I. Denina, la Prusse littéraire, t. I", p
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« à Berlin, dit l'auteur de sa vie privée ', de bons artistes; mais ils « ne jouirent jamais que médiocrement des bienfaits du Roi. « Rode, M"' Theerbouche et Fritsch ont été peu occupés par Fré- « déric, et si le dernier jouit d'une pension modique de 600 écus, « il l'a due moins à ses talents qu'à l'amitié de M. d'Argens. » Et plus loin : « Les artistes indigènes de quelque talent se rente daient à l'étranger pour y tenter la fortune, les faveurs de leur « souverain ne leur fournissant pas de quoi vivre. » — Le Roi montrait, à dire vrai, plus de libéralité vis-à-vis des étrangers; mais, de ce côté-là encore, maints exemples témoignent de son peu d'empressement à ouvrir .la main ; c'est ainsi qu'il vécut en fort mauvais termes avec Sigisbert Michel, et qu'il lésina constamment de la façon la moins royale sur les appointements d'un excellent artiste, de Tassaert. Gaspard Adam lui avait toutefois inspiré une admiration qui paraît sincère. Le nom de son premier sculpteur revient souvent dans sa correspondance.
Le 22 novembre 1760, il écrit à d'Argens ' : « La guerre a « duré cinq campagnes ; cependant ne vous figurez pas qu'on « néglige la moindre ressource, et soyez sûr que je tends l'arc de « toute ma force. Vous savez qu'une armée est composée de bras « et de têtes. Nous ne manquerons pas des uns, mais les autres ne « se trouvent plus chez nous, à moins que vous ne vouliez vous « charger d'en faire chez Adam, et encore serait-ce, je crois, la même « chose. » Puis l'artiste a l'honneur de figurer dans les intéressants vers que voici, qui contrastent désagréablement avec cette prose nerveuse, imagée, vraiment saisissante ' :
L'humanité n'a point tant de perfection. Si nous voulons des rois privés de passion,