèque lorraine, les principes du dessin et de la sculpture « sous le vieux Adam, avec lequel il a travaillé toutes sortes de « matières. 11 sortit de Nancy en 171 8 et alla à Metz où il s'em- « ploya tout l'hiver à différents ouvrages^ » Dom Calmet ne nous a fait connaître ni le nom des maîtres sous lesquels le jeune homme fut placé ni le genre des sculptures qu'on lui confia. Mais ce théâtre devint promptement insuffisant à son activité et à son talent ; au mois de mai de l'année suivante, il dit adieu à la Lorraine, dans laquelle du reste, à la différence de ses frères et de ses neveux, il ne devait plus rentrer avant sa mort (1759).
Nous n'avons pas de données précises sur le nom des artistes qui formèrent définitivement Lambert-Sigisbert. Le nombre des bons sculpteurs était, en réalité, encore fort considérable en France, au moment où le premier des frères Adam y arrivait. Que l'on parcoure l'Almanach royal de 1720, et l'on y verra que l'Académie de peinture et de sculpture comptait à ce moment parmi ses membres